Sellal

Endettement extérieur : Sellal n’en juge pas de la nécessité

La question de l’endettement extérieur a-t-elle été définitivement tranchée ? La réponse est oui, si l’on en croit les déclarations du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, ayant laissé entendre que l’Algérie ne retombera jamais dans l’erreur des choix économiques adoptés durant les années 90. Comme pour mettre les points sur les «i», le Premier ministre s’est montré catégorique à ce sujet au cours de sa sortie médiatique d’hier. Selon lui, l’Algérie ne fera pas appel à l’endettement extérieur, et ce en dépit du contexte économique que tout le monde qualifie de «crucial». Devant son homologue français, Bernard Cazeneuve, le chef de l’exécutif a exclu tout recouri à l’endettement extérieur, même si l’Algérie a perdu 70% de ses recettes pétrolières, depuis juillet 2014. Abdelmalek Sellal en veut pour preuve à ses affirmations les indicateurs économiques du pays relevés. Ainsi, il estime que la situation financière externe du pays «reste assez solide». Autrement, les capacités de résilience de l’économie nationale sont en intactes, semble vouloir expliquer le premier responsable de l’Exécutif national. «Nous restons un pays presque totalement désendetté, le peu de dettes qui existe est d’ailleurs le fait du secteur privé. Nous n’allons pas nous endetter parce que nous avons vécu les années 1990 ou nous avons été obligés, par le FMI, d’aller à l’ajustement (structurel) qui a engendré la fermetures d’entreprises, le chômage, des résurrections de l’intégrisme islamiste et du terrorisme », a-t-il déclaré, avant de se féliciter que « tous nos équilibres macro-économiques sont (aujourd’hui) au vert ». Il n’est donc par question de recourir à l’endettement pour renflouer les caisses.
Qualifiant la gestion des moyens financiers durant la conjoncture économique actuelle de « rigoureuse », le chef de l’exécutif a affirmé que « cette bonne gestion a permis de diversifier de plus en plus notre économie ». En revanche, il dira que l’Algérie prend le maximum de précautions dans le domaine économique pour se prémunir contre les effets de la chute des prix du pétrole, d’où l’instauration, à titre d’exemple, du régime des licences d’importation. Invité à s’exprimer davantage au sujet de cette mesure qui pourrait avoir un impact négatif sur l’Accord d’association avec l’Union européenne, Abdelmalek Sellal a réaffirmé que l’introduction de ces licences était dictée par l’obligation de revoir à la baisse les importations du pays pour résister au choc pétrolier. « L’objectif de ces licences n’est pas d’arrêter les importations (…). Nous sommes dans l’obligation de restreindre certaines importations », a assuré le Premier ministre. D’autre part, Abdelmalek Sellal n’a pas manqué de dissiper les craintes au sujet de la situation du pays. Pour lui, le pays a réussi à maintenir sa stabilité, alors que les plusieurs parties dessinaient les pires scénarios pour sa stabilité. Tout en rappelant, à cet effet, que des think-thank étrangers prédisaient une « explosion » sociale après la chute des prix du pétrole », le chef de l’Exécutif a assuré que l’Algérie a « pu préserver sa stabilité ». « Nous sommes un pays stable qui avance correctement et nous avons réussi à préserver la stabilité du pays alors que nous avons plusieurs frontières au rouge », a-t-il précisé, dans ce sillage. En sus, le Premier ministre a fait remarquer que l’Algérie est bien dirigée par le président Abdelaziz Bouteflika. « Je ne fais rien et je ne décide rien sans le lui demander », a-t-il affirmé. M. Sellal a également précisé que le pays a ses institutions avec un Parlement qui fonctionne, rappelant que le 4 mai prochain auront lieu les élections législatives pour le renouvellement de la composante de l’Assemblée populaire nationale (APN).
Lamia Boufassa