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Décision bilatérale de prolonger l’accord pétrolier : Moscou et Riyad flambent les marchés

L’Accord portant l’objectif de réduire la production pétrolière pour stabiliser les marchés augure d’un bon avenir, du moins dans le court terme. Et pour cause, les deux plus grands exportateurs mondiaux, que sont la Russie et l’Arabie saoudite, se sont mis d’accord pour prolonger l’Accord en cours depuis janvier 2017. Une prolongation de neuf mois. Ce qui n’est pas moindre, à plus forte raison qu’elle intervient à moins de dix jours de la tenue, à Vienne, du conclave des membres de l’Opep.
Avant, donc, que la rencontre des pays exportateurs, membres du Cartel, se tienne, et dans le feu même des tractations entre les acteurs pétroliers, Moscou et Riyad décident, dans une entente commune, d’ouvrir le bal pour anticiper sur l’issue d’une réunion qui s’annonce d’ores et déjà concluante. C’est depuis la capitale chinoise, où se trouvaient hier les deux ministres de l’Énergie de la Russie et de l’Arabie saoudite, respectivement Alexandre Novak et Khaled Al-Faleh, que la décision a été annoncée. «Les deux ministres sont tombés d’accord sur la nécessité, afin de parvenir au but souhaité d’une stabilisation du marché, d’une prolongation des Accords (de réduction de la production) pour 9 mois, jusqu’au 31 mars 2018», ont indiqué les deux responsables dans un communiqué. Cette mesure a été, aussitôt, suivie d’effet immédiat, et les marchés pétroliers ont connu une flambée. Ainsi, les cours du Brent de la mer du Nord, référence du marché européen, affichaient 52,40 dollars le baril sur le tableau, au cours des échanges d’ouverture d’hier. Soit, une hausse de 1,56 dollars, par rapport à la clôture de la semaine, vendredi dernier. La décision bilatérale prise entre les deux géants pétroliers entend ramener les prix du pétrole à leur niveau moyen, en tenant compte des cinq dernières années. Force est de dire qu’une telle décision, émanant, de surcroît, des deux plus gros producteurs et exportateurs de pétrole, va peser positivement sur le déroulement et les résultats de la réunion du 25 mai prochain, à Vienne. Un conclave, lors duquel les pays membres de l’Opep auront à discuter de l’option de prolonger l’Accord pétrolier, d’au moins de six autres mois supplémentaires, ou celle de geler la décision, soit à partir du mois de juillet. Cette nouvelle donne est d’autant plus favorable à la reconduction d’un accord, dont les conclusions ont, plus au moins, ramené les prix de l’or noir au niveau recherché par le Cartel. En effet, depuis la mise en œuvre de l’Accord, les cours pétroliers oscillaient autour des 50 dollars le baril, tel que l’objectif a été assigné par les pays contractants. Un succès qui a poussé, aujourd’hui, membres et non membres de l’Opep à vouloir repousser la mesure de quelques mois, à même de soutenir autant que faire se peut les cours des marchés pétroliers.
En effet, l’Accord en question arrive à terme en fin juin prochain, après son entrée en vigueur, début janvier dernier, avec, en prime, un objectif de limiter la production pétrolière à un niveau de 32,5 millions de baril par jour. Pour leur part, après des réticences, les pays hors du Cartel ont décidé de rallier la décision de l’Opep en contribuant à une réduction d’un volume tournant autour de 600 000 barils/jour. Il convient de rappeler, aussi, que la décision de réduire la production pétrolière a été entérinée en fin novembre dernier, à la capitale autrichienne. Soit deux mois après l’Accord de principe d’Alger, du reste qualifié d’«historique», arraché au bout de plusieurs semaines de négociations et de tractations, conduites par l’Algérie.
Farid Guellil