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Guterres dans son rapport sur le Sahara Occidental remis au Conseil de sécurité : Le nouvel élan vise la relance des négociations pour l’autodétermination du peuple sahraoui

Dans son rapport annuel, au Conseil de sécurité des Nations unies, (ONU), sur le conflit opposant le Front Polisario et le Maroc, sur le Sahara occidental, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a indiqué que la mission de son nouvel envoyé personnel, Horst Köhler est «d’imprimer un nouvel élan au processus et de l’animer d’un nouvel esprit pour in fine»,poursuit-il «parvenir à une solution politique juste durable et mutuellement acceptable du conflit sur le Sahara occidental, qui permette l’autodétermination du peuple sahraoui » précise-t-il « dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncées dans la Charte des Nations unies» a souligné Guterres.

Le document du Secrétaire général de l’ONU, le deuxième qu’il rédige sur la dernière question de décolonisation en Afrique, inscrite sur l’agenda onusien et le premier depuis l’entrée en fonction de son envoyé personnel au Sahara occidental, l’ex-président Allemand Horst Köhler s’étale sur vingt pages, dont la dernière comprend la carte géographique du Sahara-occidental, telle que définie, par la légalité internationale, ne reconnaissant aucune souveraineté du Maroc, sur les territoires sahraouis. Réitérant, dans son rapport au conseil de sécurité, en prévision de la réunion de ce dernier sur le Sahara occidental, avant la fin du mois courant, la relance du processus de négociations directes, «de bonne foi et sans conditions préalables » entre les deux parties en conflit, le Front Polisario et le Maroc, en vue de « parvenir à une solution politique juste durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple sahraoui, dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations unies», Guterres a salué le soutien aux efforts de Horst, des pays voisins et des membres du Groupe des amis pour le Sahara occidental. Le rédacteur du rapport a fait savoir, dans l’article 25, du chapitre III consacré aux activités politiques, que depuis l’exposé de Horst Kohler devant les membres du Conseil de sécurité, ce dernier, indique, Guterres «a poursuivi le dialogue avec les dirigeants des parties (le Maroc et le Front Polisario :nldlr)» avant d’ajouter, « et des États Voisins, avec les membres du groupe des amis pour le Sahara occidental » citant Espagne, États Unis, Fédération de Russie, France et Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord , ainsi qu’avec d’autres «parties intéressées», allusion à l’Union africaine (UA)et l’Union Européenne (UE). Celui qui a été de juin 2005 à décembre 2015, Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, avant d’être désigné au poste de secrétaire général de l’Onu a exprimé ses inquiétudes sur la situation des Droits de l’Homme au Sahara occidental et les conditions humanitaires difficiles des réfugiés sahraouis. Ne perdant pas de vue les différents rapports d’Ongs internationales sur la situation gravissime des droits de l’homme des sahraouis des territoires occupés, et celui de l’organisme de l’ONU de lutte contre la torture, Guterres y consacre le chapitre, V, sous l’intitulé « activités humanitaires et Droits de l’homme », pour évoquer ces questions. Au Chapitre V, dans l’article D, consacré aux Droits de l’Homme, comme il est indiqué, Guterres, a, dans le point 65, relevé dans un langage diplomatique, l’absence de volonté de Rabat à coopérer avec l’organisme de l’ONU, en charge de lutte contre la torture. Ses membres qui se sont déplacés à Rabat, du 22 au 28 octobre dernier pour, écrit le rédacteur du rapport au Conseil de sécurité pour « la prévention de la torture et autres peines et traitements cruels et inhumains ou dégradants pour dispenser au gouvernement marocain des conseils concernant la mise ouvre d’un organe national de contrôle des conditions de détention chargé d’inspecter les lieux de détentions comme le prévoit le protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants», rien n’a été fait par Rabat, selon le SG de l’ONU. Le rédacteur du rapport sur le Sahara occidental, remis au Conseil de sécurité, qui se réunira sur cette question, avant la fin avril courant, leur a affirmé que «, le gouvernement marocain n’avait ni mis en place ni désigné un mécanisme de cet ordre» a-t-il affirmé. Et de poursuivre, en exprimant «ses préoccupations» sur la situation des droits de l’Homme des sahraouis des territoires du Sahara occidental, sous occupation marocaine, dont font part «des sources locales et internationales» sur, cite-t-il « les harcèlements, les restrictions de la part des autorités marocaines contre les défenseurs sahraouis des droits de l’homme» a-t-il précisé, citant plus loin également que « les autorités marocaines continuent de restreindre l’accès au Sahara occidental des étrangers, journalistes, défenseurs des Droits de l’Homme et des avocats » a-t-il souligné. Même si, à la lecture du dit document Guterres, il apparait, parfois, que ce dernier, s’est laissé, un peu entraîné, par la réalpolitik, notamment dans le Point 71 du Chapitre précité, dans lequel, le SG de l’ONU se laisse sortir du cadre juridico-politique propre à la caractéristique fondamentale de la nature du conflit opposant le Front Polisario et le Maroc, sur le Sahara occidental, territoire soumis à un processus de décolonisation. Guterres a écrit, dans le dit point que « lors du troisième rapport périodique du Maroc, la délégation marocaine a affirmé que tous les citoyens étaient égaux devant la loi en termes de droits et responsabilités » alors que Guterres présente son deuxième rapport, sur le Sahara occidental et le peuple sahraoui, séparé par le mur de la honte érigé par l’occupant marocain, séparant les sahraouis des territoires occupés, des territoires libérés. Et les Sahraouis des territoires sous occupation marocaine, ne sont «ni des citoyens ni des sujets du royaume chérifien» comme le scandent les manifestants pacifiques sahraouis, des territoires occupés, affirmant «pas d’alternative à l’autodétermination» pour mettre fin au système colonial marocain, au Sahara occidental.
Karima Bennour