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Démenti cignlant de l’ONU à la propagande du Maroc sur le Front Polisario : «Nous n’avons observé aucun mouvement d’éléments militaires»

Lors de sa réunion d’urgence, tenue lundi, l’état major de l’Armée de libération populaire sahraouie (ALPS) a exprimé la disponibilité des forces sahraouies «à riposter à toute tentative de la partie marocaine visant à porter atteinte aux territoires libérés ou à changer le statut mis en place au lendemain du cessez-le-feu (1991)», signé sous l’égide des Nations unies, entre le Front Polisario et le Maroc. Présidé par Brahim Ghali, président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), commandant suprême de l’ALPS, secrétaire général du Front Polisario, la réunion des membres de l’état major de l’ALPS a examiné, selon l’agence de presse sahraouie, les dernières évolutions, est-il précisé «de la question sahraouie, les récentes menaces marocaines et les moyens d’y faire face» approuvant durant cette réunion «plusieurs mesures d’urgences pour faire face à une éventuelle action militaire de l’occupant marocain». La réunion d’urgence des hauts responsables de l’ALPS, sous la présidence du président sahraoui, commandant suprême de l’ALPS, Barahim Ghali est intervenue, précise la même source, suite aux allégations du chef de la diplomatie et du ministre de l’Intérieur des autorités coloniales marocaines au Sahara occidental, Nasser Bourita et Abdelouafi Laftit, sur les territoires libérés du Sahara occidental, lors d’un point de presse qu’ils ont animé conjointement. Les deux responsables marocains ont, en effet, dans le même sillage que leur collègue, l’ambassadeur du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, lequel a, dans une lettre adressée, dimanche dernier, à l’ONU, écrit qu’«Il y a eu des provocations du Front Polisario» et Nasser Bourita de déclarer qu’«il y a eu des provocations et des manœuvres du Front Polisario» et au tour de leur collègue de l’Intérieur, Laftit d’avancer des propos similaires. Ce qui est à retenir dans cette nouvelle vague de manœuvres marocaines, c’est les raisons à l’origine de la fixation que porte Rabat sur les territoires libérés, du Sahara occidental, derrière le mur qu’a érigé Rabat, dans les années quatre-vingt, pour se protéger des opérations militaires du mouvement armé de libération du peuple sahraoui, et séparé en deux le Sahara occidental, avec le soutien de l’entité sioniste, qui a reproduit le mur , en Palestine. Au lendemain des déclarations précitées des responsables marocains, l’ONU a vite réagi, pour mettre un terme aux allégations de Rabat, via son porte-parole, Stéphane Dujarric. Affirmant que la mission de l’ONU pour l’organisation du référendum au Sahara occidental, (Minurso) «n’avait observé aucun mouvement d’éléments militaires dans le territoire nord-est», comme indiqué par Bourita, Laftit et Hilale, le responsable onusien, Stéphane Dujarric a fait savoir que «La Minurso continue de surveiller la situation de près» a-t-il ajouté. Le ministre marocain Bourita qui, dans ses déclarations, a prétendu que les sahraouis se seraient approchés du mur et se trouvent dans la zone qui est contrôlée par la Minurso, tentant par cette même occasion de faire passer l’idée que ceci «constitue une violation gravissime desaccords militaires» a été vite invité, lundi dernier, par des termes diplomatiques , à cesser de distiller de fausses informerions. Une réaction qui ne s’est pas faite attendre de l’ONU, dont l’émissaire, pour le Sahara occidental, consent des efforts pour le lancement des négociations directes entre les deux parties en conflit, sur le Sahara occidental : Le Front Polisario et le Maroc, en l’occurrence. Un processus qui, depuis son lancement par l’ex-président allemand, Horst Köhler, fait grincer les dents des autorités coloniales marocaines au Sahara occidental, notamment après ses échecs répétitives et successives, de faire passer sa colonisation par une normalisation de sa présence au Sahara occidental, notamment auprès de l’espace européen, que Rabat pensait acquis en comptant sur le soutien de la France et de l’Espagne. Aux allégations du ministre marocain Nasser Bourita, déclarant que le mur de la honte, séparant les territoires sahraouis libérés de ceux encore sous occupation marocaine, n’a jamais été érigé en tant que frontières, et que cette zone est placée exclusivement sous la responsabilité de l’ONU, et de ce fait, ses territoires sahraouis ne sont pas libérés, faisant fi des années de guerre entre l’armée de libération sahraouie et l’armée marocaine, ès l’invasion de celle-ci, du Sahara occidental, en 1975, à la conclusion en 1991, du cessez le feu, sous l’égide de l’ONU. Rabat persiste et multiplie dans ses tergiversations et manœuvres, notamment après sa rencontre avec l’émissaire de l’Onu pour le Sahara occidental, en direction duquel le Maroc a manifesté une opposition de le voir, dans le cadre de sa mission, consulter d’autres partenaires, dont l’Union Africaine et l’Union Européenne, lesquelles appellent, à l’application du Droit international, au Sahara occidental. La France qui va présenter un texte de résolution avant la fin mois courant, à l’occasion de la tenue de la réunion du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental, est appelé à faire preuve de responsabilité en tant que membre permanent du dit conseil, pour avoir le mérite d’avoir contribué au parachèvement de la dernière question de décolonisation en Afrique, inscrite à l’ONU, et apporter par la même occasion, un soutien effective, à la mission de l’ex-président allemand, Horst Köhler. La France, qui a été le soutien inconditionnel du Maroc durant les 43 années de sa colonisation du Sahara occidental, depuis 1975, est appelée à faire valoir la force de la Légalité internationale et du respect de la Déclaration des Droits de l’Homme, lesquels, faut-il souligner, consacrent le droit du peuple sahraoui à décider librement de son destin.
Karima Bennour