Pomme de terre

Déstokage de 70 000 tonnes de pomme de terre : Et… gare aux spéculateurs !

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdeslam Chelghoum, a indiqué, hier à Alger, que l’État a procédé, dans le cadre de la régulation des prix de la pomme de terre sur le marché, au déstockage de 70 000 tonnes depuis le début de ce mois. À s’interroger, maintenant, si cette décision va aller dans le sens d’endiguer la spéculation.

«Un stock important destiné à la régulation du marché en pomme de terre est mis en place depuis 3 jours. On a commencé à mettre à la disposition des citoyens ces quantités pour agir sur cette spéculation, et faire en sorte à ce que les prix reprennent leur nature», a-t-il affirmé. La spéculation est encore mise en cause par ce ministre, qui a qualifié ses meneurs de «mains sales qui jouent avec ce produit, en vidant les poches des citoyens». En effet, pour cette fois-ci le ministère semble en trouver la parade face à ces spéculateurs. Chelghoum a annoncé, à cet effet, que les services du département de l’agriculture n’opteront pas à l’alimentation des marchés de gros de ces quantités en pomme de terre, comme fut la pratique auparavant. Pour le ministre, les spéculateurs trouvent leurs comptes en intervenant et en imposant leurs lois dans les marchés des fruits et légumes. Cependant, un nouveau dispositif est mis en place pour assurer que le produit arrive, directement, aux citoyens. La mise en place de ce dispositif va permettre, selon le ministre, de freiner et de baisser les prix de la pomme de terre à 40 ou 50 DA. Interrogé sur ce nouveau dispositif, le ministre de l’Agriculture a souligné qu’«un travail extraordinaire est effectué par le ministère de l’Agriculture pour vendre et faire arriver la pomme de terre, directement, aux citoyens». S’agit-il d’une énième tentative du ministère de l’Agriculture pour réguler les prix de ce produit très consommé par les Algériens, et qui n’a de cesse de faire l’actualité avec des prix qui dépassent tout entendement? Ce qui est sûr, c’est que seuls les prochains jours nous le diront. Par ailleurs, le ministre n’a pas hésité de qualifier le renchérissement que connaissent les autres fruits et légumes d’«anormal» et d’«inacceptable». Répondant à une question d’un journaliste dans ce sens, le ministre a indiqué : «Je suis tout à fait d’accord avec vous, par rapport à la frénésie que connaissent les prix de quelques produits, mais il faut aussi noter que la plupart de ces légumes ne sont pas encore en pleine saison. Les produits provenant des cultures des serres produites dans les wilayas d’El-Oued et Biskra induisent des frais supplémentaires à la différence des produits des champs et en pleine saison».
Toutefois, Chelghoum a tenu à rassurer la population quant aux prix de ces fruits et légumes qui vont se stabiliser en mois de mai, et l’entrée des récoltes en pleine saison. Par ailleurs, le ministre, qui a présidé hier la réunion d’évaluation du bilan de l’Office national des terres agricoles, à l’Institut national de la recherche en agronomie (Inra), a fait savoir que son département est en train de finaliser un projet de loi sur la protection des terres agricoles. Ce texte de lois devra atterrir, prochainement, sur le bureau du Premier ministre et puis au Secrétariat national du gouvernement pour des consultations.
Selon le ministre, ce texte de lois prendra en charge le cadastrage et les procédures des transferts des terres agricoles offertes dans le cadre de concession de l’État de ces terres dans des cas spécifiques, comme en cas de décès de bénéficiaires.
Des mesures qui vont, selon le ministre, dans la préservation de la nature des terres agricoles et leur détournement pour d’autres objectifs. Le ministre a considéré que «l’abandon et la non-exploitation des terres agricoles est un crime économique inacceptable dans la conjoncture actuelle», soulignant que «la porte est ouverte à toutes les personnes qui ont des intentions d’investir dans l’agriculture, mais pas à ceux qui ont d’autres objectifs, car les choses ont changé».
Hamid Mecheri