Port d'Alger

D’une valeur de 11 millions de dollars/an : Les exportations algériennes vers la France jugées «insignifiantes»

Le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (ANEXAL), Ali Bey Nasri, a jugé, hier, les exportations algériennes vers la France de limitées, voire insignifiantes, car elles ne représentent que 11 millions de dollars par an. Des déclarations, faut-il le souligner, qui interviennent le jour de la visite du président Macron en Algérie et à la veille de la tenue, à Paris, du comité intergouvernemental de haut niveau algéro-français. «Les exportations algériennes vers la France sont minimes. Nous exportons essentiellement des pesticides et quelques produits agricoles, dont essentiellement des dattes, pour un montant de 11 millions de dollars par an seulement », a déclaré Ali Bey Nasri sur les ondes de la Radio algérienne. Estimant que le marché européen en général et français en particulier, est très «prometteur» en raison de l’importante communauté algérienne installée dans ces pays, l’intervenant a regretté que les opérateurs algériens aient du mal à conquérir ces marchés et à bénéficier de cet atout. S’étalant sur les difficultés que rencontrent les opérateurs économiques algériens et qui entravent la croissance de leurs exportations, l’intervenant a jugé que l’absence d’une vision claire et d’une stratégie complète est la principale raison de cette «stagnation». Ainsi, le président de l’Anexal est revenu sur l’irrégularité des opérations d’exportation, expliquant que certaines entreprises pêchent par manque d’expérience, et absence de vision claire, de stratégie et de business-plan. « Aujourd’hui nous voyons une volonté au sein du Gouvernement à promouvoir les exportations, mais les derniers staffs gouvernementaux n’avaient pas établi une stratégie concrète sur le terrain », a-t-il déploré, estimant qu’il est temps de mettre en place une « vision claire » pour arriver à conquérir ces marchés mondiaux. Même s’il dresse un tableau noir de la situation, il a cependant tenu à souligner qu’en 2017, les choses ont considérablement évolué. À cet effet, l’hôte de la Radio algérienne a rappelé que le «le plan d’action du gouvernement a consacré pour la première fois un volet pour la promotion des exportations, sans oublier que les politiciens ont épousé un discours en faveur de cet objectif ce qui démontre une volonté d’ouvrir de nouvelles perspectives pour l’économie». En sus, Ali Bey Nasri a affirmé que les entreprises ont subi une récession économique au cours des deux dernières années ce qui les a poussées à réfléchir à trouver d’autres alternatives pour commercialiser leurs produits. Autrement dit, la crise économique a fait considérablement rétrécir le marché, en raison de la dégradation du pouvoir d’achat des Algériens ce qui a «débloqué» la situation chez les entreprises, qui se sont retrouvées contraintes d’innover en matière de stratégies commerciales. Prédisant une hausse significative des exportations hors hydrocarbures pour l’année prochaine, le président de l’ANEXAL a indiqué que pour l’heure seules 800 entreprises activent dans l’exportation, dont la majorité manque d’expérience. «En tant qu’association nous accompagnons ces entreprises, et nous leur procurons un certain savoir faire pour les encourager», a-t-il dit tout en plaidant à promouvoir les réseaux de distribution, qui constituent une des entraves les plus importantes pour ces exportateurs. Aussi, l’intervenant a recommandé d’améliorer la qualité de la marchandise algérienne pour être en normes avec les marchés européens, qui sont plus exigeants que le marché national. Enfin, pour conclure le président de l’ANEXAL a appelé à revoir certaines lois sur le plan financier qui entravent l’essor des exportations, à leur tête l’article dans la loi de la monnaie et du crédit relatif à la domiciliation bancaire préalable, estimant que celui-ci doit être appliqué seulement sur les importations.
Lamia Boufassa