ouyahia

Il présentera dimanche prochain son plan d’action : Premier face-face Ouyahia-Parlementaires

Après son adoption, mercredi dernier en Conseil des ministres, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, déclinera le 17 septembre prochain les grands axes de sa feuille de route à l’hémicycle de Zighout Youcef. Comme on le sait désormais, le volet économique prédomine le plan d’action du Gouvernement, qui tente, tant bien que mal, de sauver le pays de la banqueroute sans toucher aux acquis sociaux des Algériens. Bien que la tâche ne soit guère facile pour le Premier ministre, il n’en demeure pas moins que ce dernier ne lâchera pas prise et tentera de convaincre les voix les plus hostiles à la politique gouvernementale. Connu pour son franc-parler et une grande maitrise des dossiers de l’actualité politique et économique, Ouyahia qui a passé de longues années à la tête de l’Exécutif, aura à tenter de remporter ce premier «face-à-face». Mais surtout, tenter d’abord d’aplanir les divergences pour mener à bien son plan sur le terrain. En effet, il faut le noter qu’avec une majorité parlementaire formée par les partis du pouvoir (FLN, RND, TAJ, MPA …), l’adoption du plan d’action par l’APN est déjà chose acquise. Passant, pour la première fois depuis sa nomination, donc, au grand speech, Ouyahia aura, toutefois, à tenir un langage de vérité, autrement présenter la réalité telle qu’elle est mise au grand jour par la conjoncture économique difficile que traverse le pays. Tandis que les observateurs prédissent, d’ores et déjà, que ce plan d’action sera applaudi par la majorité parlementaire, Ouyahia aura cependant quelques difficultés en affrontant un champ miné et parsemé d’embuches, en raison des choix douloureux contenus dans son plan, dont la plus en vue est sans doute la réforme de la loi sur la monnaie et le crédit, qui suscite les inquiétudes des experts. Autrement dit, tout au long de cinq jours, dédiés à l’examen puis après au vote du plan d’action, l’APN vivra au rythme des confrontations entre les députés de l’allégeance et ceux de l’opposition. En découlent d’ores et déjà les relents de l’avant goût des dossiers qui fâchent que l’invité au Parlement est appelé à défendre. Dans ce lot, figure le projet de loi sur la monnaie et le crédit qui devra régir le financement non conventionnel au profit du Trésor public. Ce dossier suscite déjà de grandes inquiétudes tant que la mesure entend recourir au puisement des finances dans la Banque d’Algérie. Des appréhensions qui s’inviteront de fait lors des débats. La tâche de ce premier face-à-face avec le Parlement ne sera pas de tous repos pour Ouyahia, même s’il est connu pour sa maitrise des dossiers les plus lancinants. Face à la conjoncture économique très difficile, le Premier ministre aura à défendre, loin de tout populisme ou démagogie, une politique qu’il a déjà dénoncée par le passé proche, les nouvelles orientations économiques du pays, qui plus est interviennent en pleine austérité. Pour le reste, il est à rappeler que la feuille de route prévoit une série de mesures visant à améliorer la Gouvernance financière du pays, en passant par la modernisation de l’Administration des Finances, du secteur bancaire et du marché financier. Pour maîtriser les dépenses budgétaires, la démarche du Gouvernement s’appuiera sur la rationalisation des dépenses publiques de subventions au profit de la population. D’après le calendrier arrêté par l’Assemblée populaire nationale, «la journée du 21 septembre (jeudi) sera consacrée à l’intervention du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui répondra aux questions des députés. Cette date sera également consacrée au vote du plan d’action du Gouvernement». D’ici là, l’on s’attendra à des débats houleux comme ce fut le cas lors des précédentes séances de l’hémicycle de Zighout Youcef.
Lamia Boufassa