RIF

Grandiose marche de soutien au Rif à Bruxelles : Des milliers de manifestants dans la rue

Plus d’un millier de personnes ont de nouveau manifesté à Bruxelles pour exprimer leur solidarité avec le Rif marocain et «exhorter le gouvernement belge à revoir sa coopération» avec les autorités marocaines accusées d’«étouffer la contestation populaire et dissuader les tentatives de protestation».
En fin d’après-midi de la journée de dimanche, des groupes de Marocains de Belgique se sont rassemblés près de la gare du Midi d’où la marche a pris le départ vers le siège du Parlement bruxellois pour exiger le respect des droits de l’homme dans le Rif. «Nous voulons soutenir les exigences de la population dans le Rif et les relayer auprès du peuple et des autorités belges», déclaraient des manifestants, assurant qu’ils ne peuvent «pas accepter que, dans un pays qui entretient tant de liens avec l’Europe, des centaines de personnes se voient refuser les droits les plus élémentaires.»
Les manifestants ont battu le pavé aux cris de «Liberté, dignité pour le peuple rifain», «Assez de misère, assez de répression» et «Makhzen assassin». Beaucoup brandissaient des portraits du leader de la fronde, des drapeaux amazighs, ou encore une banderole barrée d’un « Arrêtez-nous, nous sommes tous des activistes «. Les participants à cette manifestation ont dénoncé les actes de violences que subissent les militants du mouvement de contestation Hirak dans le Rif, mais également tous les citoyens pro-Hirak qui sont victimes d’injures et de menaces portant atteinte à la dignité humaine. Ils ont demandé aux autorités belges, à tous les niveaux de pouvoir, de «réfléchir à la collaboration avec Rabat», plaidant pour le «respect des droits de l’homme dans le Rif».
Selon les organisateurs de la marche, le gouvernement marocain a «créé un climat de peur» dans la région du Rif. «Des centaines de personnes, dont des adolescents, sont en prison. Au moins trois protestataires ont été tués, et des dizaines ont été blessés. Ces violences ne peuvent plus durer, ou la situation va dégénérer», ont-ils déclaré à Belga. Depuis le décès d’un marchand de poisson, happé par une benne à ordures alors qu’il tentait d’empêcher la destruction de sa marchandise saisie par la police, la mobilisation n’a jamais cessé à Al-Hoceima et dans plusieurs localités alentour. Le mouvement s’est même durci pour exiger que justice soit faite pour la mort du jeune pêcheur, mais également pour porter des revendications économiques et sociales en faveur de cette zone enclavée. Animé par des jeunes de la région, le mouvement de contestation populaire, Hirak, est longtemps resté pacifique. Mais l’arrestation, fin mai, de Nasser Zefzafi, le leader du Hirak, a marqué un durcissement de la crise. Plus d’une centaine de personnes, notamment celles proches du noyau dur du mouvement, ont été arrêtées. Accusés d’atteinte à la sécurité de l’État, de nombreux militants du Hirak risquent de lourdes peines.
En juillet dernier, des participants à une conférence-débat organisée à Bruxelles en soutien au soulèvement populaire dans cette région, ont appelé l’UE et ses États membres à condamner la répression, la violence et la persécution policière pour des raisons politiques ainsi que la torture et les traitements inhumains et dégradants que les forces de sécurité marocaines infligent aux manifestants pacifiques de la contestation populaire dans le Rif. «Il faut que l’UE arrête d’ignorer les revendications des mouvements politiques», a déclaré le député européen Miguel Urban Crespo, initiateur de la conférence, jugeant le moment «opportun» de faire pression sur l’UE pour qu’elle use des outils dont elle dispose afin d’amener le Maroc à respecter les droits de l’homme. Lors de cette conférence organisée au Parlement européen, l’eurodéputé Florent Marcellesi a déploré la position de l’UE par rapport au mouvement de contestation populaire qui agite le Rif, regrettant que l’Union n’ait «rien fait» pour protéger les manifestants. Les eurodéputés français d’Europe écologie les verts (EELV) affiliés au groupe Verts/ALE au Parlement européen ont exhorté, de leur côté, le roi du Maroc, Mohamed VI, à «prendre en compte» les aspirations de son peuple et à «ne pas réprimer» les manifestations populaires exprimant un «profond malaise social».
M. B.