SNATEGS grève

Encore trois jours de grève : Les travailleurs de Sonelgaz durcissent le ton

Après un répit qui n’aurait duré qu’un mois, les travailleurs du groupe Sonelgaz, affiliés au Syndicat national des travailleurs d’électricité et de gaz (Snategs), ont entamé une autre grève nationale d’une durée de trois jours. Le bras de fer entre le Syndicat et la direction générale du groupe Sonelgaz ne cesse de perdurer. À la faveur d’une autre démonstration de force, les travailleurs du groupe ont entamé, hier, leur troisième série de grèves après celles organisées au mois de mars et avril derniers. Joint, hier, par téléphone, le secrétaire général du Snategs, Kouafi Abdelkader, a apporté des précisions quant au suivi du mot d’ordre du débrayage. À cet effet, il dira que «le taux de suivi est de l’ordre de 65% à l’échelle nationale, même si ce taux diffère d’une wilaya à une autre». Selon notre interlocuteur, le suivi de la grève a progressé avec le débrayage du 11 avril dernier, essentiellement dans les wilayas de Biskra, Mila, Guelma, Oran Chlef, où le taux a atteint les 100%. Cependant, il notera qu’«en raison des intimidations exercées à l’encontre du personnel, le taux de suivi dans la capitale est de 25% seulement». Plus explicite sur ce point, il a indiqué que «ce taux faible est dû à la forte pression exercée sur les travailleurs s’y trouvant au niveau d’Alger». Toutefois, il s’est réjoui que certaines agences à Alger, aient adhéré à 100% au mot d’ordre, à l’instar de l’agence de Zéralda. Au sujet de la réaction de la tutelle face à ces multiples mouvements de protestation, le SG du Snategs a précisé que celle-ci s’est livrée au silence. En effet, « seuls les directeurs régionaux ont essayé de dialoguer, or, le Syndicat réclame un dialogue national avec la direction générale », a-til signalé tout en déplorant le mutisme dans lequel est plongée la direction depuis le début des actions de contestations. Pour ce qui est des actions futures, il annoncera la tenue prochaine du conseil national du syndicat pour se pencher sur le plan d’action qui sera dévoilé dans les prochains jours. Défiant encore une fois la tutelle, le syndicaliste affirme « s’être décidé à aller jusqu’au bout du combat. D’autre part, pour ce qui est de la plateforme des doléances du Snategs, notre source rappelle en premier lieu le respect des libertés syndicales. Selon lui, la direction du groupe exerce une pression sur les travailleurs pour qu’ils n’adhèrent pas au Syndicat, alors que les syndicalistes sont arbitrairement sanctionnés. Concernant les revendications socioprofessionnelles des travailleurs, le SG du Snategs évoque la suppression de la polyvalence, l’augmentation des salaires à 50%, la promotion automatique après 3 ans de travail, et la fixation des primes de risques pour les travailleurs exécutifs et les agents de sécurité et des primes d’encouragement pour tous les travailleurs sans distinction. Dans l’ensemble, il dira que la plateforme contient 36 points. Notons que ce débrayage intervient peu de temps après l’avortement du rassemblement, le 1er mai dernier à Oran, par les forces de sécurité. Précédemment, les travailleurs de Sonelgaz ont organisé 6 jours de grèves, à savoir du 21 au 23 mars et du 11 au 13 avril derniers. Ces débrayages étaient accompagnés par 4 rassemblements généraux dans les wilayas de Bejaia, Tizi-Ouzou, Alger et Oran. D’autres sit-in régionaux ont été organisés à Tebessa, Oum El Bouagui, Mila, et Sétif devant les directions de Sonelgaz. Le syndicat, créé en décembre 2013, revendique une représentation ouvrière de 30 000 adhérents sur un nombre total de 86 000 salariés.

Lamia Boufassa