Derbal

Fichier électoral : Radiation de 700 000 personnes

Selon le président de la HIISE (Haute instance indépendante de surveillance des élections), Abdelwahab Derbal, 700 000 radiations ont été opérées sur le fichier électoral national. Un premier résultat perceptible sur le terrain, si non une première action effective, menée depuis l’entame officielle de la mission de cette instance à la troisième décade de janvier dernier. À s’interroger dès lors si une telle action saurait convaincre une partie de la classe politique qui revendique l’épuration de ce dossier. Ce qui est «une première dans l’histoire de l’Algérie indépendante», s’est targué de dire ce responsable, ce samedi, au courant d’une rencontre tenue avec les membres de la permanence de cette instance de wilaya d’El Oued. D’autre part, il a expliqué qu’une telle opération rentre dans le cadre de l’assainissement du ficher électoral, en prévision des législatives 2017, tel que revendiqué par une bonne partie de la classe politique nationale. C’est le cas de le dire, puisque des partis politiques aussi bien parmi le camp des participants que des boycotteurs de cette joute électorale, ont fait de cette revendication leur cheval de bataille. Au fait, l’objectif étant de combattre les pratiques de fraude qui ne manquent pas d’émailler le déroulement des rendez-vous électoraux, lorsqu’encore elles ne portent préjudice à la crédibilité de ses résultats. C’est ce à quoi semble s’attaquer à priori la HIISE, surtout que la question suscite l’intérêt des autorités, des acteurs politiques et de l’opinion publique. À cet égard, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, à qui incombe la tâche, de garantir des élections propres et transparentes, tente depuis la convocation du corps électoral pour le 4 mai prochain, de rassurer quant à son rôle qui consiste à veiller sur la crédibilité et la légitimité de ces élections. Ceci, à forte raison que le prochain gouvernement sera issu de la majorité électorale, conformément à la nouvelle Constitution de 2016. Une raison suffisante, donc, pour que les autorités publiques fassent preuve de beaucoup de volonté dans le cadre des préparatifs inhérents à ces élections, dans les meilleures conditions. À cette exigence émanant des partis de l’opposition surtout, s’ajoute l’appel à la neutralité de l’administration. En ce sens, l’instance dirigée par Abdelwahab Derbal s’engage à s’opposer à toute personne susceptible de «porter atteinte à l’honnêteté des élections», en avançant l’argument selon lequel, la HIISE est «créée constitutionnellement» pour lutter contre toute forme de pratique visant à salir la «probité » des élections. Ce qui semble, tout aussi, à une réponse à des partis politiques qui doutent du pouvoir et des prérogatives accordés à son instance. Quelque part aussi, si aujourd’hui le premier responsable de la HIISE se prononce sur le bilan d’une telle action, qui s’est soldée par la radiation de 700 000 personnes sur le ficher électoral, c’est une façon de se défendre vis-à-vis des critiques. À l’heure actuelle, des responsables politiques estiment, tout au moins, que le rendez-vous du 4 mai prochain, ne saurait être marqué par une fraude massive, tel que ce fut le cas lors des législatives de 2012.

Farid Guellil