Golden Globes

Golden Globes : Le palmarès marqué par la lutte les violences

Le film « 3 Billboards : les panneaux de la vengeance » et la série « Big Little Lies » ont été distingués, tout comme Frances McDormand et Gary Oldman.

Deux mois avant la cérémonie des Oscars, la remise des Golden Globes dimanche soir aux États-Unis a été marquée par la lutte contre les violences sexuelles à Hollywood et ailleurs après l’onde de choc déclenchée par l’affaire Weinstein. Des œuvres mettant en scène des personnages féminins forts ont été sacrées dans toutes les catégories, comme le film 3 Billboards : les panneaux de la vengeance et la série Big Little Lies. Temps fort de la nuit, la productrice, présentatrice et actrice vedette noire Oprah Winfrey a reçu le prix Cecil B. DeMille pour sa carrière. « Dire notre vérité est l’outil le plus puissant que nous ayons. Je suis particulièrement fière et inspirée par toutes les femmes qui se sont senties suffisamment fortes pour élever la voix et partager leurs histoires personnelles », a déclaré cette personnalité adorée des Américains. « Depuis trop longtemps, les femmes n’ont pas été entendues ou crues si elles osaient dire la vérité face au pouvoir de ces hommes. Mais c’est fini pour eux ! C’est fini pour eux », a-t-elle ajouté, recevant une ovation debout et déclenchant des larmes parmi les actrices dans la salle de bal du Beverly Hilton. 3 Billboards : les panneaux de la vengeance, sur une mère qui demande justice (à l’aide de trois panneaux publicitaires) et dénonce l’inertie de l’enquête policière après l’assassinat de sa fille, a été couronné meilleur film dramatique avec quatre prix au total. Son interprète principale Frances McDormand, le scénario de son auteur-réalisateur Martin McDonagh et l’acteur dans un second rôle Sam Rockwell ont aussi été primés. Frances McDormand s’est dite heureuse de « participer au changement tectonique dans la structure de pouvoir dans notre industrie ». C’est Lady Bird, fable douce amère sur une adolescente tourmentée mise en scène par Greta Gerwig, pourtant occultée de la sélection pour le prix des metteurs en scène, qui a décroché le titre de meilleure comédie, son interprète Saoirse Ronan repartait avec la statuette de meilleure actrice dans cette catégorie.

Gary Oldman distingué pour son rôle de Winston Churchill
En télévision, la mini-série Big Little Lies a triomphé avec les Globes de la meilleure minisérie et des prix pour ses interprètes Nicole Kidman en femme battue, Alexander Skarsgard, qui joue son mari violent lors de scènes terrifiantes, et Laura Dern, en mère d’une petite fille harcelée en classe. La série La Servante écarlate, qui dépeint un monde apocalyptique où les États-Unis sont aux mains d’une secte fondamentaliste maintenant les femmes fertiles en esclavage, a remporté la statuette de meilleure série dramatique, son actrice Elisabeth Moss étant également primée. Elle a dédié son Golden Globe à Margaret Atwood, auteure du roman dont est adaptée la série :
« C’est pour vous et les femmes [...] suffisamment courageuses pour vous élever contre l’intolérance et l’injustice. » Presque tous les participants à la soirée portaient du noir, répondant à l’appel d’actrices et de l’organisation Time’s Up, fondée par de grands noms féminins d’Hollywood comme Natalie Portman et Jessica Chastain pour financer la défense de victimes d’abus au travail. Les projecteurs braqués sur les violences ont occulté le débat sur le manque de diversité à Hollywood et le palmarès dimanche était presque entièrement blanc, à l’exception de Sterling K. Brown pour This Is Us et Aziz Ansari pour Master of None. La romance fantastique entre une muette solitaire et un monstre reptilien, La Forme de l’eau, du Mexicain Guillermo del Toro, est repartie avec le Globe du meilleur réalisateur et de la meilleure bande originale pour le compositeur français Alexandre Desplat. Pentagon Papers, de Steven Spielberg, et Tout l’argent du monde, retourné en urgence pour expurger Kevin Spacey, sont repartis bredouille. Chez les acteurs, c’est Gary Oldman, sans surprise, qui a été distingué en Winston Churchill dans Les Heures sombres et James Francos dans la catégorie comédie pour The Disaster Artist. Oprah Winfrey, femme parmi les plus puissantes de l’industrie du film américaine, a souligné qu’elle était la première femme noire à recevoir le prix Cecil B. DeMille après Sidney Poitier, premier homme afro-américain, en 1982. Le drame sur le terrorisme In the Fade, du cinéaste allemand d’origine turque Fatih Akin, une coproduction germano-française, a remporté le prix du meilleur film en langue étrangère. Les Golden Globes forment un baromètre à la fiabilité variable sur les titres et artistes les mieux placés pour les Oscars, apogée de la saison des prix à Hollywood qui se tiendra le 4 mars.