Chomeurs en Algérie

IL atteint 12,3 % en avril 2017 : Le chômage au galop !

En dépit des efforts consentis pour arriver à un stade où l’économie crée ses propres emplois et passer d’une étape de soutien au pré-emploi à celle de postes permanents, le chômage endémique échappe quelque peu au contrôle du Gouvernement. Outre les facteurs endogènes, qui influent sur la politique nationale de l’emploi, la tendance mondiale pèse lourdement sur les capacités d’insertion des jeunes chômeurs algériens dans le monde du travail.

Le taux de chômage en Algérie repart une nouvelle fois à la hausse, et les nouveaux chiffres inquiètent sérieusement l’Office national des statistiques. En effet, Les diplômés sortant de l’université, ainsi que la catégorie des jeunes de la société civile sont les plus exposés au chômage au moment d’entrer dans la vie professionnelle. Pour les quatre derniers mois de l’année en cours, le nombre des chômeurs risque de s’accroître, vu que des milliers d’universitaires ont obtenu de différents diplômes.
Dans cette optique, il y’a lieu à préciser que cette augmentation du taux de chômage global est due essentiellement à la hausse du nombre des chômeurs diplômés, dont principalement les universitaires. En effet, après avoir connu une baisse sensible durant les cinq dernières années, le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur a connu une augmentation durant les quatre premiers mois de l’année en cours, avec des disparités significatives en genre: 10,9% pour les hommes et 22,1% pour les femmes.
Selon le dernier bilan établi par l’ONS, le taux de chômage en Algérie a atteint 12,3% en avril 2017 contre 10,5% en septembre 2016, a appris l’APS auprès de l’Office national des statistiques. En avril dernier, le nombre de la population active a atteint 12,277 millions de personnes contre 12,117 millions en septembre 2016, avec un solde positif de 160.000 personnes, soit une hausse de 1,3%. Cette hausse est due principalement à l’augmentation du volume de la population à la recherche d’un emploi au cours de cette période. La population active est l’ensemble des personnes en âge de travailler et disponibles sur le marché du travail, qu’elles aient un emploi ou qu’elles soient en chômage. Sur cette population active, les femmes représentaient 20,6% avec un nombre de 2,524 millions en avril dernier.
Quant à la population occupée (personnes ayant un emploi), elle était estimée à 10,769 millions de personnes en avril 2017 contre 10,845 millions de personnes en septembre 2016, enregistrant un solde négatif de 76.000 personnes par rapport à septembre 2016. La population en chômage a ainsi atteint 1,508 million de personnes, soit un taux de chômage de 12,3% au niveau national, en hausse de 1,8 point par rapport à septembre 2016.
Selon l’ONS, des disparités sont observées sur les plans sexe, âge, niveau d’instruction et diplôme obtenu.
À ce propos, l’Office indique que le taux de chômage des jeunes de 16-24 ans est de 29,7%. Il est relevé que l’évolution du taux de chômage selon le diplôme fait ressortir que l’augmentation enregistrée a touché les personnes sans qualification ainsi que les diplômés de la formation professionnelle.
Ainsi, le taux de chômage auprès des personnes sans qualification est passé de 7,7% en septembre 2016 à 10,1% en avril 2017, alors que celui des diplômés de la formation professionnelle est passé de 13% à 14,8% entre les deux périodes de comparaison. Par contre, le taux de chômage des diplômés universitaires a légèrement reculé passant de 17,7% en septembre 2016 à 17,6% en avril 2017, en baisse de 0,1 point.

Plus de la moitié des chômeurs n’ont pas de diplômes
Quant à la répartition des chômeurs selon le diplôme obtenu, il est constaté que 787 000 chômeurs n’ont aucun diplôme, soit plus de la moitié de l’ensemble de la population en chômage (52,2%). Les diplômés de la formation professionnelle constituent 24,1% des sans-emploi, tandis que les diplômés de l’enseignement supérieur représentent 23,7% des chômeurs. Il est observé, par ailleurs, que la baisse du volume de l’emploi entre septembre 2016 et avril 2017 a touché le secteur du BTP avec un solde négatif de 91.000 personnes, ainsi que le commerce, les services et l’administration publique (un solde négatif de 84.000). En revanche, un solde positif a été enregistré pour le secteur de l’agriculture (63.000) et l’industrie (36.000) comparativement à septembre 2016. L’ONS fait aussi savoir que six chômeurs sur dix en moyenne sont des chômeurs de longue durée, c’est-à-dire que 62,2% cherchent un poste d’emploi depuis une année ou plus.

Prévisions mondiales en hausse
Dans son dernier rapport, l’organisation internationale du travail (OIT), a signalé que le taux de chômage dans le monde continuera à grimper en 2017. Quant à la population active, elle continue d’augmenter, le chômage touchera un peu plus de 201 millions en 2017 ; soit une hausse de 3.4 millions de personnes sans activités professionnelles ; comparé à l’an 2016. Pire, d’après les prévisions de l’OIT, la croissance de la population active en recherche d’emploi se traduira par 2,7 millions de chômeurs supplémentaires dans le monde en 2018. La hausse du nombre de demandeurs d’emploi proviendra essentiellement, explique-t-on dans le rapport, de la dégradation de la situation du marché du travail dans les pays émergents. «Les effets de la récession profonde qu’ont connue plusieurs d’entre eux en 2016 continueront à se faire sentir sur le marché du travail en 2017», note cette organisation mondiale à laquelle adhère l’Algérie. De fait, entre 2016 et 2017, le nombre de chômeurs devrait s’accroître dans les pays émergents d’environ 3,6 millions soit 5,7% en 2017 contre 5,6% en 2016. Mohamed Wali