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Demandeurs d’asile en France : Campagnes médiatiques malveillantes

L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rendu public cette semaine un communiqué dans lequel il fait le point sur les demandeurs d’asile en France.

Dans ce texte qui peut tenir sur une page, il n’est nulle part question d’Algériens. Si cet organisme n’a pas jugé utile d’évoquer le cas des Algériens, c’est parce qu’il ne méritait pas de l’être. Même s’il a enregistré une légère hausse l’année dernière, le nombre de demandeurs d’asile originaires d’Algérie ne dépasse pas, en effet, les 2 500. Une goutte d’eau dans un océan comparé aux plusieurs milliers de Marocains, de Libyens, de Tunisiens ou de Ouest-Africains qui débarquent dans l’Hexagone tous les ans. Et tout le monde sait que les Algériens passent souvent par la case «réfugiés» non pas parce qu’ils sont opprimés chez eux mais parce qu’ils ont compris que le procédé leur permet de gagner du temps et donc de rester plus longtemps en Europe avant, éventuellement, de se faire expulser. Malgré cela, certains titres, connus pour forcer les lectures à chaque fois qu’il est question de l’Algérie, n’ont pas hésité à sauter sur l’occasion pour régler leurs comptes avec «le régime d’Alger». Sous le titre provocateur et trompeur «France : le nombre de demandeurs d’asile algériens en très forte hausse», un média suggère même que le pays soit au bord de l’effondrement et que les gens ne pensent qu’à aller vivre sous d’autres cieux. Cette propension à noircir le trait à chaque fois qu’il s’agit de l’Algérie est devenue une habitude, surtout lorsque les Algériens sont sur le point de vivre des échéances politiques importantes. Ces lectures enrobées de catastrophisme interviennent, en effet, à un peu plus d’une année de la prochaine présidentielle. Et déjà bien sûr, comme à chaque fois d’ailleurs, les oiseaux de mauvais augure ont commencé à crier sur tous les toits que cette élection se passera mal, que le pays est à deux doigts de basculer dans la violence et que les Algériens se préparent à immigrer en masse à Paris. Ils prennent en somme leurs fantasmes pour de la réalité. Ce sont ces mêmes oiseaux de mauvais augure qui font circuler actuellement dans la presse l’idée selon laquelle le phénomène des harraga a repris et qu’il a atteint des proportions importantes. Bien évidemment, c’est archifaux puisque toutes les études montrent que les Algériens sont les moins nombreux dans la région à partir. Il ne s’agit donc que d’une vulgaire campagne d’intox. N’en déplaise à ces misérables rapaces qui tentent de démoraliser les Algériens et de semer le doute, la prochaine présidentielle aura lieu à la date prévue et constituera une belle opportunité pour l’Algérie et les Algériens d’aller encore plus de l’avant. Qu’ils se mettent bien dans la tête que si l’Algérie ne s’est pas effondrée durant les années 1990, ce n’est pas maintenant qu’un tel scénario risque de se produire.
M. B.