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Exportations algériennes vers l’Afrique : Des négociations en cours

Des contrats d’exportation dans le machinisme agricole vers l’Afrique sont en cours de négociations par des opérateurs algériens, et ce, après plusieurs opérations d’exportations de médicaments déjà effectuées, a révélé, mardi soir à Alger, le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb, lors de l’inauguration du salon agroalimentaire Djazagro 2017. «L’Afrique est notre prolongement naturel ! Le marché africain est à notre portée, nos produits commencent à y aller. Nous avons commencé par les médicaments et, actuellement, nous sommes en train de négocier sur des marchés dans le machinisme agricole, dont notamment les tracteurs». Ce sont là les déclarations de Bouchouarab, lors de sa visite au 15e Salon international de l’agroalimentaire d’Alger (Djazagro) en compagnie du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdeslam Chelghoum. Interpellé par un opérateur privé algérien qui demandait à ce que les contraintes à l’export soient levées pour conquérir le marché africain, Bouchouareb a souligné que l’État s’est engagé à soutenir et à accompagner les privés qui sont déjà sur le Continent et ceux qui veulent pénétrer ce marché. «Apprendre à exporter demande du temps. Nous sommes en train de finaliser le tracé (de la Transsaharienne) de N’Djamena, cela permettra une pénétration directe de ce marché», a-t-il précisé à ce titre. Par ailleurs, lors de leurs visites dans les différents stands du Salon, les deux ministres ont eu des échanges avec des opérateurs algériens et étrangers. Ainsi, ils ont donné des orientations sur l’importance de l’investissement, en amont et en aval, dans le secteur agricole. Bouchouareb a rappelé les incitations accordées par l’État à l’investissement à travers différentes lois et dispositifs notamment pour les secteurs agricole et industriel, ajoutant que ce Salon « est une opportunité pour nos opérateurs de concrétiser leurs projets sur le terrain». Chelghoum a, pour sa part, estimé que l’intérêt «le plus important» doit être donné à l’investissement et au partenariat dans le secteur agricole et agroalimentaire. «Les industriels doivent travailler en partenariat avec les agriculteurs», a-t-il recommandé à un opérateur ayant investi dans la chaîne du froid.

Réduction du déficit de la balance alimentaire
Bouchouareb a, par ailleurs, mis l’accent, lors d’un point de presse, sur la nécessité de réduire la facture d’importation des produits alimentaires. Cette dernière représente 20% des importations, et fait de l’Algérie l’un des plus grands pays importateurs de produits alimentaires. «Nous sommes devenus les meilleurs dans l’art d’importer, nous devons apprendre à exporter», a-t-il dit. Rappelant, dans ce sens, le programme du président de la République qui tablait sur le secteur agricole et industriel pour réaliser son objectif de croissance de 7% en 2019 et réduire le déficit de la balance alimentaire. Il a rappelé, également, que la nouvelle loi sur l’investissement donnera un nouvel élan au secteur à même d’atteindre l’autosuffisance. «Si nous arrivons à équilibrer notre balance alimentaire c’est déjà très important. C’est ce que nous essayons de faire, à travers toutes les politiques menées», a-t-il détaillé dans ce sens. «Nous devons baisser le déficit de la balance alimentaire, comme premier objectif», a-t-il dit, notant que la couverture de la totalité des besoins alimentaires par la production nationale «n’est pas possible». Mais, «il faut exploiter les potentialités pour produire plus et exporter, afin de compenser là où nous avons du déficit», a-t-il suggéré.
De son côté, Chelghoum a affirmé que «l’industrie agroalimentaire est une priorité pour l’État qui aspire à l’autosuffisance dans ce domaine». Il a ajouté, dans ce même cadre d’idées, que «l’Algérie accorde une très grande importance à l’industrie agroalimentaire afin de réduire la facture d’importation des produits alimentaires». Pour rappel, près de 740 exposants nationaux et étrangers prennent part à ce Salon avec des équipements, services et matériels exposés. Des rencontres entre professionnels de l’agroalimentaire et des ateliers sont au programme. Elles s’articulent notamment autour de l’accompagnement des entreprises algériennes dans l’exportation, en particulier vers les marchés africains. Le Salon fermera ses portes, aujourd’hui, au Palais des expositions (Pins-Maritimes).
Djedjiga Hamitouche