Gaza : un Palestinien tué par des tirs de l’armée égyptienne

Un Palestinien a été tué vendredi dans le sud de la Bande de Gaza par des tirs de l’armée égyptienne depuis l’autre côté de la frontière, a indiqué un porte-parole des services de secours palestiniens. La victime, âgée de 23 ans, mais dont l’identité n’a pas été divulguée, a été tuée d’une balle dans le dos au niveau du cœur, a ajouté le porte-parole, Ashraf al-Qoudra. Selon lui, il s’agit du premier Palestinien tué depuis longtemps dans la bande de Gaza par des tirs de soldats égyptiens. La mort de cet homme a été confirmée par le porte-parole du ministère de l’Intérieur palestinien, Iyad Al-Bazm, qui a précisé sur sa page Facebook qu’une enquête avait été ouverte par les services de sécurité palestiniens. L’incident est intervenu près de la ville frontière de Rafah, où se trouve le seul point de passage entre l’Egypte et la bande de Gaza. Le terminal de Rafah, unique accès à l’enclave palestinienne à ne pas être contrôlé par Israël, a été fermé par l’Egypte il y a plus de deux mois, après un attentat suicide qui a couté la vie à 30 soldats dans le nord du Sinaï, une région égyptienne frontalière avec la bande de Gaza. Ce passage a toutefois été rouvert quelques heures, fin novembre et quelques jours en décembre, pour permettre à des Palestiniens de rentrer chez eux ou de se rendre en Égypte. En début de semaine, l’Égypte a annoncé son intention d’élargir de 500 m à un kilomètre la zone-tampon que son armée établit le long de la frontière avec la bande de Gaza, afin de limiter les infiltrations depuis Gaza. Territoire exigu et surpeuplé coincé entre Israël, l’Égypte et la Méditerranée, la bande de Gaza est depuis 2006 étouffée par un strict blocus israélien. La seule bouffée d’oxygène venait des tunnels de contrebande reliant la bande de Gaza à l’Égypte. Mais après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, le nouveau pouvoir égyptien a radicalement changé de politique à l’égard des 1,8 million de Gazaouis, détruisant 1 600 tunnels et coupant quasi-totalement leurs voies d’approvisionnement.

Le Hamas condamne
Le Hamas a condamné samedi cette acte, nous condamnons le meurtre de cet enfant, Zaki al-Houbi, par les tirs de l’armée égyptienne à la frontière. Ce qui est arrivé constitue un recours excessif à la force et un dangereux développement, a indiqué samedi le ministère de l’Intérieur du Hamas. Côté égyptien, des responsables des services de sécurité ont indiqué que l’armée avait tiré sur des Gazaouis qui s’étaient infiltrés dans le Sinaï égyptien, frontalier de la bande de Gaza et où l’armée a récemment créé une zone-tampon qui isole un peu plus l’enclave exiguë et surpeuplée, étouffée depuis huit ans par un sévère blocus israélien.
Les soldats en charge de la protection de la frontière ont tiré sur six Gazaouis, dont trois sont parvenus à repartir vers Gaza tandis que trois autres ont été arrêtés, ont affirmé ces responsables. L’un d’eux a probablement été blessé par balles.

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