Tebboune

IL MET LA DIPLOMATIE NATIONALE EN ORDRE DE BATAILLE : Tebboune sur tous les fronts extérieurs

 

Durant sa campagne électorale pour les présidentielles de 2019, alors candidat, Abdelmadjid Tebboune, s’était distingué par une nouvelle politique étrangère, dont il avait fait le serment de rendre la doxa « dynamique et proactive ». Proprement dit, s’il venait à être élu à la tête de l’Etat, le Président allait réviser et les objectifs et les missions classiques de la diplomatie nationale, concernant notamment les relations bilatérales et multilatérales avec les partenaires étrangers. L’objectif est désormais en bonne voie d’être atteint dans ses deux parties.
Ainsi, la conférence des chefs de missions diplomatiques et consulaires algériennes, tenue lundi sous la férule du président Tebboune, -une première dans les annales diplomatiques algériennes à s’y méprendre-viendra couronner de laborieux efforts allant dans le sens de redonner à notre politique étrangère les lettres de noblesse qu’elle a dû perdre au courant de la dernière décennie au moins. Cette réunion présidée par le chef de l’Etat a regroupé tout le corps diplomatique national, dans ses différents démembrements. Les ambassadeurs, les consuls généraux et les consuls, ainsi que les chargés de mission diplomatiques ont été réunis autour de la même table pour écouter attentivement les principes directeurs de la nouvelle politique étrangère nationale. Les membres du gouvernement, à commencer par le PM Benabderrahmane et le MAE Lamamra ont été également de la partie, histoire de travailler tous de concert pour représenter dignement l’Algérie à l’extérieur.
À travers cette initiative fort louable que les membres de la mission diplomatique à l’étranger resteront focus sur les objectifs assignés à la politique étrangère de leur pays. C’est d’autant plus encore que le contexte géopolitique, les défis socio-économiques en interne ainsi que les préoccupations de notre diaspora à l’étranger, s’y prêtent pour prêter main forte, justement, à la nouvelle mission diplomatique incarnée par le président Tebboune. Et dans ce domaine précis, le chef de l’Etat a engagé d’énormes efforts et a été au four et au moulin.

Protéger les intérêts du pays et défendre sa souveraineté
L’actuel locataire d’El Mouradia, se veut, en effet, d’un message clair à l’adresse des membres du corps diplomatique. Le pays d’un million et demi de chouhada et ses 40 millions de citoyens doivent être désormais représentés dignement. En effet, le Président a invité le monde diplomatique national à préserver les intérêts supérieurs du pays et à protéger sa sécurité nationale et sa souveraineté. Et pour cause, « les défis qui se posent à nous sont plus graves dans le contexte des crises multidimensionnelles que connaît notre région et des foyers de tension dans plusieurs Etats voisins, notamment au Sahara occidental avec la reprise des hostilités militaires armées entre le Front Polisario et les forces d’occupation marocaines », appuie le chef de l’Etat dans son allusion d’ouverture de cette conférence.
Les raisons sont en effet multiples pour ne pas conscientiser davantage les représentants de la politique étrangère nationale de la nécessité impérieuse de défendre l’Algérie face aux campagnes belliqueuses dirigées depuis l’étranger. Le monde a changé et il est désormais sans pitié semble dire le chef de l’Etat, renvoyant de ses propos à la dernière agression marocaine contre trois de nos ressortissants assassinés à Bir Lahlou qui n’est qu’un élément d’une chaîne d’hostilité menée pour déstabiliser l’Algérie dans un plan de chaos concocté pour toute la région.

La diplomatie économique mise en branle
Autre axe d’importance dans la politique étrangère, le développement de l’économie nationale et le placement du produit algérien dans les marchés étrangers. Il va sans dire le chef de l’Etat tient à l’objectif de faire basculer l’Algérie de la position d’importateur à celle d’exportateur. Pour ce faire, mettre chacun des acteurs devant ses responsabilités. Au-delà de l’objectif de diversifier la production locale, il y a lieu de capter les investisseurs étrangers. Pour en arriver, le Président mise désormais gros sur les chargés de mission économiques dans les représentations diplomatiques de l’Algérie à l’étranger. Il était temps en effet, car aucun partenaire, fut-il allié stratégique, n’offre de cadeau lorsqu’il s’agit d’intérêts économiques. Charge donc à nos diplomates affectés à la mission économique de prospecter auprès des opérateurs économiques à l’effet de convaincre de venir investir en Algérie. Pas que il s’agit aussi de dénicher les compétences parmi notre communauté à l’étranger qui n’attendent qu’un geste de bienvenue et d’un gage de bonne volonté de développer le pays pour se disputer devant le portillon. « Notre communauté installée dans les quatre coins du monde recèle des compétences lui permettant d’apporter un plus qualitatif aux efforts de développement dans notre pays. Armée d’une forte volonté, notre communauté ne demande que son association à cet effort collectif à travers l’entrepreneuriat innovant, l’échange d’expertises et la formation », a expliqué à ce titre le Président.
Également, le Président a appelé à la nécessité de servir les membres de la communauté nationale à l’étranger. « Vous n’êtes pas seulement appelés à prendre en charge les préoccupations de notre communauté, mais de renforcer ses liens avec la patrie en sus de l’implication de ses membres au processus du développement socio-économique de notre pays et aux efforts visant la consolidation de la place et du poids de l’Algérie sur la scène internationale », a-t-il rappelé à ce titre.

L’Algérie aborde l’agenda international
Lors de cette rencontre, le Président Tebboune a mis l’accent sur la nécessité de préparer deux rendez-vous internationaux qui se présentent à l’Algérie. Le premier a trait au Sommet arabe abrité par l’Algérie au mois de mars 2022. « Nous devons poursuivre les efforts pour consolider l’action arabe commune à travers la réunion des conditions nécessaires à la réussite de ce Sommet (…) qui constitue une précieuse opportunité pour renouveler l’engagement collectif de soutien à la cause palestinienne à travers le respect par tous les États membres de l’Initiative de paix arabe », a-t-il soutenu. Sur ce le corps diplomatique est appelé à saisir cette occasion « pour étudier le dossier de réforme de la Ligue Arabe en vue d’améliorer sa performance avec une nouvelle vision de l’action arabe commune ». Au niveau continental, le Président a affirmé que la protection de l’Union africaine « des tentatives sournoises »ciblant l’unité de ses rangs et son rôle central, restera au cœur des priorités de notre action diplomatique. Concernant le rôle de l’Algérie à l’ONU, le Président Tebboune a insisté sur l’impératif d’accorder la priorité au prochain mandat de l’Algérie en qualité de membre non-permanent au Conseil de sécurité onusien (2024-2025), et ce afin de contribuer « aux efforts visant la préservation de la paix et de la sécurité internationales ».
Farid Guellil