ARKAB

DES MANIFESTANTS SE SONT RASSEMBLÉS À PLUSIEURS ENDROITS POUR EMPÊCHER SA VISITE : La «mésaventure» du ministre de l’Énergie à Tindouf

Dans le sillage du mouvement populaire, qui entame ce vendredi sa 15e semaine, les ministres du gouvernement Bedoui semblent avoir, de plus en plus, de difficultés à tenir des activités, notamment les sorties sur le terrain. Le gouvernement, mis en place avant la démission du président Bouteflika le 2 avril dernier, ne cesse de subir un rejet populaire. Chargé d’assurer le fonctionnement des affaires courantes, le gouvernement est, depuis sa mise en place, au cœur d’une vague de critiques. Les différents ministres du gouvernement Bedoui sont, ainsi, chassés ou empêchés de se déplacer sur le terrain. Depuis l’avènement du mouvement du 22 février, aucun ministre ou presque, ne passe sans se faire huer par la population.
C’est le cas, hier, du ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, qui était en déplacement dans la wilaya de Tindouf, où des manifestants ont coupé la route qui mène de l’aéroport, contraignant le membre du gouvernement à sortir par une porte secondaire et d’emprunter un chemin secondaire. Ainsi, la délégation ministérielle a dû changer son chemin afin d’éviter de croiser les manifestants qui se sont rassemblés pour exprimer leur refus de la visite du ministre. Ces derniers se sont rassemblés dès 3h du matin devant l’aéroport, mais n’ont pas pu au final croiser le cortège ministériel. Les slogans des contestataires étaient hostiles à cette visite, mais aussi au gouvernement. Ainsi, on pouvait entendre «Gouvernement Bedoui, dégage, dégage», «Pas de visites sur le terrain», «Gouvernement rejeté, laissez-nous l’Algérie et prenez les postes et les acquis». Ce n’est pas la première fois qu’un ministre est chassé par des manifestants. En effet, le ministre de l’Énergie a été à maintes reprises encerclé par des manifestants, notamment, lors de ses visites à Tébessa ou encore au siège de la direction générale de Naftal à Alger. Le ministre de l’Intérieur, Salaheddine Dahmoune, a dû faire face, lui aussi, au mois d’avril dernier, à plusieurs rassemblements lors de sa visite dans la wilaya de Béchar, ce qui l’a poussé à écourter sa visite à une journée seulement. Ces actes ne font que démontrer le degré de colère chez les Algériens qui devraient, dans quelques jours, se mobiliser pour le dernier vendredi de marche du mois sacré du Ramadhan.
Lamia B.