Vente

De la poussière de Lune récupérée par Neil Armstrong aux enchères

Des échantillons ramassés le 18 août 1969 par l’astronaute lors du tout premier voyage sur le satellite de la Terre, vont être vendus sous le marteau de Sotheby’s à New York le 20 juillet prochain. Perdus, retrouvés, puis vendus à un prix dérisoire, ils sont aujourd’hui estimés entre deux et quatre millions de dollars.

Pour décrocher la lune, il faut y mettre le prix. Entre deux et quatre millions de dollars, selon l’estimation de la célèbre maison de vente aux enchères Sotheby’s. Unique objet imprégné de poussières de Lune de la mission Apollo 11 à être resté aux mains de propriétaires privés, une pochette de Neil Armstrong sera vendue à New York jeudi 20 juillet prochain, soit le jour du 48e anniversaire de l’alunissage historique réussi en 1969.
Environ 530 millions de personnes ont regardé à la télévision l’astronaute américain marcher sur le sol lunaire. «Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité», aussitôt cette phrase restée si célèbre prononcée, Armstrong s’est mis au travail et a effectué la tâche la plus importante de sa mission: collecter des fragments du sol lunaire. Pour les récolter, il utilise un sac de vingt centimètres, composé de nylon et de polyester. Une protection nécessaire pour éviter toute contamination des échantillons avant leur analyse.
Au total, 500 grammes de poussières de Lune et douze petits cailloux ont été déposés dans la pochette sur laquelle sont écrits les mots «Lunar Sample Return» (Retour d’échantillon lunaire). Ils proviennent de la région appelée la «mer de la tranquillité», une vaste plaine constituée de roches volcaniques datées d’il y a 4.5 milliards d’années, peu de temps après la formation du système solaire. Les échantillons, en plus d’avoir un intérêt historique et symbolique évident, ont un réel intérêt géologique.

Un périple terrestre tout aussi épique
Une fois les astronautes revenus sur la planète, presque l’intégralité du matériel utilisé fut envoyée au musée de l’air et de l’espace à Washington. Ce ne fut pas le cas de la pochette qui, suite à une erreur d’inventaire, termina au Johnson Space center. Alors qu’elle allait être jetée, un membre du personnel la récupère in extremis pour la proposer à un collectionneur du Kansas. Gratuitement paraît-il…Condamné par le FBI pour une affaire sans liens, le sac est mis pas moins de trois fois aux enchères. Sans succès. Une avocate de l’Illinois s’en empare pour 995 dollars en 2015. C’est en remarquant des traces noires, qu’elle le prête à la NASA pour des tests, qui prouvent que le sac contient encore de la poussière lunaire prélevée lors de la mission. Déterminer la propriété du sac devient alors un enjeu majeur. Une bataille judiciaire commence entre les prétendants. L’avocate de l’Illinois l’emporte. Estimée entre deux et quatre millions de dollars, cette pochette risque de rapporter à sa propriétaire une somme réellement astronomique.