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Des partis en ont fait leur credo : La décentralisation s’invite dans la campagne

La première semaine de la campagne électorale du scrutin législatif, du 4 mai prochain, des partis ont abordé, parfois longuement, l’importance d’aller vers la décentralisation, qui, selon eux, permettra le développement local outre l’amélioration des conditions socioéconomiques des citoyens et de leur rapprochement avec l’administration. Après la création de dix wilayas déléguées dans le sud du pays, en l’occurrence, Timimoun, Bordj Badji Mokhtar, In Aménas, In Salah, Touggourt, Djanet, El Meghaier, El Ménéa, Ouled Djellal et Béni Abbès, l’année en cours verra ce dispositif administratif être étendu à travers des wilayas des Hauts Plateaux, selon le Premier ministre Abdelmalek Sellal, en visite, lundi dernier à Djelfa. Après avoir été mis en oeuvre, dans les wilayas précitées du Sud, et bientôt aux Hauts Plateaux, il sera question de même, pour le Nord du pays en 2018, comme indiqué dans le communiqué sanctionnant la réunion de janvier 2015 du conseil ministériel. Sur la question de la décentralisation, le Rassemblement national démocratique (RND) s’engage à la promouvoir si ses candidats aux législatives en vue, seront élus. Son secrétaire général Ahmed Ouyahia, a affirmé, en effet, que le RND s’engage «à promouvoir la décentralisation » pour «améliorer les conditions de vie de la population» et que son parti s’investira, a-t-il poursuivi «à consacrer le principe de la décentralisation et de la gouvernance locale pour rentabiliser l’effort de l’État s’agissant du développement local notamment» a précisé Ouyahia, animant un meeting électoral, vendredi dernier à la Maison de la Culture Malek Haddad de Constantine. Indiquant que « la décision pour le développement doit être locale» le secrétaire général du RND, estime que le temps est venu « pour rompre avec les multiples difficultés et entraves engendrées par le système de centralisation » convaincu, que la promotion des collectivités locales passe par la décentralisation. Pour mieux expliquer l’approche du Rnd, en matière de décentralisation, il avance à titre d’exemple, les questions de l’urbanisme et de l’hygiène, qui selon lui «ne sont pas l’affaire du président de la République, mais du ressort du président de l’Assemblée populaire communale (APC) » et de préciser «à condition qu’on lui donne les moyens et le pouvoir nécessaire». Rappelant que son parti «dispose de son propre programme», Ahmed Ouyahia a tenu, à souligner, qu’ «à travers lequel il appuie le programme du président de la République, Abdelaziz Bouteflika» a-t-il déclaré. Appui qui se manifeste, par les déclarations du patron du Rnd, notamment à travers la question de la décentralisation, qui pour Ahmed Ouyahia, permettra en plus d’atteindre les objectifs précités, mais également a-t-il ajouté de «lutter contre la corruption» notamment en ce qui concerne, a-t-il précisé «les dossiers de l’investissement». Annoncé pour rappel, pour l’année dernière, il semblerait qu’avant la fin 2017, soit après l’élection de la nouvelle Assemblée nationale (APN),au terme du scrutin du 4 mai prochain, des wilayas des Hauts Plateaux verront, à leur tour, après celles du sud algérien, la mise en oeuvre du nouveau dispositif administratif si le financement ne pose pas de problème, au regard du recul des recettes financières de l’Etat, suite à la chute du prix du baril de l’or noir, sur le marché mondial. Rappelons qu’une enveloppe financière, « de 16,6 milliards de dinars a été allouée aux wilayas déléguées instituées dans le Sud au titre de la réhabilitation et de l’équipement» a indiqué le directeur des études au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, Chorfa Abdelkhaleq, janvier dernier, dans une déclaration à l’APS. Quant au partenaire du RND, dans son soutien au programme du Chef de l’Etat, le Mouvement populaire Algérien (MPA) a dans son programme électoral au titre des législatives du 4 mai prochain, insisté sur «la décentralisation véritable» selon le propos de son président Amara Benyounès, lors de ses meetings de campagne électorale pour ses candidats. Plaidant en faveur de la «réforme de l’État à travers la concrétisation d’une décentralisation véritable sans pour autant entamer l’unité nationale » a-t-il précisé, afin de réaliser, a-t-il poursuivi «un développement global à l’échelle nationale tout en veillant à établir une justice sociale et à éradiquer toute forme de dépassement juridique et de clientélisme» a déclaré le patron du MPA. Plus explicite, Benyounès a appelé à introduire un nouveau mode de gouvernance afin «de transformer le système institutionnel et politique centralisé en un système décentralisé débarrassé de toute manifestation de déni qui l’empêche de s’adapter parfaitement à cette nouvelle logique» avant de préciser que «la décentralisation mettra fin aux disparités entre les citoyens dans tous les domaines». Plaçant sa campagne électorale pour le scrutin législatif, sous le slogan «Un nouveau départ pour l’Algérie », le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), considère que « la décentralisation du pouvoir est la seule voie qui mène le pays vers la stabilité, l’équilibre régional, la démocratie et le progrès». Alors que des acteurs politiques proposent la création de nouvelles wilayas déléguées pour rapprocher l’administration du citoyen, le programme du RCD, dans le cadre de son projet de refondation de l’État, il plaide en faveur de la restructuration et la modernisation de sa gestion, en préconisant une réforme de l’organisation administrative. Une réforme portant selon le RCD, sur la dissolution des daïras, qui sont « inutilement budgétivores en transférant leur personnel et les budgets correspondants au profit des communes qui sont dépourvues d’employés qualifiés ». Indiquant dans son programme que les élus locaux ne perdent pas de vue que ces daïras « sont le palier par excellence qui empêche toute intercommunalité » Il s’agit également, selon le programme électoral du RCD, «de restituer aux communes le contrôle de la conception et de la réalisation de tous les projets à caractère local quel que soit leur montant ». Par ailleurs le président du RCD estime, pour sa part « qu’il est temps de rendre progressivement aux communes la maîtrise des services communautaires » tels l’eau, l’assainissement, la collecte et gestion des déchets, tout en plaidant «pour la conception d’entités territoriales homogènes regroupant un certain nombre de wilayas pour définir des espaces de programmation viables» estil précisé dans le programme électoral du RCD, pour le scrutin législatif.

Karima Bennour