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Des transformations de la loi sur les hydrocarbures pour capter les IDE : Des actions économiques dépendantes d’un consensus politique

Le Conseil des ministres, réuni en fin de semaine, sous la présidence du président de la République a examiné et adopté le Plan d’action du Gouvernement, ainsi que plusieurs lois organiques et décrets présidentiels, dont le plus en vue porte sur l’approbation de contrats ou d’avenants à des contrats pour la recherche et l’exploitation des hydrocarbures.

Les orientations présidentielles données à l’action d’Ouyahia, à un moment où la fonte des réserves de changes fait augmenter les soucis de financements hors hydrocarbures, tendent à éviter « toute panne de développement et arriver à préserver l’indépendance économique et financière au-delà des clivages, y compris politiques ».
Il faut s’arrêter sur ce « au-delà des clivages » du Président, très instructif de l’état d’esprit de l’heure : « Il appartient à chacun de nous, par-delà de tout clivage, y compris politique, de s’associer à la préservation de l’indépendance économique et financière du pays, par l’adhésion aux réformes et aux efforts que cela requiert ». Il faut prendre la situation dans l’état, c’est-à-dire qu’aujourd’hui, l’ouverture du capital dans le secteur des hydrocarbures ne trouve pas preneur, que les mesures énoncées ne séduisent pas les investisseurs, non plus, et que, à l’évidence, il y a des règles à changer dans la politique économique qui régit les hydrocarbures. De plus, le souhait de ne pas recourir à un endettement extérieur, l’acuité de la crise financière induite par la chute des prix des hydrocarbures et l’envi d’aller vers le recours à un « financement non conventionnel interne » sont des défis majeurs qui ne sont pas forcement simples à appliquer sur le terrain. Le premier grand challenge de Bouteflika, au lendemain de sa prise de fonction présidentielle, avait été d’effacer la dette extérieure de l’Algérie, et ce n’est pas aujourd’hui, qu’il fera le sens opposé à ce que fut sa grande victoire par le passé. Or, on le sait d’expérience, ne pas recourir à un endettement extérieur et puiser dans des financements non conventionnels, sont deux options qui affichent, jour après jour, la difficulté d’y faire face. Il est vrai que le financement non conventionnel peut permettre de respirer et d’éviter un repli de la croissance, et qu’il vise, selon les termes du Président, « à éviter une régression de la croissance, dangereuse économiquement et socialement », mais comment la capter, étant donné que les voies de prélèvements financiers par cette mesure sont très minces ? L’autre option retenue, le recours au gaz de schiste, dont l’Algérie possède de très grandes réserves, pratiquement les 4e au plan mondial. Mais les dernières manifestations (appuyées par les partis politiques d’opposition) ont rendu cette exploitation dangereuse politiquement.
D’où le terme
« au-delà des clivages », évoqué par Bouteflika. C’est-à-dire qu’on s’attendra les prochains jours à une tentative de la part du Premier ministre, de réunir le maximum de partis politiques autour de cette question, quitte à faire des concessions notables.

F.O.