Tebboune

Il attend le signal de Bouteflika pour lancer une large consultation : Tebboune et la leçon du consensus

Le gouvernement Tebboune entend, dans sa feuille de route, mettre le dialogue social au cœur de son action. Ainsi, le Premier ministre décide de lancer, prochainement, une large consultation avec les partis politiques et parties de la société civile autour de ses objectifs immédiats.

En ce sens, une circulaire est, d’ores et déjà, prête et est adressée au président de la République pour approbation, comme annoncé par Tebboune, en marge de sa virée algéroise de samedi. Au risque de le répéter, le chef de l’Exécutif attend l’accord du président Bouteflika pour entamer ses consultations avec les partis représentés au Parlement et les Syndicats. Ceci dans une première étape. Pour la seconde, il s’agira de remettre les résultats des discussions aux experts et autres spécialistes nationaux des domaines juridique, économique, social etc., à l’effet d’examiner et mesurer le volet de l’applicabilité des conclusions rendues. Au cours de sa visite à Alger, Tebboune a réitéré son serment devant le Parlement, lors de l’adoption de son programme d’action, de lancer un débat national et des contacts avec les partenaires sociaux, afin d’aboutir à un consensus national autour des grandes orientations concernant les réformes qu’il conviendrait d’enclencher, prochainement. En entamant sa première visite de travail en tant que chef de l’Exécutif qui l’a mené, entre autres, sur le chantier de la Grande-Mosquée d’Alger, Tebboune a révélé qu’«une circulaire est prête et a été envoyée au président de la République». Et de préciser un détail d’apparence important: «Dès qu’il (Bouteflika) me donnera l’accord, elle (circulaire) va être diffusée et l’on va commencer à contacter tout le monde».
Depuis son arrivée au palais de la «Rue Docteur-Saâdane», Tebboune ne cache pas sa volonté d’entamer un dialogue anticipé, qu’il veut surtout sérieux, avec les partenaires politiques et sociaux, notamment formations partisanes et Syndicats professionnels, à même de ramener certains sur la scène sociale et politique. À plus forte raison que le front social n’a cessé d’appeler à l’ouverture des canaux du dialogue avec les tutelles ministérielles, en brandissant la menace de recourir à des débrayages dès la prochaine rentrée sociale. Dans le fond, il s’agit, pour le Gouvernement, de faire prévaloir la voie du dialogue et les solutions consensuelles dans le traitement des différents conflits qui opposent les deux parties, telles que soulevées, pour garantir la paix sociale et gagner la confiance des partenaires sociaux.
Pour les prochaines consultations qu’il conviendrait de lancer, Tebboune souhaite l’adhésion de tout le monde d’où son appel, depuis qu’il est à la tête de la chefferie du Gouvernement, à un large débat sur les questions nationales les plus en vue. S’agissant des participants à cette «conférence» consensuelle, Tebboune assure d’une rencontre sans exclusive dès lors que l’objectif recherché étant d’éliminer la possibilité d’apparition de voix discordantes, pour ainsi dire, susceptibles de nuire à la cohésion du groupe. «Tous les partis représentés à l’APN et au Sénat, et toutes les organisations de masse, même le Syndicat des journalistes. Tout le monde y sera présent sans exclusion pour donner son point de vue», a-t-il assuré. Cette déclaration suppose que les Syndicats autonomes seraient aussi consultés par le Gouvernement, ce qui serait inédit dans les annales, lorsque l’on sait que, jusque-là, le seul partenaire social et officiel du Gouvernement demeure l’Union générale des travailleur de Sidi-Saïd. Sur le plan forme, Tebboune a expliqué que cette démarche se fera par phases. «C’est une conférence ouverte», où les partenaires sociaux et politiques auront la possibilité de s’exprimer pour faire ressortir un rapport final dans les deux mois qui suivent le lancement des consultations.
En deuxième lieu, les résultats des consultations seront soumis à l’appréciation des spécialités, chacun dans le domaine qui le concerne. Dès à présent, le Gouvernement n’attend donc que le feu vert du président de la République pour le lancement effectif de cette initiative, outre celui de la Commission nationale consultative, prévue par le plan d’action du Gouvernement. Ainsi, plusieurs dossiers en rapport avec les questions nationales d’importance capitale, telles que la révision des subventions sociales, les prochains projets de lois sur la Santé et le Travail… se tailleront une part dans les consultations. Face à une conjoncture économique difficile, marquée par le recul des cours du brut et les menaces sécuritaires qui guettent le pays, un consensus autour des questions majeures est à même de décharger le Gouvernement de son lest, eu égard aux multiples défis auxquels est confronté le pays. Paix et stabilité nationale, transition économique… autant de tâches ardues, pour que l’Exécutif se charge de mener, à lui seul, le bateau Algérie à bon port.
Hamid Mecheri