Makri

Il explique son refus d’intégrer le gouvernement : La fin de non-recevoir de Mokri

Sous le titre évocateur «Pourquoi veulent-ils du MSP dans le gouvernement ?», le président de «Harakat Moujtamaâ es-Silm» s’est livré à un périlleux exercice de style politique dans une tribune publiée sur le site du parti, pour démontrer que le souhait de l’état de s’allier au MSP n’est que «tactique» et conjoncturel, et que par conséquent, il n’a aucun fond stratégique ou de sortie de crise. Pour Mokri, l’appel de Bouteflika répercuté par Sellal «renseigne sur la solidité et la représentativité de son parti auprès des masses populaires», et que le MSP, n’est plus un simple «décor», ou une «annexe politique pour le compte du pouvoir», mais bel et bien un parti structuré qui a démontré durant la «remontée» (une pique à l’endroit de Soltani, accusé d’avoir ruiné le parti par ses compromissions) de ces quatre dernières années et qu’il a reconquis les bases rétives et soupçonneuses après tant d’années d’accommodements politiques.
Ce score, explique Mokri, est le résultat d’un «discours qui a quitté les sentiers battus des propos traditionnels pour présenter un discours social et économique cohérent, qui offre l’alternative crédible et donne les clés des problèmes qui se posent à la société». Mokri estime que «le jour où le MSP aura la majorité à l’Assemblée n’est pas loin», et se prépare donc, à l’avènement du MSP au pouvoir. Pour le président du parti islamiste, c’est justement cette nouvelle force du MSP qui doit motiver le refus d’intégrer le gouvernement, «pour garder sa crédibilité et sa légitimité», car son parti «ne prendra pas un train qui fonce droit vers l’inconnu», mais «prendra son propre train».
Langage plein de métaphores, d’allégories et de figures de rhétorique, comme dans la plus pure tradition islamiste, mais dont ressortent trois idées forces. La première est, il le dit dans son texte, que le jeu de stratégies a été élaboré pour délégitimer le parti islamiste par son exercice réel du pouvoir. La seconde est que le train du gouvernement est en train de prendre le mauvais chemin, et que son parti refuse, évidemment, de se fourvoyer dans de mauvaises pistes.
La dernière, enfin, est que le MSP est devenu assez puissant, et le sera encore plus, pour espérer dans un avenir proche prendre le pouvoir sans qu’il lui soit accordé.
F.O.