Messah

En déplacement hier à l’Est de la Libye : Messahel ou le messager de la paix

Arrivé hier à Al Bayda, à l’est de la Libye, dans le cadre d’une visite de travail suivie par un déplacement dans d’autres localités et régions libyennes, le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue arabe, Abdelkader Messahel, part en terrain miné, de par le bouleversement de la situation en cours au sud de ce pays, caractérisée par des affrontements entre les parties libyennes.
La tournée du ministre Messahel, s’inscrivant dans la dynamique des efforts consentis par l’Algérie, pour aider les acteurs libyens rivaux à dépasser leurs divergences pour dégager un consensus autour d’une dynamique politique inter-libyenne, seule voie à même de prémunir la Libye du pire scénario qui la guette, sur fond du chaos dans lequel le pays est plongé depuis six ans. Accueilli à son arrivée, hier matin, à l’aéroport international Al-Abrak, d’Al Bayda, à l’est libyen, par plusieurs personnalités locales, cette visite de Messahel en Libye est la deuxième du genre, après celle d’avril dernier, qui l’a conduite, à la capitale libyenne, Tripoli, la première du genre, faut-il le noter, qu’accomplit un ministre d’un pays voisin à la Libye et des pays des scènes arabe et africaine. Soucieuse mais aussi inquiète sur la situation cahotique, dans laquelle elle a été plongée, suite à la crise survenue dans le pays, il y a six ans, qui s’est vite transformée en crise armée, précipitant l’intervention militaire étrangère de l’Otan dans ce pays, la Libye et son peuple peinent à renouer avec la sécurité et la paix ainsi que la stabilité politico-institutionnelle, conditions fondamentales outre incontournables pour que le pays puisse sortir du bourbier dans lequel il est plongé, depuis six ans.
Alors que les rivalités persistent entre le gouvernement d’union nationale libyen (GNA) reconnu par la communauté internationale et celui de Tobrouk, la visite de Abdelkader Messahel intervient, au moment où les deux camps s’affrontent directement, depuis près d’un mois, dans le sud libyen, pour le contrôle notamment de la base aérienne de Tamenhant, près de la ville de Sebha, à plus de 600 km au sud de Tripoli.
La montée d’un cran des tensions, notamment dans cette région du pays entre les principaux acteurs de la scène libyenne, le GNA et le maréchal Khalifa Haftar, à la tête de l’Armée nationale libyenne (ANL) fait craindre le pire pour la Libye et son peuple, des affrontements au sud libyen, qui ont fait réagir le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Indiquant dans sa réaction sur la tournure prise par les évènements, dont les plus récents au sud libyen que c’est les problèmes politiques non abordés qui sont à l’origine du chaos qui règne en Libye, le SG de l’ONU a souligné aussi, que le chaos libyen est dû aussi à « la multiplicité des acteurs armés sur le terrain avec des agendas conflictuels » a-t-il précisé.
L’Algérie qui n’a cessé de prôner la solution politique à la crise libyenne, a appelé sans cesse à un dialogue franc et inclusif entre les frères libyens, consentant des efforts dans ce sens, outre les rencontres avec les acteurs libyens, dont celles avec Fayez Serraj et le maréchal Haftar.
Le voyage de Messahel en Libye, vise «à rapprocher les positions des frères libyens pour une solution politique durable à la crise » que traverse le pays, à travers le dialogue inclusif inter-libyen et la réconciliation nationale, qui « préserve l’intégrité territoriale de la Libye, sa souveraineté et l’unité et la cohésion de son peuple» est-il indiqué, dans le communiqué du ministère des Affaires étrangères, annonçant la visite en question de Messahel en Libye. Il est à rappeler que cette visite « sera suivie par une autre qui concernera d’autres localités et régions de ce pays frère et voisin» selon la même source.
Karima Bennour