Inter libyen

Dialogue inter-libyen : Rencontre en vue entre Es-Serraj et Haftar

Les efforts consentis sur les plans régional et international, en vue d’amener les acteurs libyens à renouer avec le dialogue politique, se sont intensifiés, ces dernières semaines, notamment après la rencontre d’Abou Dhabi entre Fayez Es-Sarraj, président du Conseil présidentiel du gouvernement d’Entente nationale, reconnu par la communauté internationale, et le maréchal Khalifa Haftar, commandant des forces armées libyennes, suscitant beaucoup d’espoir, au regard des recommandations adoptées, au terme de leur réunion précitée, du 2 mai dernier, aux Émirats arabes unis.
La voie de l’amendement de l’Accord politique étant, enfin, adoptée par les deux hommes, tout laisse à croire que l’heure de voir le dialogue politique inter-libyen être lancé se précise, avec la rencontre prévue, demain, dans la capitale égyptienne, le Caire, entre Fayez Es-Sarraj et Khalifa Haftar, les deux principaux acteurs qui détiennent la clef de la solution politique en Libye.
Pays plongé, depuis six ans, dans une situation chaotique, profitant à l’apparition et le développement de l’activité terroriste et ses réseaux de ramification, cette situation est porteuse de risques majeurs pour la Libye et, de même, pour la région.
Après s’être engagé, à Abou Dabi, à aller sur la voie des amendements de l’Accord politique, les efforts d’acteurs, soutenant la solution politique, à travers un dialogue inter-libyen, loin de toute intervention et interférence étrangère, se sont accentués pour consolider les avancées enregistrées vers cette solution, outre de réunir les conditions nécessaires pour sa réussite.
S’exprimant sur sa visite à Alger, le lendemain de la tenue, lundi dernier, du 11e Conclave des pays voisins de la Libye, le responsable libyen, Fayez Es-Serraj, a affirmé que son déplacement «s’inscrit dans le cadre des rencontres continues entre l’Algérie et la Libye», se félicitant des efforts de l’Algérie visant, a-t-il poursuivi, «à trouver des solutions efficientes à la crise libyenne», avant d’indiquer qu’il était en visite à Alger pour «plusieurs questions importantes» avec les responsables algériens.
Dans un communiqué du président du Conseil présidentiel du gouvernement d’Entente nationale, peu avant son départ, à Alger, Fayez Es-Serraj a indiqué qu’il a rencontré un groupe d’officiers de l’Armée nationale, basé à l’Ouest du pays, qui s’inscrit dans une série, a-t-il indiqué «de réunions avec plusieurs personnalités et partis politiques libyens» qu’il a eues ces dernières semaines, ayant pour objectif principal, selon la même source, de «débloquer le dialogue national». Et c’est sur la base de l’Accord parrainé par les Nations unies pour mettre fin aux rivalités et aux violences qui déchirent le pays, depuis six ans, l’ensemble des acteurs libyens sont appelés à dialoguer, étant la seule voie du salut pour le pays et le peuple libyen, pour éviter de sombrer dans un point de non- retour.
Appelés à renouer avec le dialogue politique, dans un contexte difficile, les acteurs libyens, dont les principaux acteurs, devront relever le défi, celui de faire preuve de responsabilité historique, outre politique, pour voir le pays renouer avec la vie politico-institutionnelle. Avec ces avancées notables, rendues possibles, avec le recul de la primauté des divergences ayant miné les rapports entre les Libyens, l’ONU est appelée, plus qu’avant à faire preuve de responsabilité, à l’encontre d’acteurs sur la scène libyenne, qui risquent de ramer à contre sens de ce qui vient d’être accompli à ce jour, pour que la Libye et son peuple renouent avec la quiétude, la sécurité et la vie politico-institutionnelle.

Lettre de Berlin et Rome à l’UE sur l’immigration clandestine, via la Libye, suscite inquiétudes et interrogations
Alors que le discours politico-médiatique met en avant la détresse humaine des migrants embarqués sur des bateaux de fortune, pour une traversée vers la mort, avant d’avoir penser qu’elle les mènerait à l’Eldorao européen, qu’on leur a longtemps miroité, les ministres de l’Intérieur de Berlin et de Rome ont co-signé une lettre adressée à la Commission européenne recommandant une mission de surveillance de l’UE, à la frontière nigéro-libyenne, pour lutter contre l’immigration clandestine.
Les ministres, allemand et italien, respectivement, Thomas de Maizière et Marco Minniti, préconisant, à terme, une mission européenne en question, ils ont indiqué que celle-ci aurait vocation à rester dans la région.
Pour le gouvernement italien, cette mission de surveillance européenne à la frontière nigéro-libyenne n’aurait de sens que si elle s’accompagne d’initiatives pour le développement de l’Afrique, une manière d’afficher et de montrer que les membres de l’UE ne perdent pas de vue les causes à l’origine de ce phénomène, qui n’a cessé de prendre de l’ampleur, d’année en année, depuis les années 2000.
Ce qui posent des interrogations sur les réelles visées escomptées, par la recommandation, dont ont fait part Thomas de Maizière et Marco Minniti, alors que des rapports d’ONGs et d’organisme internationaux, dont ceux de l’ONU, mettent en avant les désengagements occidentaux, -les pays riches- à soutenir le développement dans des pays africains, notamment ceux émetteurs des migrants. À cela s’ajoute les tensions, conflits et les guerres sur fond de la course des puissants de ce monde, vers le contrôle des ressources naturelles et des voies d’approvisionnement en énergie, et dont l’Afrique est au cœur.
Si des interventions militaires occidentales, dans des pays, se sont produites sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme, pour des observateurs avérés, la lutte contre l’immigration clandestine constitue, pour des acteurs sur la scène internationale, un prétexte pour s’installer dans des pays africains ou sur leurs frontières, comme le préconisent les ministres de l’Intérieur d’Allemagne et d’Italie, dont le ministère italien de l’Intérieur argumente son approche, de l’augmentation de 18%, selon lui, du nombre de migrants sur la route de la Méditerranée centrale. Et pour y remédier, selon Rome, la solution est l’installation d’une mission de l’UE, sur les frontières nigéro-libyenne, alors que le phénomène s’est nettement amplifié, depuis six ans, en raison du chaos dans lequel la Libye a été plongée, depuis six ans, après l’intervention militaire de l’Otan, en 2011, dans la crise libyenne. La lettre co-signée par les ministres de l’Intérieur, d’Allemagne et d’Italie a été traité, par des médias occidentaux, au moment où des membres d’une ONG occidentale en charge des migrants sont au cœur d’un scandale, car soupçonnés d’être impliquer dans le trafic des réseaux des passeurs de migrants.
Karima Bennour