Hydrogène vert : projet ambitieux et futuriste

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Cinq pays, l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche ont fait le pari de sa réalisation à court terme. De quoi s’agit-il ? Du projet « SoutH2 Corridor » qui consiste à livrer l’hydrogène vert (GH2) depuis l’Algérie jusqu’en Allemagne et l’Autriche via la Tunisie. Le GH2 est un vecteur d’énergie et un carburant. Un peu comme l’électricité qui est produite (non extraite) donc un vecteur d’énergie et un carburant de substitution (véhicules électriques). L’avantage du GH2 se trouve dans sa production par électrolyse de l’eau en utilisant des énergies renouvelables (solaire, éolien et hydraulique). Ce qui élimine toute émission de gaz à effet de serre (GES). Donc dé carboné, propre. Complètement différent de l’hydrogène classique obtenu à partir d’énergies fossiles pour la production d’ammoniaque, de méthanol, au raffinage du pétrole et autres productions industrielles comme les matières plastiques. Le projet « SoutH2 » compte livrer en Europe, à l’horizon 2030, par gazoducs sur une longueur de 3.300 Km, plus de 4 millions de tonnes/an d’hydrogène vert produit en Algérie. Pour se faire une idée de grandeur du projet, le 18 septembre dernier, une entreprise américaine a lancé la production commerciale de 70 tonnes/an d’hydrogène vert (grâce à l’éolien) dans le port d’Anvers pour les besoins d’entreprises locales. Sur le plan international, il y a pas moins de 1572 projets d’hydrogène vert dont 1125 sont prévus d’entrer en production à l’horizon 2030. La Chine, leader incontesté du GH2, produit pas moins de 20.000 tonnes/an depuis 2023. Sans y ajouter les États-Unis et l’Australie. Après cette « fiche technique », revenons à notre projet. Le président Abdelmadjid Tebboune a reçu, jeudi dernier, les ministres de l’Énergie des pays engagés dans notre projet SoutH2 Corridor, c’est à dire l’Autriche, l’Allemagne, l’Italie et la Tunisie. Au sortir de l’audience, le ministre autrichien, Wolfgang Hattmannsdorfer, a déclaré « Nous voulons sécuriser les approvisionnements en hydrogène pour notre industrie, et cela ne pourra se faire qu’à travers une relation étroite avec l’Algérie et la Tunisie ». Ceci après avoir partagé sa perception de « l’ambition et la vision du président de la République algérienne pour son pays ». Prenant la parole à son tour le secrétaire d’État allemand, Frank Wetzel, a déclaré, sans détour « Nous ne devons pas perdre de temps, car l’industrie en Europe, notamment en Allemagne, a besoin d’approvisionnements en hydrogène pour préserver notre solide base industrielle ». Pour le ministre italien, Gilberto Pichetto Fratin, le SoutH2 promet de « créer toutes les conditions à même d’assurer un avenir meilleur, non seulement sur le plan énergétique, mais aussi pour le bien-être de nos citoyens ». Pour le ministre tunisien, Slah Zouari, il s’agit d’un « projet stratégique entre la Tunisie et l’Algérie ». Un projet ambitieux qui place l’Algérie aux premières loges du progrès mondial tout en gravant, pour la postérité, sa lutte contre le réchauffement climatique !
Zouhir Mebarki