Autoroute Est Ouest

En attendant l’entrée en service des points de péage : 6 milliards de dollars pour réparer l’autoroute Est-Ouest

L’entrée en service des points de péage au niveau de l’autoroute Est-Ouest ne se fera pas avant 2020 en regard du rythme d’avancement de l’opération de réalisation dont le taux d’achèvement n’a pas dépassé le cap des 71%, ce retard dans la mise en exploitation des centres de péage accentue les difficultés qu’accusent les pouvoirs publics en matière d’entretien et de préservation de l’autoroute face à la dégradation qui touche déjà cette infrastructure stratégique.
Pour les responsables du département des Travaux publics et des Transports, la dégradation de certains tronçons de l’autoroute Est-Ouest est qualifiée de « normale », au vu, argumentent t ils de la durée de sa mise en exploitation qui se rapproche de 10 ans, ainsi que la densité du trafic routier quotidien que connaît cette autoroute.
Il faut savoir qu’une enveloppe financière de 90 milliards de DA est réservée annuellement pour l’entretien des différents axes du réseau routier au niveau national auxquels devraient se greffer les coûts d’entretien de l’autoroute impliquant un autre souci financier qui pèse désormais lourdement sur les budgets de l’État. D’après une étude-évaluation orchestrée par le Club des grands risques, la rectification des défauts recensés dans les différents projets réalisés jusque-là dans le cadre des différents programmes d’investissements publics nécessiterait plus de 100 milliards de dollars, Au niveau de l’autoroute Est-Ouest, pas moins de cent points noirs à corriger ont été recensés. Leur réhabilitation demande la mobilisation de ressources financières très importantes et qui reste difficile à assurer en ces temps de difficultés financières.
Sur les plus de 100 milliards de dollars qui sont nécessaires pour la correction de toutes les carences et les malfaçons recensées jusque-là dans les différents projets réalisés, il faudrait au moins 6 milliards de dollars (soit plus de la moitié de son coût de réalisation) pour réparer les imperfections de l’autoroute Est-Ouest, où on dénombre une centaine de points noirs.
Pour leur part, les experts du Centre national de contrôle technique des travaux publics (CTCT) estiment que les 90 milliards de Da allouées à l’entretien du réseau routier sont loin d’être suffisants pour la préservation du patrimoine routier, vu l’état de nos routes, dont une partie date de l’époque coloniale. De son côté et interrogé à ce sujet, l’actuel ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaâlane, ne juge pas pertinent de polémiquer sur ce sujet et se contente d’assurer que l’inauguration de l’ensemble des points de péage se fera en 2019 sans plus de précisions, sinon que les tarifs de péage ne sont pas encore été fixés. Sur un autre registre, le ministre des Travaux publics et des Transports a annoncé la programmation d’une extension du réseau ferroviaire national grâce à la réalisation, en cours, de 2 300 km de lignes à l’échelle nationale, lesquelles s’ajouteront aux 4 200 km déjà opérationnelles. La réalisation de cette extension portera la longueur du réseau ferroviaire national à 6 300 km à l’horizon 2030.
Dans ce même contexte, M. Abdelghani Zaâlane a indiqué que plus de 60 millions de voyageurs et de 17 millions de tonnes de marchandises/an seront transportés par les lignes du réseau ferroviaire national à l’horizon 2021/2022. Dans cette perspective, tous les moyens ont été mobilisés en vue de la réhabilitation de 202 locomotives, actuellement en cours d’installation sur le réseau ferroviaire national qui a également bénéficié de travaux de maintenance, outre l’acquisition et la mise en service de 22 locomotives de type Coradia.
Zacharie S Loutari