Festival culturel international de danse contemporaine

Festival culturel international de danse contemporaine : La 8e édition s’ouvre à l’Opéra d’Alger

Le 8e Festival culturel international de danse contemporaine s’est ouvert, samedi soir à Alger, avec des prestations conduites par les ballerines et les danseurs des troupes d’Algérie, d’Ethiopie, invité d’honneur du festival, d’Espagne et de France, dans des chorégraphies aux thèmes existentiels, marquées par la finesse du geste et la grâce du mouvement. Le public peu nombreux de Opéra d’Alger Boualem-Bessaïeh a apprécié le rendu des quatre troupes de danse, dont la compagnie «Arabesque» d’Algérie, qui est intervenue à deux reprises avec ses neuf ballerines pour présenter deux danses sur les musique de «Chahlet Laâyani», inspiré de «Quizas, quizas, quizas», Boléro cubain d’Osvaldo Farrès et l’adagio du «Concerto d’Aranjuez » de Yoakin Rodrigo, écrit en 1939. Corps élancés et pas de danse précis, les jeunes danseuses ont mis en valeur leurs talents individuels dans des mouvements aérés où elles se sont réparties en trois groupes pour présenter différentes figures esthétiques appréciées du public qui a longtemps applaudi le travail en amont de la compagnie dirigée par Fatma-Zohra Namous Senouci. Heureux d’être au centre de ce 8e festival, les artistes du ministère éthiopien de la Culture et du Tourisme, ont présenté une prestation pleine, avec un groupe de sept musiciens, une dizaine de ballerines et danseurs et trois chanteurs qui ont livré le spectacle «Land of Origin» (terre d’origine), de chants et danses traditionnels. Dans des gammes pentatoniques, Salamawit Johannis, Kasahun Taye et Asgegnew Ashko ont interprété des pièces du patrimoine éthiopien, entourés de danseurs qui ont mis en mouvement toutes les parties de leurs corps, dans une prestation très physique, menée sur des cadences autochtones. L’Espagne est ensuite intervenue avec le duo «La Intrusa» formé par Virginia Garcia et Damian Munoz qui ont présenté «Best of You»(le meilleur de vousmême), un spectacle qui confronte l’individu aux contraintes du quotidien. Le duo ibérique a livré à l’assistance un bon moment de dance contemporaine où la grâce du geste et l’agilité de l’interprétation ont permis de belles options narratives par le mouvement et par le corps, anéanti par moment et révolté dans d’autres, sur un fond musical séquentiel, oscillant entre l’assourdissement et la clarté. Le trio français «Viadanse», composé de Clémentine Maubon, Mathieu Coulon et Sarath Amarasingam a quant à lui, présenté «Après-midi», une prestation enrichie avec une scénographie qui a consisté en la pose de trois remparts espacés, séparant l’intime du public et trois chaises aux pieds fixés sur deux supports en forme d’arc facilitant le balancement des sièges de l’avant vers l’arrière et inversement, en référence au doute, au manque de confiance en soi et à l’indécision. Recherche de soi et d’équilibre dans la vie, dualité entre le bien et la mal, refus de l’adversité, autant de sujets liés à la quête du bien être que les danseurs français ont brillamment développé dans l’emballement du corps et l’excès du mouvement ordonnés et très technique. Le coup d’envoi du festival a été donné conjointement par le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi et son homologue éthiopienne Meaza Gebre Midhin. En présence, également de plusieurs membres du gouvernement et des représentants du corps diplomatique accrédité à Alger, ceux des pays ayant pris part à cette soirée inaugurale notamment, l’assistance a apprécié de belles poésies en mouvement, savourant chaque moment dans l’allégresse et la volupté. Outre les troupes algériennes au nombre de six, dix pays prennent part au 8e Festival culturel international de la danse contemporaine d’Alger, qui se poursuit jusqu’au 2 mai, avec au programme de la journée de dimanche l’Algérie, avec la Compagnie «Nouara-Idami» et la Coopérative culturelle de Batna, la Chine et les USA.