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Élections locales du 23 novembre : Le plan anti-abstention en marche

Depuis la convocation du corps électoral par le président de la République, le Gouvernement, à travers le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, tente de réunir tous les ingrédients pour réussir les Locales du 23 novembre prochain. Cependant, la participation reste un enjeu de taille dans ce scrutin qui se veut décisif, tant est que, il s’inscrit dans la continuité du processus démocratique.

Autrement dit, le spectre de l’abstention massive plane sur ce rendez-vous et pousse le Gouvernement à investir davantage en lançant la campagne « anti-boycott ».
Outre l’opération de révision exceptionnelle des listes électorales, qui s’est achevée hier, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et l’Aménagement du territoire a mis en place, tout au long de l’opération une large campagne de sensibilisation incitant les citoyens à se rendre massivement aux urnes. Spots publicitaires, pancartes, mise en place des bureaux mobiles dans les nouvelles cités pour servir à la réinscription des électeurs relogés…. le ministère a mis le paquet en prévision de ces joutes. De ce fait, tout au long des quinze jours dédiés à la révision exceptionnelle des listes, des annonces publicitaires ont été diffusées à longueur de la journée sur la télévision et la radio, pour inviter les citoyens et citoyennes âgés de 18 ans révolus le 23 novembre 2017 et non inscrits à demander leur inscription sur la liste électorale de leur commune de résidence. Par ailleurs, même le plan d’action du Gouvernement est revenu sur la question des élections locales. En effet, celui-ci a assuré que « le gouvernement veillera à réunir toutes les conditions prévues par la loi pour l’organisation des élections des APC et APW dans la tranquillité, la sérénité, et la transparence ».
Entre autres, il a été procédé à l’installation jeudi dernier de la commission nationale chargée de la préparation et de l’organisation de ce rendez-vous électoral. Présidée par le Premier ministre, cette commission regroupe les ministres des secteurs impliqués dans l’organisation des élections, à leur tête les ministères de l’Intérieur et de la Justice ainsi que les Services de sécurité.
Rappelons qu’au total 23.251.503 électeurs étaient inscrits sur les listes électorales lors des législatives du 4 mai 2017, contre 22.880.678 lors de l’élection présidentielle de 2014 et 21.445.621 lors des élections locales de 2012. Seulement 38% de ces inscrits se sont rendus aux urnes le 4 mai dernier. Jamais un taux d’abstention n’aura été si fort pour des législatives. Pour ce second défi électoral de 2017, les partis au même titre que l’Etat appréhendent, dores et déjà un autre taux d’abstention élevé. Ces derniers devraient s’engager davantage dans une campagne électorale avant l’heure, s’ils veulent éviter le même scénario que les Législatives-2017. Le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, avait appelé à une «forte mobilisation» pour assurer la réussite des élections locales, les qualifiant de «rendez-vous important qui contribuera à la consolidation des institutions constitutionnelles et à la consécration de la démocratie». Reste à savoir si cette déclaration va dissuader les « boycotteurs » des plus réticents à l’idée de glisser l’enveloppe dans l’urne.
Le ministère de l’Intérieur a tenu, par ailleurs, à rappeler aux partis politiques désirant constituer une alliance à l’occasion de ces élections, les dispositions de l’article 73 de la loi organique de 2016 relative au régime électoral, précisant notamment qu’en cas d’alliance entre deux partis politiques et plus, celle-ci doit être constituée par les premiers responsables des partis politiques qui la composent et doit revêtir un caractère national. À noter qu’après les élections législatives du 4 mai dernier, les élections locales de novembre constitueront le deuxième rendez-vous qu’aura à superviser la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), créée en vertu des dispositions de la Constitution amendée en 2016 en tant que garantie supplémentaire de la transparence et de la probité des rendez-vous électoraux. Une entité sur laquelle repose la responsabilité de protéger la voix de l’électeur.
Lamia Boufassa