GHASSAN SALAMé

Ghassan Salamé pour remplacer Martin Kobler : Guterres choisit l’ex-conseiller spécial de Kofi Annan pour la Libye

C’est l’ex-ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé et ex-candidat au poste de président de l’Unesco, qui a été choisi par le Secrétaire général des Nations unies, Guterres, pour remplacer Martin Kobler, à la tête de la mission onusienne en Libye, UNSMIL. Le Conseil de sécurité devrait valider, sans problèmes , demain, la nomination de Salamé, comme il l’avait fait, entre 2012 et 2014, pour l’ex-ministre libanais de la Culture, Tarek Mitri, qui avait occupé le poste d’émissaire de l’Onu en Libye.

L’ex-président de la Conférence ministérielle de la Francophonie et ancien conseiller spécial de Kofi Annan, de 2000 à 2006, année marquée par l’invasion de l’Irak par l’armée des Etats Unis, aura la lourde tâche de devoir faire avancer le processus de règlement politique de la crise en Libye , entre acteurs libyens, dès la fin de ce mois ci, date de fin de mandat onusien du diplomate allemand, Martin Kobler. Ägé de 66 ans, des sources diplomatiques, rapportent des médias libyens, affirment que le nom du doyen, depuis septembre 2010, de l’Ecole des affaires internationales de Paris, Salamé a été retenu par le SG de l’Onu, parmi d’autres inscrits sur la liste pour remplacer Kobler et que le successeur de ce dernier, semble également avoir bénéficié, selon la même source, du consensus des acteurs de la scène libyenne. L’ancien conseiller politique de la Mission des Nations unies en Irak, en 2003, a et continue d’occuper des postes importants, il figure, en effet, parmi les membres siégeant au conseil d’administration de plusieurs organisations internationales, dont le Centre International Crisis Group et de 1981 à 1991, Ghassan Salamé a eu à codiriger aux États-Unis, le programme d’étude «State, Nation and Integration in the Arab World » et a été un des membres de la commission du Social Sciences Research Council de New York de 1986 à 1991. Né en 1951 à Mzaar Kfarzebian, au Mont Liban, fils d’instituteur, Salamé est Titulaire d’un DEA de droit international et d’un doctorat en lettres, à Paris III en 1975, trois ans après il décroche aussi un doctorat de sciences politique, à l’université Paris I, Ghassan Salamé a été ministre de la Culture dans le gouvernement de Rafic Hariri de , 2000 à avril 2003, période qui l’ a vu présider, en mars 2002, le 14eme sommet de la Ligue arabe, et sept mois, après, en octobre 2002, le sommet de la francophonie.
Outre les citoyens libyens qui attendent de voir leur pays renouer avec la sécurité et la stabilité politico-institutionnelle, les acteurs de la scène libyenne attendent du successeur de Kobler d’enregistrer des avancées notables en faveur du dialogue politique inter-libyen, dont son lancement, dans les plus brefs délais, sur fond de ce qui a été accompli, à ce jour. Dès le début du mois prochain, le successeur de Kobler à la tête de l’ UNSMIL est attendu outre sur ses premières déclarations sur la crise Libyenne mais également sur la teneur de ses premiers pas dans son traitement du dossier libyen, à la lumière des derniers développements outre les avancées enregistrées ces dernières semaines.
Il s’agit, à ce propos, de la signature d’un accord , traçant les grandes lignes de la solution politique et la réconciliation inter-libyennes, début mai, à Abou Dhabi, entre les deux principaux rivaux, le chef du gouvernement d’union nationale Fayez al-Sarraj et le responsable de l’Armée nationale Libyenne, le Maréchal Khalifa Hafter, outre les avancées notables de l’initiative de la tripartite, Algérie-Egypte-Tunisie, notamment lors de sa dernière réunion à Alger. Celui qui a rédigé l’ouvrage collectif, en 1994, « Démocratie sans démocrates » et signé, deux ans après, Appels d’Empire : ingérence et résistance à l’heure de la mondialisation et paraphé dix ans après, le livre : Quand l’Amérique refait le monde, parus avril 2005, aux Editions Fayard, réussira-t-il à abattre, sur la table libyenne, les cartes, celles notamment qui confortent et dans la durée, surtout, la solution politique entre les frères libyens ? Telle est la question principale du peuple libyen, lassé de voir son pays, plongé dans une situation de chaos, en l’absence de vie politico-institutionnelle, depuis plus de six ans.
Karima Bennour