Blood pressure measuring.

Hypertension artérielle : Un constat alarmant à la veille du Ramadhan

Le mois de Jeûne est synonyme pour, les foyers algériens, d’excès en matière de consommation des produis alimentaires, comme s’accorde à le dire les spécialistes de la Santé publique.
Grande bouffe, abus de sucreries…, ce qui n’est pas sans conséquences graves pour les citoyens et notamment ceux atteints de maladies chroniques. La situation est d’autant plus compliquée pour les hypertendus et les diabétiques, vu l’absence d’ «une éducation sanitaire seine » leur évitant des complications néfastes à leur santé. C’est dans ce contexte que l’Association d’aide aux hypertendus de la wilaya d’Alger a organisé, jeudi dernier, au Centre culturel de la Commune de Belouizdad, une conférence-débat au profit des patients et des citoyens en général. En plus des médecins et des spécialistes du domaine, des représentants des ministères de la Santé et de la Solidarité, ainsi que ceux des autorités locales, ont assisté à la journée qui se veut une célébration de la Journée mondiale contre l’hypertension artérielle (14 mai de chaque année). « Attention ! Surtout au pain. Ne vous laissez pas prendre devant ces multiples sortes de pains très variés. Même en consommant des quantités moindres, cela n’est pas suffisant, car l’organisme humain produit assez de sucre à partir de cet aliment», a met en garde le docteur Benachnou Fethi, à l’adresse des présents. Pour cette spécialiste de la Santé publique et acteur très actif du mouvement associatif, beaucoup de patients ne se rendent pas compte des dangers générés par le pain pour les hypertendus. Que ce soit du seigle, fait à la maison ou acheté chez le boulanger, le pain reste toujours, selon les spécialistes, un aliment à éviter, car renfermant une grande quantité de sel. Une consommation excessive de sel induit une augmentation de cholestérol dans le sang et par la suite une incidence négative sur l’hypertension artérielle et peut même provoquer des accidents vasculaires. Les boissons gazeuses, ajoute benachnou, notamment en cette saison de grand chaleur, sont aussi fortement déconseillées aux hypertendus. En plus du taux de sucre trop élevé, ce professeur regrette aussi le non-respect, des normes édictées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMC), par les producteurs nationaux de ces boissons. L’interlocuteur a mis en garde, en outre, les patients contre des « publicités mensongères » qui présentent ces boissons comme des produits riches en vitamines, appelant à instituer une autorité de régulation ; à l’instar de BVP en France (Bureau de vérification de publicité). «Les tables de l’iftar ne désemplissent pas de boissons gazeuses et de sucreries et des patients m’ont dit qu’ils en boivent jusqu’à 4 à 5 verres. En prenant en compte que chaque verre est égal à 5 cubes de sucre, le danger est plus grave quand ces patients en boivent directement après la rupture du Jeûne avec un estomac vide. Cela provoquerait une forte pression dans les artères sanguines induisant une augmentation de l’activité du cœur, exposant ainsi le patient à des risques d’un arrêt cardiaque, un aveuglement (cécité) ou pire encore ; une insuffisance rénale » prévient-il. Il a insisté, en outre, sur la relation étroite entre l’hypertension artérielle et le diabète, car un patient hypertendu contracte facilement un diabète mais non pas le contraire. Par ailleurs, Benachenou a insisté sur la prévention et le rôle que devait jouer le médecin dans la société pour faire promouvoir une bonne et seine éducation sanitaire et alimentaire. « L’OMC recommande que le premier acte dans l’opération de soigner est de donner des informations au malade pour être au courant de sa maladie. Il n’est plus question pour le médecin aujourd’hui de se contenter de délivrer des ordonnances. Il faut battre les mûrs de l’institution de soins et faire sortir le médecin à la rencontre des citoyens» indique Benachenhou. Cela se fait en passant d’«une médecine curative à une médecine préventive», tous le monde gagnerait, et le citoyen et le budget de l’État en évitant d’acquérir des médicaments qui coûtent les « yeux de la tête», explique-t-il. Pour sa part, le représentant de ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière, le professeur Adjab, a fait état des «efforts colossaux menés dans le secteur de la Santé par son département», soulignant que le ministère de la Santé ne peut pas à lui seul, mener une lutte efficace contre toutes les maladies chroniques. Il a insisté sur le rôle que doit apporter les autres secteurs et aussi les acteurs sociaux à travers le mouvement associatif pour sensibiliser le patient quant à sa maladie. Pour ce responsable, le patient a lui aussi un rôle indispensable à jouer dans l’opération de prévention, en allant s’informer sur les valeurs nutritionnelles des aliments qu’il consomme et de choisir les aliments recommandés pour sa bonne santé pour tarir les facteurs de risques et éviter que sa maladie n’atteigne des stades avancés.
Hamid Mecheri