Bedoui

En réponse aux critiques de la classe politique : Bedoui promet la réforme du régime électoral

Intervenant, hier, au forum organisé par la chaîne 1 de la Radio nationale, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bédoui, a annoncé une réforme approfondie du régime électoral, qui se fera à travers la création de directions «permanentes» chargées des élections au niveau de toutes les municipalités. «Nous devons revoir les services concernés par l’organisation des élections», a déclaré le ministre tout en précisant que « des directions permanentes chargées des opérations électorales seront créées au niveau de chaque wilaya, daïra et mairie ». Tout en affirmant qu’après les législatives de ce 4 mai, des commissions mixtes seront installées, en collaboration avec la Haute instance indépendante de supervision des élections (HIISE), Bedoui a précisé que cette démarche est « une réponse aux «critiques objectives des partis politiques, qui ont relevé certaines anomalies dans le corps électoral». Ainsi, il dira que cette procédure permettrait d’atteindre l’objectif d’un corps électoral assaini à 100%. Avec la réorganisation annoncée et grâce à la numérisation, assure Bédoui, le fichier électoral sera actualisé en temps réel. « Lorsqu’un un citoyens décède, on le radie automatiquement au niveau des services de l’état civile », a-til expliqué. Pour ce qui est du rôle qu’aura à jouer la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), le ministre a affirmé que celleci doit être « pérenne ». « Ceux qui résument le rôle de la Haute instance à la surveillance se trompent », a lancé le ministre tout en certifiant que « les objectifs et les missions qui lui sont assignés dont l’accompagnement des partenaires politiques en vue de hisser le système électoral en Algérie ». De surcroît, il dira que par la suite, « il est nécessaire de prendre des mesures pour accompagner l’Instance au niveau des services administratifs ». D’ailleurs, conscient que l’État a besoin d’une « administration forte », Bédoui a signalé que ces mesures permettront à l’Instance d’être « partenaire indispensable » qui sera présent dans les prochaines échéances électorales, à l’instar des locales de l’automne et les présidentielles de 2019. «On travaille avec une cadence accélérée pour prendre en considération les réclamations de l’Instance et prendre en charge les appréhensions de l’opposition », a encore assuré l’hôte de la radio. Plus loin, il dira que la préparation aux prochaines élections sera de manière continue et non seulement périodiquement.

«LES NTIC DOIVENT SERVIR L’ESSOR DU PAYS ET NON SA DESTRUCTION»

Abordant l’épineuse question du boycott, l’intervenant a affirmé que « c’est de son devoir d’alerter les jeunes quant aux dangers qui guettent l’Algérie ». Pour faire face à ces dangers, le ministre a appelé le peuple, essentiellement les jeunes, à se diriger massivement aux urnes. « Je ne peux pas être responsable et ne pas dire au citoyens la vérité. La vérité quant aux dangers qui guettent notre pays », a-t-il lâché, tout en avertissant que ce discours n’est guère « un discours d’intimidation », mais pour une « prise de conscience ». D’ailleurs, s’étalant sur les appels au boycott lancé sur les réseaux sociaux, le ministre a estimé que les « nouvelles technologies doivent être déployées pour l’essor du pays et non le contraire ». Ainsi, le premier responsable du département de l’Intérieur a appelé les jeunes à mettre en oeuvre toutes leur connaissance pour le développement du pays, et «non sa destruction». Par conséquent, il a salué les jeunes qu’il qualifie de « mûrs » d’avoir procédé à leur inscription automatique dans les listes électorales. Ces derniers sont au nombre de 800 000 personnes, dont la majorité sont des jeunes, a précisé l’intervenant. Mieux encore, Bédoui a affirmé que certaines parties veulent déstabiliser les institutions de l’État, et l’Assemblée populaire nationale qui sera élue est l’une de ces institutions. C’est pour cette raison, qu’il dit « avoir peur pour notre pays». Dans un autre sillage, l’hôte de la radio est revenu sur le rôle important de la société civile. À cet effet, il accusera « certaines parties de ne pas vouloir valoriser la société civile vu qu’elles sont conscientes que celle-ci constitue une force». Pour ce qui est de la présence des observateurs, le ministre a affirmé que leur présence «est venue à la demande de l’Algérie pour accompagner le processus électoral afin d‘appuyer sa crédibilité », notant que « le ministère de l’Intérieur, en coordination avec le ministère des Affaires étrangères, a mis à la disposition des hôtes de l’Algérie toutes les facilités pour mener à bien leur mission».

Lamia Boufassa