Marche

DÉSAVEU AU PARLEMENT EUROPÉEN ET SOUTIEN À L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE : Des milliers de citoyens marchent à Alger

À l’appel de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), des milliers de citoyens du secteur public, issus de plusieurs wilayas du pays, se sont rassemblés, hier, devant le siège de la Centrale syndicale, sise à la maison Abdelhak Benhamouda, jouxtant la place du 1er Mai d’Alger.

La Centrale syndicale a été ainsi le lieu de rencontre des manifestants qui peu après 10H du matin environ, ont entamé une marche qui s’est ébranlée de la rue Hassiba Ben Bouali en passant par le boulevard Amirouche vers la Grande Poste. À travers cette action, les manifestants ont dénoncé la résolution du Parlement européen sur l’Algérie adoptée jeudi dernier ; du moins comme mot d’ordre initial donné la veille par l’UGTA à ses adhérents-travailleurs. Autrement, exprimer «le refus ferme du monde du travail à l’ingérence étrangère». Le coup d’envoi de la marche qui a démarré de la Maison du peuple, a été donné par le SG de l’UGTA, Salim Labatcha, qui a affirmé que «les forces étrangères hostiles à l’Algérie n’ont pas apprécié le caractère pacifique du mouvement populaire pacifique», ce qui « les a poussées », a-t-il ajouté, à recourir à « la politique de provocation à l’encontre du peuple algérien».
Aussi, au cours de cette manifestation, qui a drainé des milliers de citoyens, les marcheurs ont brandi des pancartes exprimant leur adhésion à la prochaine présidentielle du 12 décembre ainsi qu’un soutien à l’ANP dans l’accompagnement du processus électoral en cours. Durant l’itinéraire de la marche, les manifestants ont dénoncé « la résolution adoptée par le Parlement européen sur «la situation des libertés en Algérie », la qualifiant d’« ingérence flagrante dans les affaires internes du pays».

Un soutien à la présidentielle du 12 décembre
Cette action a été également marquée par un important dispositif sécuritaire déployé en la circonstance pour encadrer et sécuriser la manifestation. Et pour cause, d’autres manifestants étaient là pour répondre d’une «contre-manifestation» pour dire «non aux élections». D’où une tension qui est montée des deux camps. En effet, les manifestants qui ont répondu à l’appel de l’UGTA ont souligné de vive voix et à travers les pancartes déployées à cette occasion « l’importance de la participation massive au scrutin fixé au 12 décembre prochain, en vue de mettre en échec les plans des comploteurs contre l’Algérie et ses ennemis».
Ils ont également appelé « au resserrement des rangs, afin de faire face aux tentatives de déstabilisation de l’Algérie».

Des arrestations parmi les «contre-manifestants»
À la rue Hassiba Ben Bouali, Les marcheurs scandent, à gorge déployée : «Djich chaâb Khawa khawa ! W’led frança mâa el khawana !» (Peuple et Armée sont unis contre les traitres enfants de la France), «Oui pour l’élection présidentielle !» «One, two three, viva l’Algérie !» et «Djeïch, chaâb mâa Gaïd Salah !» En parallèle aux marcheurs, un important groupe de jeunes, composé de filles et garçons, s’est rassemblé pour essayer de perturber les marcheurs en scandant: «Daoula madania machi askaria», (État civil et non pas militaire), «Pas d’élections…» Toutefois, cette vive réaction des jeunes hostiles aux élections a été vite contenue par des policiers en tenue civile, qui ont procédé à plusieurs interpellations, parfois musclées dans leurs rangs. D’ailleurs, au niveau de la Grande Poste, d’autres tentatives de jeunes remontés contre les marcheurs de l’UGTA ont tenté, mais en vain, de faire échouer cette action de soutien aux élections et de dénoncer la résolution du Parlement européen sur la situation des libertés en Algérie.
Mohamed Amrouni