Législatives

Evaluation du déroulement des élections : La bonne note des observateurs de l’UA

Même en notant que «la faible affluence des électeurs a été un fait marquant le jour de scrutin », la mission d’observation électorale de l’Union Africaine (MOEUA) a estimé que les élections du 4 mai se sont globalement déroulées dans «un climat de paix et de sérénité». Pendant sa déclaration préliminaire, hier à l’hôtel ELAurassi à Alger, dans une première phase avant la publication du rapport final sur son évaluation du scrutin du 4 mai dernier en se basant sur les constats faits par ses observateurs dépêchés pour la surveillance du scrutin, la MOEUA a salué « l’esprit de civisme et le sens de responsabilité des acteurs politiques qui n’ont occationné aucun acte de nature à entraver le bon déroulement des opérations électorales. Tout en exhortant les responsables politiques à faire prévaloir les voies légales de recours en cas de contestation du verdict des urnes, la MOEUA, toutefois, a constater des lacunes à combler notamment en rapport avec la faible représentation des femmes dans le scrutin, accéssibilité des personnes à mobilité réduite et des appréhensions de quelques partis politiques quant à la HIISE. Conduite par Dileita Mohamed Dileita, ancien premier ministre de la République de Djibouti, la mission dépêchée par l’Union Africaine est composée de 150 observateurs issus de différents pays qui composent l’UA et ayant différents titres professionnels entre ex-ministres et des parlementaires panafricains et autres responsables. Cette mission dépêchée par Addis Abeba, capitale de l’UA, a pu sillonner 43 wilayas à travers 58 équipes pour observer les élections du 4 mai et émettre un rapport sur leur déroulement et aussi des recommandations. Ainsi, les observateurs de la MOEUA ont constaté « l’environnement paisible qui régnait autour des centres de vote dans 99 % des cas et les rares cas de désordre observés étaient, selon la MOEUA, liés à une « mauvaise gestion de la file d’attente et à l’indiscipline de certains électeurs ». Le calme observé dans les bureaux de vote a, de même, contribué au bon déroulement du processus de vote et « aucune perturbation du vote ayant entrainé une interruption de la procédure n’a été observée », selon la MOEUA. La MOEUA a observé aussi de rares cas d’électeurs (3,9 %) n’ayant pas été autorisés à voter car ils se trouvaient au mauvais bureau de vote ou n’étaient pas en possession de leur pièce d’identité. Une assistance a été apportée aux électeurs le requérant dans 89,3 % des bureaux visités, dans la plupart des cas par le personnel électoral ou par une personne de son choix. La MOEUA a noté que le secret du vote a été garanti dans 99,8 % des bureaux de vote visités pas ses équipes. Concernant les ressources humaines mobilisées le jour de vote, la MOEUA a noté que dans les bureaux de vote visités, la présence du personnel électoral était en moyenne de cinq agents conformément au code électoral, mais « certaines absences n’étaient nullement justifiées ». Cette mission a appelé le gouvernement à sanctionner toute absence non justifiée des agents des bureaux de vote le jour du scrutin afin d’assurer un déroulement des opérations avec des ressources humaines adéquates. En outre, la MOEUA a constaté que les membres des bureaux de vote ne se distinguaient pas des autres personnes présentes dans la même enceinte, recommandant ainsi à l’administration électorale d’« habiller les agents des bureaux de vote de tenue distinctes pour faciliter leur identification et assurer de l’ordre pendant les opérations de vote ». La MOEUA a estimé que la présence de représentants des listes de partis et de candidats en compétition ainsi que des observateurs évaluée à 98,2 % dans les bureaux de vote comme « un gage de transparence du scrutin ». Par contre, les équipes d’observateurs de la MOEUA ont relevé une « très faible présence des observateurs citoyens dans les bureaux visités ». Quant aux opérations de dépouillement, la MOEUA a constaté que dans 92,7 % les présidents des bureaux de vote ont annoncé les résultats dès la fin du processus de dépouillement et que les résultats ont été affichés publiquement dans 69,1 % des bureaux de vote visités en notant aussi un nombre important de bulletins nuls lors des opérations de dépouillement. Sous le chapitre des constats durant la campagne électorale, cette mission qui se trouvait en Algérie depuis le 22 avril, a fait remarquer que « l’une des craintes majeures relatives au processus électoral exprimée par les partis politiques fut l’éventualité d’un taux d’abstention élevé ». Elle a noté que bien que « certains efforts de transparence restent à faire, la mise en place de la HIISE a contribué à dissiper certains doutes sur le processus électoral et les efforts d’apurement du fichier électoral et de maitrise de l’organisation du processus par l’administration électorale, ont été perçus comme des évolutions positives ». La MOEUA a noté aussi que malgré une évolution positive des candidates féminines aux élections, les femmes restent faiblement représentées dans les autres aspects de processus électoraux et au sein de l’administration et aussi que « les femmes sont rarement représentées en bonne position dans les listes électorales ». La MOEUA a noté aussi que « la suppression des visages de femmes sur certaines listes de candidatures pourrait entraver la participation effective des femmes. Cette initiative va à l’encontre des principes édictés par la loi algérienne et porte atteinte à l’égalité des chances entre tous les candidats ». La MOEUA a constaté que 23 % des centres de vote visités n’étaient pas accessibles aux personnes à mobilité réduite, préconisant à l’administration électorale de « prévoir des rampes ou autres facilités d’accès au bureaux de vote afin de faciliter le mouvement des personnes âgées ou à mobilité réduite ».

Hamid Mecheri