APN Algérie

Fin du nomadisme politique dites-vous ? Il est question d’éthique avant tout !

Il est des pratiques en politique, aussi prohibées soient-elles, qui résistent même à la force de loi. Il ne s’agit pas par des faits avérés, de défier ouvertement, ou d’aller jusqu’à fouler au pied la législation. Mais, la nouvelle tradition intrusive dans le champ politique consiste à emprunter des chemins savamment calculés pour contourner le cadre juridique. Ainsi va le cours de ce qui s’apparente à une nouvelle forme de nomadisme politique au pays. Pour la tradition, déambuler ça et là, prospecter chez les partis politiques – après avoir été poussé à la porte où sorti de plein gré- le tout à la recherche d’une place au paradis, est connue de tous. L’objectif, étant de retrouver meilleure figuration dans la sphère politique, les assemblées élues et les centres de décision. L’ambition en soi est de bonne guerre, si ce n’est l’absence de culture politique, reléguée au plus bas degré des soucis, qui prend l’ascendant. Les exemples en ce cas d’espèce n’y sont pas une denrée rare. Au-delà des faits marqués de dissidences, le propre de cadres et responsables, en général mécontents de leur sort, une tendance en vogue investit la scène politico-électorale. Les cas les plus en vue sont apparus aux législatives de 2012. Un rendez-vous, lors duquel pas peu-nombreux les députés qui ont changé de fusil d’épaule, une fois le sésame, tant convoité, arraché grâce aux partis qui les ont parrainés. Opportunisme politique quand tu nous tiens ! En revanche, rares ceux qui ont démissionné et renoncé à leur mandat pour tel motif invoqué. Ce qui est un acte politique honorable pour celui dont la conviction prime sur les intérêts étroits. Il va sans dire que le phénomène de nomadisme, – transhumance politique sous d’autres cieux-, a, pour le moins, jeté l’opprobre sur une Assemblée nationale, déjà en perte des bonnes grâces, depuis l’avènement de l’argent sale et la corruption. Et comme pour mettre fin à ces pratiques dans le Parlement et les assemblées élues, la Constitution amendée de 2016 a quelque-peu brouillé les calculs des politicards. En effet, une des mesures du nouveau régime électoral interdit à l’élu, une fois élu sous telle chapelle politique, de rejoindre une autre, sous peine de perdre son mandat électoral. À l’exception près, une telle probabilité ne risquerait pas d’arriver, désormais. Pas chez les opportunistes en tout cas. Et pour cause, on verrait mal un député renoncer à son mandat en prenant le risque de démissionner du parti sous le sceau duquel il était élu. En revanche, la nouveauté fait montrer qu’il est possible d’en échapper à cette disposition «contraignante»: Agir en amont! Telle est l’astuce retrouvée par les plus indélicats des candidats, parmi ceux qui désirent autant que faire se peut gagner une place à l’hémicycle Zighout Youcef. Abandonner ses convictions politiques ? Loin s’en faut ! Tous les moyens sont bons, pourvu que le procédé rapporte et mène droit à la deuxième chambre parlementaire. C’est le cas de l’observer puisque les dernières législatives ont mis au grand jour le nouveau mode opératoire en date. Illustration : on a vu des candidats, refusés de dernière minute, ou plutôt que prévu, dans les listes élaborées par leurs partis, repêchés illico par d’autres formations- pas forcément du même calibre- et se sont vu par la suite «voler» un siège à l’Assemblée. D’autres, visiblement plus anticipationnistes, ont préféré opter, dès le départ, pour une candidature indépendante et échapper ainsi au châtiment auguré de sa tutelle partisane. Comme quoi, on a beau inventer des lois, en l’absence d’une certaine éthique politique, il y’aura toujours des fourberies à l’actif des imposteurs pour arriver à leur fin !

Farid Guellil