Moussa Touati

Il accuse militants et cadres du FNA de tous les maux : Moussa Touati veut créer un autre parti

Après l’épisode de la grève de faim qu’il a brandi pendant l’été, Moussa Touati, président du FNA, sort sur la tribune publique pour proférer une menace de démissionner du parti qu’il a crée en 1990. Après avoir laissé croire qu’il allait démissionner la semaine dernière, le président de Front national algérien (FNA) fait un pas en arrière mais menace quand même de quitter le parti pour en créer un autre, accusant les membres du Conseil national de piétiner les statuts et textes du parti. Au bord du gouffre avec une saignée dans l’organique dirigeant où des cadres ont rejoint d’autres formations, le FNA commence à faire naufrage à la veille des élections locales avec la naissance d’un bras de fer ouvert engageant le leader du parti et son instance suprême. Hier, c’est Moussa Touati lui-même qui a décidé d’animer une conférence de presse pour s’expliquer sur un point qui lui paraît important. Pour lui, il ne s’agit nullement d’une démission mais d’un avertissement. «Je tiens à m’expliquer : je n’ai pas dit que j’ai démissionné car selon les statuts du parti une démission se fait pendant le congrès ou lorsque les trois tiers des membres du CN le réclame. Le mot «démission» est un avertissement que j’adresse aux cadres qui piétinent les lois et le règlement intérieur du FNA », dira d’entrée l’ex-candidat malheureux des Présidentielles-2014. En clair, Touati accuse ses cadres et mêmes militants d’agir contre les intérêts de leur parti. « La plupart des membres de Conseil national du parti et ceux des instances des wilayas ne respectent plus les valeurs fondatrices du FNA. À cette situation interne, s’ajoutent les restrictions, la marginalisation et le favoritisme de l’administration, versée dans le camp des partis au pouvoir…», cite Touati comme facteurs précipitant l’abime de son parti. Or, « le FNA est un parti de l’opposition qui a choisi de se ranger au côté du peuple», rappellera-t-il histoire de recadrer ses cadres et militants qui «se comportent comme si le parti fait allégeance au pouvoir». Il accuse même l’administration de vouloir porter un coup de sommation au FNA.

«Prêt à renoncer à la tête du FNA, mais pas à mes convictions»
Devant cet état de fait, Touati s’est dit ne jamais renoncer à ses convictions militantes quitte à abandonner la tête du parti. «Si les lois du parti ne seront pas respectées et que les militants ne se conforment pas aux objectifs portés dans la plate forme politique du FNA, je suis obligé de quitter le parti et d’en constituer un autre qui revendique ces mêmes valeurs», a-t-il révélé le fond de ses pensées. «Les membres du Conseil national ne savent pas comment agir correctement avec les militants du parti. Ils adoptent une attitude de moins en moins civilisée. Quand je les invite pour une réunion, ils font part de positions contraires aux valeurs que défend le FNA. Ils travaillent contre le parti et contre ses principes. Moi, je suis avec le peuple et non pas un allié du pouvoir», a dénoncé le conférencier. En poursuivant son plaidoyer, il dénonce un «laisser-aller» à tel point que les militants et membres du CN ne s’acquittent pas de leurs cotisations, dont certains depuis 2002. «Toutes les cartes d’adhérents sont restées sur mon bureau. Aucun membre du CN n’est venu réclamer la sienne», a déploré le chef du FNA, visiblement de plus en plus isolé. Mais, à l’approche des Locales, «la fièvre des élections a commencé et tout le monde vient chez moi et prétend être militant», dénonce Touati un comportement «médiocre», de cadres et militants qu’il qualifie de «véritables virus». Aussi paradoxalement, abordant les préparatifs des élections, Touati affirme qu’ils vont bon train et mieux encore, son parti sera en lice dans 1 030 communes et 35 wilayas. Pour le prochain congrès, il devra avoir lieu avant mai prochain.
Hamid Mecheri