Family problem

Divorce en Algérie : La côte d’alerte !

Faut-il en convenir que le phénomène du divorce a pris de l’ampleur ces dernières années suite à des mutations profondes qui ont eu lieu dans notre société ? La question mérite d’être prise en charge par les sociologues pour tenter de cerner cette problématique qui est devenue une plaie béante dans la société. En effet, répondant à une question d’un membre du conseil de la nation , le ministre de la justice , garde des Sceaux TayebLouh a indiqué , jeudi dernier au conseil de la nation, que plus de 68 000 cas de divorce ont été enregistrés en 2017 sur un total de 349 544 mariages contractés, même ce chiffre est qualifié par le ministre de faible par rapport aux pays arabes et européens, il n’en demeure pas moins que toutes ces désunions ont des conséquences désastreuses, particulièrement sur les enfants en bas âge et leurs mères, car dès que le divorce est prononcé, c’est la galère; une sorte de piège qui se referme sur elles. Ces femmes se retrouvent le plus souvent sans logements et restent à la merci des affres de la rue lorsqu’elles ne trouvent pas refuge chez leurs familles. De ce fait, la détresse demeure aussi grande pour ces femmes qui ne travaillent pas et qui doivent subvenir aux besoins immédiats de leurs progénitures. Même si dans la majorité des cas, ces ex-époux se contentent d’envoyer le pécule de la pension alimentaire, ce qui est en soi loin de satisfaire tous les besoins de l’enfant, ces messieurs se refont une nouvelle vie avec d’autres femmes qui vont peut-être leur donner d’autres enfants, ce qui va compliquer encore plus la situations de ces enfants, victimes de la bêtise des adultes, et le cercle se referme alors sur ces femmes qui doivent se mettre en quatre pour éduquer leurs enfants, les scolariser, les habiller, et les nourrir. Même si cela reste une tragédie pour cette catégorie de femmes qui se retrouvent du jour au lendemain sans toit avec un ou plusieurs enfants sur les bras, parce que la femme divorcée qui retourne chez ses parents est perçue d’une certaine manière, et dans notre société, «persona no grata», de surcroît si elle retourne au bercail avec des enfants, donc, «tout plaide contre elle». Car, dans l’absolu, chaque cas de divorce formulé équivaut à une dislocation tout azimut de toute une famille, et ce sont les enfants et leurs mères dans la majorité des cas qui subissent les conséquences désastreuses de cet écroulement familial. Cela dit, face à ce phénomène inquiétant et rampant, d’où l’équation, comment protéger la famille algérienne de la dislocation du moment que le nombre des cas de divorces va crescendo sans possibilité de le réduire, à moins que des garde-fous soient instaurés pour que le recours au divorce ne soit pas systématique, surtout avec cette «nouveauté» qu’est «El kholâa» qui donne à la femme mariée la possibilité de divorcer de son époux, en contrepartie d’une somme d’argent qui reste à l’appréciation du juge. Il va sans dire, que cette nouvelle procédure a fait aussi son chemin, selon certaines informations, et beaucoup de femmes mariées ont fait cette requête, et elles ont eu gain de cause systématiquement. En tout état de cause, le recours au divorce continue à happer le destin de milliers de familles qui, du jour au lendemain, se retrouvent désunies par une simple décision du juge. Et de là commence le temps des incertitudes et des souffrances pour ces foyers qui volent en éclats.
Mâalem Abdelyakine