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En évoquant une fraude massive : Hanoune demande la tenue d’élections partielles

Au lendemain de l’annonce des résultats des législatives du 4 mai, Louisa Hanoune, SG du PT, accuse et soupçonne une fraude «à ciel ouvert», appelant, du coup, à des «élections partielles dans les wilayas entachées par des tentatives de fraude».
D’apparence de mauvaise mine, la cheftaine du Parti des travailleurs, animant hier une conférence de presse au siège de son parti, à Alger, n’en revenait pas. Pour elle, le PT «a été une cible d’une vengeance et d’une sanction à cause de ses positions en faveur des couches laborieuses et vulnérables de la société qu’il a adoptées lors de ses sorties dans la précédente APN».
Avec 11 sièges seulement, contre 24 dans les législatives de 2012, et en attendant la proclamation des résultats définitifs par le Conseil constitutionnel, le PT risque de ne pas pouvoir constituer un groupe parlementaire, si le CC revoit en baisse ce score. Hanoune s’est dite «refuser» les résultats annoncés la veille par le ministre de l’Intérieur et des Collectivité locales, et a affirmé que ces mêmes résultats ne représentent pas la réalité, et que le classement répond à une «carte politique établie, préalablement, par l’Administration». Elle estime, en outre, que son parti a été, sur le terrain, «le premier vainqueur de ces législatives», y compris dans la Capitale, mais que l’Administration lui «a extorqué des sièges», le rendant, ainsi, la première victime de la fraude. En ce sens, elle a fait savoir que son parti a introduit des recours pour tenter de récupérer les sièges, qu’elle estime lui revenant légitimement; car «son parti a été le seul à avoir mener une véritable campagne, et bénéficiant d’une véritable base populaire». En plus, Hanoune menace même de procéder autrement, et de prendre les mesures nécessaires si l’Administration ne répond pas, favorablement, à ses revendications. Dans sa lecture pour la composante de la prochaine APN, Hanoune a estimé que l’Histoire, depuis 1997, a montré que «chaque Assemblée est pire que sa précédente», en affirmant: «Je n’ai même pas envie de me tuer au sein de cette Assemblée», du fait que ses députés, vu leur nombre ainsi réduit, vont se retrouver, seuls, face aux partis majoritaires et au pouvoir. Va-t-elle pour autant renoncer à son mandat à l’APN? «Non», répond Hanoune, qui s’est dite «respecter le mandat parlementaire».
Mais, elle dit aussi être en faveur du travail sur terrain, car «une opposition dans la prochaine APN est synonyme d’une Cathédrale au milieu du Désert. S’agissant de la question des alliances, la dame de fer s’est montrée contre cette initiative, car, soutient-elle, «tous les partis ont exprimé leur acquiescement de la fraude», en s’exclamant même : «Je n’ai pas entendu la position des partis dénonçant une fraude!».
Quant à l’intégration du Gouvernement, elle a affirmé que son parti n’ira que s’il «obtiendrait la majorité». Sur ses déclarations, à propos de la fraude électorale, Hanoune dit en détenir des preuves (enregistrement audiovisuels et des PV falsifiés) sur des cas de dépassements au niveau des centres et bureaux de vote, «enfreignant, ainsi, la Constitution du pays». Plus grave encore, même une partie des magistrats, selon Hanoune, ont «cautionné le bourrage des urnes» et que la période entre 16 et 17 heures du jour du scrutin étaient le moment où il a été «enregistré des cas de fraude». Elle en veut pour exemple, une magistrate de Réghaïa qui «a laissé transférer plus de 4 000 voix au profit du FLN». À la wilaya d’EL-Oued, ajoute Hanoune, «c’est le wali, en personne, qui a ordonné le bourrage des urnes». Selon Hanoune, «tous les centres de vote à Oran ont fait objet de fraude à travers la falsification des PV» et d’autres cas encore, selon elle, ont été enregistrés à Guelma, Annaba, Djelfa et Bouira. Des wilayas parmi tant d’autres, dans lesquelles le PT a appelé à l’organisation d’une autre opération de vote pour réparer le préjudice dont entend parler la patronne du PT. Des cas de violence ont été signalés aussi «contre des militants et observateurs», fait remarquer Hanoune, comme c’est le cas d’ex-députés et candidats de son parti à Guelma.
Ainsi, Smaïl Guadria, cadre et député sortant, «a été victime d’agression à 3 heures du matin, le jour du scrutin, par des jeunes en état d’ivresse», a-t-elle accusé sans nommer. À propos de ses premières impressions sur ce scrutin, Hanoune dit que «les législatives de 2017 marquent la fin d’une période, et le début d’une autre. La période d’une activité, même biaisée au sein de la précédente APN à cause de la fraude et l’intrusion de l’argent sale, et l’hégémonie de l’Assemblée, ne permettant ainsi qu’un travail de façade, est révolu. Car, le pouvoir est dans une impasse et une crise qui le rend intolérant à l’adresse des partis d’exprimer la voix du peuple», note la conférencière. Face à cette tendance de «bâillonnement du parti», estime Hanoune, le PT se trouve dans l’obligation «de recourir à la rue pour faire entendre sa voix à travers la mobilisation générale, et la sensibilisation des citoyens».
Hamid Mecheri