Informel

Éradication de l’informel : Le Gouvernement ne lâche pas le morceau

Le ministre du Commerce, Ahmed Saci, a pris l’engagement à poursuivre la politique de réformes, afin de renforcer l’organisation de ce secteur stratégique. Au moment où le Gouvernement de Abdelmadjid Tebboune poursuivra, pour sa part, la politique de diversification de l’économie pour bâtir une économie nationale forte et durable. Dans ce sens, l’État a vu utile de substituer la politique des dépenses publiques par la performance économique. Pour lutter contre ce phénomène, plusieurs actions ont été engagées, comme le démantèlement des marchés informels, le renforcement des infrastructures commerciales et l’assouplissement des conditions d’obtention du registre du commerce.
Il y a lieu de signaler que les autorités publiques ont enclenché une guerre contre l’accroissement du marché informel, car cela leur a posé un vrai casse-tête, tout en créant notamment une concurrence illégale entre les commerçants. De façon générale, le secteur informel regroupe l’ensemble des activités économiques qui échappent à l’administration fiscale. Elles sont différentes des activités qui s’exercent en dehors du cadre de la loi. L’état de la concurrence et l’évolution de la contrefaçon dans le marché algérien et les différents dysfonctionnements constatés sur le terrain en matière de lutte contre ces deux phénomènes hautement préjudiciables à l’économie nationale. Il est donc grand temps d’adopter de nouvelles stratégies qui s’attaquent aux causes, plutôt qu’aux conséquences de ce phénomène.
En effet, le directeur général de la Régulation et de l’Organisation des activités au ministère du Commerce, Abdelaziz Aït-Abderrahmane, a indiqué, avant-hier, que le nombre de marchés informels qui restent encore à éradiquer est de 403 sur les 1 453 marchés recensés en 2012. Quant au nombre de marchés informels éradiqués jusqu’au 15 juin 2017, il a atteint les 1 050, tandis que le nombre de marchés informels réapparus après leur éradication a été de 216, a précisé Aït-Abderrahmane, lors d’une rencontre qui a regroupé le ministre du Commerce, Ahmed-Abdelhafidh Saci, avec les cadres de son secteur. Sur les 50 677 intervenants informels qui activaient dans ces marchés, 21 239 ont été réinsérés dans le circuit commercial légal, soit 42%. Pour rappel, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales avait lancé en août 2012, en collaboration avec le ministère du Commerce, une large opération d’éradication des marchés informels. En parallèle, de nombreuses mesures destinées à la résorption de ce commerce illégal ont été prises, dont la réalisation de centaines de projets de marchés de proximité et de marchés couverts. Ainsi, une enveloppe de 12 milliards de DA a été dédiée à la réalisation de 784 marchés de proximité relevant du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. À ce propos, Aït-Abderrahmane a fait savoir que sur les 784 marchés de proximité prévus, 670 ont été réceptionnés, 94 restent à réceptionner, tandis que vingt ont été annulés. Concernant le programme de réalisation de 291 marchés couverts, initié par le ministère du Commerce pour un montant de dix milliards de DA, le même responsable a indiqué que, jusqu’à fin juin de l’année en cours, 22 ont été réceptionnés, 46 sont en cours de réalisation, 208 ont été gelés (travaux non lancés), huit dont les travaux sont à l’arrêt et sept ont été annulés.
En outre, le ministre du Commerce a mis l’accent sur l’importance du vaste programme de réalisation des marchés de gros de fruits et légumes à l’échelle nationale pour mieux gérer la production agricole, appelant à l’intégration du secteur privé dans la réalisation de grandes surfaces pour une meilleure maîtrise des transactions commerciales. Pour rappel, Ahmed Saci a mis en avant, lors de son allocution, les efforts déployés par l’État à l’échelle nationale pour lutter contre le phénomène des transactions commerciales illicites à travers, notamment, le contrôle, le ministre a également préconisé des partenariats entre les producteurs et les distributeurs pour mettre fin à l’informel et à la spéculation dans l’objectif de préserver l’économie nationale et la santé du citoyen.
Mohamed Wali