Opep

Du report de la reconduction de l’accord pétrolier ? Le futur président de l’Opep n’en voit «aucune raison»

Dans son rapport mensuel, publié hier, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) révise légèrement à la baisse l’augmentation de la demande en pétrole pour 2017 et 2018. La raison invoquée ? Une météo plutôt «clémente» et une «hausse des cours», précisant que la progression de la demande a ainsi été revue à la baisse de 0,1 millions de barils par jour (mbj) sur cette période. De son côté, le ministre de l’énergie des émirats arabes unis, dont le pays assurera la présidence tournante de l’Opep l’année prochaine, ne voit aucune raison «pour reporter la décision de la reconduction de l’Accord pétrolier» au-delà du 30 novembre, estime-t-il lundi.
Les cours du pétrole ont fini, lundi, sur le marché new-yorkais Nymex, sur une note stable, réagissant aux tensions dans la région du Moyen-Orient et également des prévisions d’une hausse, annoncée, de la production aux états-Unis. Pour le contrat de décembre prochain, le brut léger américain (WTI) a gagné 2 cents, pour marquer la barre des 56,76 dollars le baril, soit proche des pics enregistrés durant deux ans, marquant une hausse de 14% depuis le début du mois. Pour le Brent, son cours, a fini par perdre, lundi, 36 cents, pour se stabiliser à 63,16 dollars le baril. Le rapport de l’AIE indique que, côté offre, la production des pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a reculé de 80.000 barils par jour, en octobre dernier, précisant que l’Algérie, l’Irak et le Nigéria ont pompé moins de brut et la production des pays en dehors du cartel pétrolier «a augmenté » est-il précisé. « Des prix plus élevés et des températures d’hiver relativement douces (dans l’hémisphère nord) ont contribué » selon l’AIE «à une révision à la baisse de notre prévision de la demande » explique l’agence dans son rapport.
L’équilibre du marché, l’année prochaine, poursuit l’AIE «ne semble pas aussi solide que certains l’aimeraient » relève l’AIE, alors que les cours «se sont nettement repris dernièrement » ajoutant qu ‘«Il n’y a pas de nouvelle normalité concernant les cours. ». à moins de deux semaines de la réunion des signataires de l’Accord de l’OPEP portant sur la réduction du niveau de production, à Vienne, les 29 et 30 novembre, les pays membres du Cartel, plus la Russie et neuf autres producteurs, en l’occurrence, l’Opep table, selon son rapport mensuel, sur une hausse de la consommation de l’or noir, estimée à 1,53 mbj, cette année contre 1,45 mbj auparavant. Les indicateurs et les déclarations de responsables des pays signataires de l’Accord penchent vers sa reconduction au-delà de mars 2018. Le ministre de l’énergie des émirats arabes unis, Souhail ben Mohamed al Mazroui, a fait savoir, lundi dernier, «ne voir aucune raison » de reporter la décision de la reconduction de l’Accord, au-delà du 30 novembre, date de la réunion de Vienne.
Son homologue d’Oman s’est dit, quant à lui «confiant » de voir la réunion de Vienne adopter la reconduction de l’Accord des pays membres et non membres de l’Opep, déclarant «je ne vois pas la nécessité de repousser la décision au mois de mars (…) » précisant, a-t-il poursuivi « nous n’avons pas prévu de se voir ce trimestre-là sauf réunion extraordinaire » a-t-il indiqué, lors d’une conférence sur l’énergie, lundi dernier, à Abou Dhabi. Après les déclarations des ministres de l’énergie de l’Arabie saoudite, de Russie et d’autres des pays membres et non membres de l’Opep engagés à poursuivre leur démarche de réduction du niveau de leurs productions respectives selon le tableau des quotas, c’était au ministre de l’énergie des émirats arabes unis, Souhail ben Mohamed al Mazroui, dont le pays occupera l’an prochain la présidence tournante de l’Opep, de dire être favorable à une prolongation de l’Accord, sans préciser si ce serait jusqu’à la fin de 2018. Le Cartel a dans son rapport, constaté qu’ une demande meilleure qu’anticipée en Chine au troisième trimestre et indique que l’an prochain, la consommation est attendue en hausse de 1,51 mbj, soit 130.000 bj de mieux que la prévision publiée, octobre dernier. Dans le but de rééquilibrer le marché pétrolier mondial, entre l’offre et la demande, en vue de stabiliser le prix du baril de l’or noir, à une valeur «satisfaisante», depuis l’entrée en vigueur de cet Accord, janvier dernier, le prix du baril de pétrole a cessé de dégringoler , enregistrant, ces dernier mois, une valeur pas moins de 50 dollars le baril pour atteindre les 64 dollars la semaine dernière, du fait de l’Accord certes mais aussi du recul des stocks pétrolier aux états Unis. Par ailleurs, l’Opep a revu à la baisse ses prévisions de croissance de la production d’or noir, montrant, selon le rapport « des signes croissants que le marché pétrolier avance doucement vers un rééquilibrage». L’Organisation des pays exportateurs de pétrole, plus la Russie et neuf autres producteurs, ont convenu, dans leur Accord, de réduire leur production de 1,8 million de barils par jour, et ce jusqu’à fin mars 2018, afin de stabiliser le marché mondial de l’or noir.
Karima Bennour