Algérie

Des chiffres, des faits et des dates pour comprendre / Algérie-France : des relations en clair-obscur

Les relations entre l’Algérie et la France ne sont pas et ne seront jamais simples, ni sans passion. Dans un sens comme de l’autre. Et cela ne trouve pas sa source uniquement dans le passé colonial. Depuis 1962, ces relations, déjà très passionnelles, ont tissé d’autres liens encore plus complexes qui rendent parfois difficile la compréhension des choses.

Bref aperçu et état des lieux, par les chiffres, par les faits et les dates d’un partenariat très spécial, et réellement pas comme les autres. Il y a d’abord, à considérer que la France est présente en Algérie par le biais de 500 entreprises, lesquelles représentent 40 000 emplois directs et 100 000 emplois indirects, selon Paris. Cela représente aussi quelque chose comme 10,5 milliards d’euros d’échanges plaçant la France comme le deuxième partenaire économique de l’Algérie et le second rang de fournisseur après avoir perdu son leadership en 2013 au profit de la Chine.
La relation Algérie-France, c’est aussi un montant de 6,4 milliards d’euros d’exportations de la France vers l’Algérie, et la France est aussi le 4e client de l’Algérie avec 4,4 milliards d’euros d’importations. Elle est aussi le 1er investisseur : hors hydrocarbures, la France est le premier investisseur en Algérie avec 2,15 milliards d’euros en stock d’IDE (Investissement direct étranger). Concernant les relations humaines, c’est-à-dire les attaches de vie entre les deux pays, il faut savoir qu’il y a 31677 expatriés français qui vivent en Algérie ; que parmi 1,3 million de retraités percevant une pension de retraite française, 44 % s’expatrient en Afrique, et l’Algérie est le premier pays d’accueil, toutes destinations confondues, avec près de 440 000 retraités, la majorité d’entre eux furent des travailleurs immigrés. Les Algériens en France représentent aussi le groupe le plus important d’immigrés. On en dénombre 1 million de binationaux franco-algériens sur le territoire français. On compte aussi 422000 touristes algériens ayant demandé un visa pour la France en 2015. On compte aussi un millier d’accords et conventions signés entre les universités algériennes et françaises arrêté en 2015. C’est à peu près 22 000 étudiants algériens en France, représentant 90 % des étudiants algériens poursuivant leurs études à l’étranger. Selon les estimations données pour la première fois par Bernard Emié, l’ambassadeur de France en Algérie en 2015, au moins 7 millions de Français ont un lien avec l’Algérie. En politique, les présidents français depuis le début des années 1980 viennent en Algérie pour des contrats commerciaux, faire signer des accords économiques, mais aussi pour séduire politiquement et s’assurer une électoratlourd en France, sans oublier évidemment, pour maintenir la place privilégiée de Paris en Algérie. Pour l’année 2017, nous avions eu non stop les visites de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, de Bernard Cazeneuve, Premier ministre, de Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur, de Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel, etc.
Mais ce ne fût pas toujours l’embellie, loin s’en faut, comme dans toute relation passionnelle. Clair-obscur, en dents de scie, en trombe ou en queue de poisson, les relations algéro-françaises ont depuis l’Indépendance alimenté les polémiques, nourri les débats, ravi les deux camps ou exaspéré les uns et les autres. En définitive, elles furent toujours teintées de sensations, souvent émaillées d’imbroglio, mais toujours débordantes d’émotions, dans un sens comme dans l’autre.
F. O.