DéCRIé DE TOUTES PARTS : Makri seul à défendre l’idée d’un report des élections

Le Mouvement pour la société de la paix (MSP) d’Abderrezak Makri a affirmé samedi dernier qu’il avait des «contacts intensifs» avec les autres formations politiques en faveur du report de la présidentielle 2019. Le secrétaire fédéral du FFS, Ali Laskri, a précisé dimanche qu’il «n’avait rencontré aucun parti politique».
Le MSP a affiné en début de cette semaine son initiative de «consensus national» et les moyens de porter son projet politique «à travers la possibilité de reporter l’élection présidentielle de 2019 ». «Le Bureau exécutif a confirmé que le report des élections était un projet politique issu de l’Initiative pour un consensus national», a souligné un communiqué du Bureau exécutif du MSP. Le parti islamiste a déclaré que son initiative «ne pourrait aller de l’avant» sans la mise en place d’un certain nombre de conditions. Il s’agit, a expliqué le même communiqué du MSP, de rendre le report des élections «accepté et approuvé par l’ensemble des institutions de l’État après discussion entre les différents partis politiques au pouvoir et dans l’opposition», dans le cadre d’un «effort sérieux de dialogue supervisé par les institutions officielles» afin de rendre «l’amendement partiel de la Constitution légal et crédible». L’objectif est d’éviter que «le report ne devienne un nouveau mandat sans élections en convenant d’un délai dans une année qui sera suffisant pour jeter les bases juridiques des réformes politiques et économiques et rapprocher les différentes composantes afin de parvenir à un consensus national», a assuré le MSP. Mais cette initiative s’exprime au moment où le parti de TAJ d’Amar Ghoul prône à peu près la même démarche en appelant à «une conférence nationale de consensus» en annonçant avoir entamé des consultations avec nombre de partis politiques. Selon le communiqué du MSP, «le bureau exécutif national affirme que ce que certaines parties ont déclaré d’avoir envoyé une invitation au MSP pour participer à la prétendue “Conférence nationale de consensus” est totalement faux». Plus encore, le MSP «considère que cette action politique de ce côté au cours du dernier quart d’heure est un vol des grands efforts déployés par l’opposition sous toutes ses formes. Un comportement qui a fortement porté préjudice à l’atmosphère de consensus qui avait commencé à être fabriquée au cours de la période récente ». Amar Ghoul a annoncé avoir été en compagnie d’une délégation de nombre de responsables de son parti chez le Mouvement El-Bina, en rencontrant son président Abdelkader Bengrina et lui parlant de son initiative de «conférence nationale». Mais les deux leaders islamistes ne sont pas les seuls à se disputer chacun le paternalisme de cette initiative en se déniant l’un de l’autre.

…et un surprenant sondage électronique !
Dans la foulée de ces échanges tendus, le secrétaire fédéral du Front des forces socialistes (FFS) a affirmé qu’il n’avait rencontré aucun parti politique dans le cadre de ces supposées initiatives de consensus. «Il y a des gens qui disent que nous avons rencontré des partis politiques, on n’a rencontré personne pour le moment», a affirmé Ali Laskri, membre de l’instance présidentielle du FFS à la radio locale de Tizi-Ouzou, wilaya où il était dimanche dernier, pour se recueillir devant la tombe du chef historique et fondateur du parti, Hocine Aït Ahmed. Le président du MSP, Abderrezak Makri, avait lancé qu’il avait rencontré des responsables de partis de l’opposition pour discuter de son initiative. «Nous n’avons rencontré personne et lorsqu’on va rencontrer un quelconque parti, nous allons le rendre public dans la transparence la plus totale», s’est contenté de dire Ali Laskri. Face à ce désaveu de la classe politique, Makri a décidé d’élargir le débat aux simples citoyens à travers un sondage qu’il a lancé hier sur sa page Facebook « #choisissez le meilleur !». «Loin des rêves naïfs et de la tromperie de la possibilité de tenir des élections présidentielles libres et équitables en 2019. Compte tenu des choix étroits, de l’impossibilité de changer radicalement et des dangers qui menacent tout le monde, qu’allez-vous choisir entre ces options ? », a écrit Makri, en listant quatre possibilités.
De 1 à 4, où l’on trouve : «cinquième mandat», «une prolongation par le biais d’une conférence folklorique sans accord, ni réformes», «des élections fraudées comme d’habitude avec un président sortant aux larges prérogatives», ou «reporter les élections pour une période transitoire d’un an, par consensus entre l’Autorité et l’opposition et par des réformes constitutionnelle, politique et électorale ». Makri a numéroté ces réponses par chiffres de 1 à 4 et a invité à choisir en mettant un numéro dans la case des commentaires sur sa page Facebook.
Hamid Mecheri