SNATEGS grève

Des travailleurs sont sortis dans la rue pour exprimer leur désarroi : Le 1er mai de la protesta !

C’était sous le signe de la contestation que la Journée internationale des travailleurs a été célébrée, hier, en Algérie. À Béjaia comme à Oran, des travailleurs de plusieurs secteurs d’activités ont investi les rues, en organisant rassemblements et marches afin d’appeler au respect des libertés syndicales et à l’amélioration des conditions de travail. Bien que ces deux mouvements soient organisés dans deux endroits différents, les revendications et les préoccupations exprimées sont, toutefois les mêmes. Le Syndicat national des travailleurs d’électricité et de Gaz (SNATEGS) affilié à la Confédération générale des travailleurs en Algérie, ainsi que l’intersyndicale composée de 15 syndicats autonomes de différents secteurs de la Fonction publique ont réussi leur pari durant la journée d’hier qui était sensée être fériée. En effet, selon le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation, Boualem Amoura, pas moins de 5 000 personnes venues des 48 wilayas du pays ont participé à la marche de l’intersyndicale entamée depuis le stade jusqu’au siège de la wilaya de Béjaia. Amoura a souligné que la marche pacifique s’est déroulée dans de très bonnes conditions. «Il n’y a pas eu de débordements ni d’affrontements avec les forces de l’ordre. Nous n’avons pas été empêchés de contester», a-t-il dit. Rappelant les principales revendications de l’intersyndicale qui consistent au maintien de la retraite anticipée, la protection du pouvoir d’achat, et la modification de certains articles du nouveau code du travail, Amoura a souligné que le date du premier mai était un symbole de lutte et de combat des travailleurs. «L’intersyndicale continuera à lutter jusqu’à la satisfaction totale des ses revendications», a-t-il conclu. Pour ce qui est du rassemblement organisé par les travailleurs d’électricité et de gaz à la wilaya d’Oran, les choses n’ont pas été aussi faciles. Selon le secrétaire général du SNATEGS, Abdelakder Kouafi, les contestataires ont eu du mal à atteindre l’explace de la victoire ou devait se tenir le rassemblement. « Il y a eu un grand déploiement de la police au niveau des axes qui mènent vers le lieu de rendezvous. Beaucoup de personnes ont été contraintes de retourner vers leurs wilayas », a-t-il déploré. Quant aux dirigeants du syndicat, ces derniers ont été bloqués dans un immeuble et n’ont pu en sortir que difficilement, poursuit-il. Tout en dénonçant toute cette répression, Kouafi s’est indigné contre l’application de la politique des deux poids deux mesures dans deux villes qui appartiennent au même pays. « Pourquoi à Béjaia, les travailleurs n’ont pas été empêchés d’organiser leur action alors qu’ici à Oran nous avons été réprimés », s’est-il interrogé dans ce sens. Malgré cela, affirme-t-il, plus de 1500 travailleurs ont pu, tout de même, faire face à la police et tenir le rassemblement pour lequel ils avaient fait des milliers de kilomètres. VERS

UNE AUTRE GRÈVE DE TROIS JOURS À PARTIR DU 9 MAI

Le SNATEGS a, par ailleurs, annoncé l’organisation d’un troisième mouvement de grève devant être entamé du 9 au 11 mai prochain. Dans un communiqué rendu public, le syndicat a annoncé également l’organisation d’un sit-in national au niveau de la Grande poste à Alger, pour exiger le respect des libertés syndicales «inexistante au niveau du groupe Sonelgaz». Le Snategs souligne, à ce propos, vouloir se réserver le droit de tenir ce rassemblement sans préavis. En outre, il a lancé un appel à ses adhérents de Tébessa, Oum El Bouagui, Mila, et Sétif pour tenir des rassemblements au niveau de leurs directions respectives, aujourd’hui, pour exiger la levée sans conditions des sanctions, et l’arrêt immédiat des intimidations et pressions exercées sur les travailleurs visant leur asservissement et leur humiliation. Dans son communiqué, le Snategs a, d’autre part, dénoncé « des violations quotidiennes par le groupe Sonelgaz des lois algériennes et internationales, faisant fi de toutes les valeurs morales ». Il a exhorté pour conclure l’intervention rapide du gouvernement pour mettre un terme à la « dictature » pratiquée par les dirigeants du groupe contre les travailleurs et syndicalistes qui revendiquent leurs droits socioprofessionnels légitimes.

Ania Nait Chalal- NB