Etudiants

ILS COMPTENT ORGANISER LEUR 14E MARCHE PACIFIQUE AUJOURD’HUI : Les étudiants à l’affut du discours de Gaïd Salah

Tous les regards sont braqués aujourd’hui sur la marche nationale pacifique de la communauté estudiantine. Reconnus de tous être le «moteur du mouvement de vendredi», les étudiants batteraient le pavé, pour la 14e fois de suite, des rues des villes du pays.

Dans ce sens, les manifestants ont scandé un «honte à vous » massif à l’adresse des policiers durant la 14e marche populaire à Alger, lors de laquelle, les forces de l’ordre ont empêché la tenue de la manifestation par des moyens d’intervention musclés.
Ainsi, avant la 15e marche de vendredi à travers le pays, qui s’annonce encore une fois décisive, la communauté universitaire compte marquer, aujourd’hui, sa 14e mobilisation nationale, avec de nouvelles marées humaines, attendues simultanément à travers le pays, notamment dans la Capitale, pour le changement radical du système politique en place et l’édification d’un État de droit.
Ce mardi, encore, ne s’annonce pas comme les autres. Puisque d’abord, il intervient après trois jours du 14e vendredi du mouvement populaire pacifique à travers le pays, durant lequel des millions d’Algériennes et d’Algériens sont restés mobilisés. Fidèles aux rendez-vous des vendredis, ils ont encore une fois démontré la détermination du peuple d’aller «vers le changement.» La deuxième chose à retenir pour le rendez-vous d’aujourd’hui, c’est que les marches estudiantines à travers le pays coïncident avec la visite de travail et d’inspection du vice-ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaïd Salah, en 6e Région militaire, à Tamanrasset. Pour les étudiants contactés, hier, sur la question de savoir si «Gaïd va-t-il appeler à l’application des articles 7 et 8 de la Constitution qui font directement référence à la souveraineté du peuple?» Autrement, traduire ses déclarations sur l’accompagnement de l’Institution militaire du mouvement populaire pacifique pour le changement. Ainsi, Rafik, étudiant de la Fac centrale d’ Alger, affirme que «c’est la raison qui nous laisse dire que le message de Gaïd Salah est attendu par la communauté estudiantine.»
D’autres étudiants ont estimé que «le suspense est inutile par rapport au Conseil constitutionnel. C’est la raison qui pousse les gens à attendre pour voir le message de Gaid Salah», affirme, pour sa part, Souad, étudiante à USTHB Bab-Ezzouar.
Et à elle de poursuivre que «le peuple a d’ores et déjà voté pour le départ des trois «B» (Bensalah, Bedoui et bouchareb).»

De l’élection présidentielle prévue le 4 juillet
Le rendez-vous d’aujourd’hui verra, selon le monde universitaire, à travers les réseaux sociaux, «une grande mobilisation», outre le fait que la journée d’aujourd’hui sera l’occasion de réitérer l’engagement des étudiants et les enseignants universitaires. Un engagement «à soutenir le mouvement populaire pacifique et porter la voix du peuple qui a exprimé son refus à l’élection présidentielle prévue le 4 juillet», nous a affirmé Amina, une étudiante de Bab-Ezzouar.
Selon notre interlocutrice, «l’insistance du pourvoir à maintenir le cap sur cette élection n’augure rien de bon pour le pays. Surtout que, ce sont les mêmes mécanismes et la même administration qui allaient se charger de ce scrutin. Autrement dit, reproduire le système politique alors que le mouvement exige son changement et l’édification d’un État de droit.»

Un mardi d’avantage organisé
Les marches de la communauté estudiantine seront aujourd’hui d’avantage « organisées», comme nous l’a précisé Melissa, étudiante à l’École polytechnique d’Alger. « Avec justement», dira-t-elle, le vote pour «le choix d’un nouvel itinéraire à prendre», et «la distribution des flyers à l’adresse des citoyens pour les sensibiliser et les informer au sujet de thèmes politiques.»
Et puisque ce mardi, est leur quatrième depuis le début du mois de Ramadhan, le dernier probablement du mois sacré, les discussions et débats battent leur plein au sein des universités. Pour nos interlocuteurs, il s’agit pour les étudiants de «décider justement de la date de la prochaine mobilisation estudiantine.»
Mohamed Amrouni