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Dans une pélnière quasi-vide : Le pouvoir d’achat au cœur du débat sur le PLF-2018

Les députés à l’Assemblée populaire nationale (APN) ont poursuivi hier l’examen du projet de loi de finances 2018 avant les interventions, aujourd’hui, des chefs des groupes parlementaires.
Malgré l’importance capitale que constitue le texte de la loi de finances et son impact sur la vie économique, voire politique du pays, la plénière de l’APN, pour ce deuxième jour des débats, était quasi-vide. Pire, quelques députés ont même renoncé à leurs interventions pour des raisons aussi farfelues qu’inconnues. Pour 223 interventions inscrites dimanche, hier, elles étaient réduites à seulement 214, hier.
Ceci, sans parler des interventions enregistrées par écrit. Ayant du mal à contenir cette situation incommodante, Saïd Bouhadja, le président de l’APN, s’est retrouvé dans l’embarras face aux nombreuses défections des intervenants comme l’illustrait les sièges laissés vides derrière eux. À vrai dire, certains n’ont rien à dire pour juger utile de se présenter le jour «J». Même ceux qui l’étaient sur place, n’ont pas non plus brillér par leurs interventions. Quand ils ne sont pas noyés dans les problèmes de développement de leurs circonscriptions électorales, ils se contentent d’évoquer des appréhensions quant aux nouvelles taxes sur les hydrocarbures et les produits électroménagers. On s’interroge dès lors sur le degré de sérieux dont a bénéficié ce texte de loi chez nos députés. D’autres ont appelé à engager plus de réflexion en vue d’apporter des ajustements aux taxes ou d’en alléger le poids fiscal. Dans le camp de l’opposition, la cible reste la même: les mesures d’austérité du PLF 2018 et ses éventuelles retombées néfastes sur le pouvoir d’achat du citoyen.
Une question dont a fait le Parti des travailleurs, le fer de lance de ses interventions. Pour les députés du parti, le projet du Gouvernement ne fera qu’«approfondir la crise financière», reprochant au Gouvernement «de mener une guerre sociale depuis 3 ans». Selon le PT, le PLF 2018 aura des retombées sur le pouvoir d’achat, le travail et le taux de chômage qui «va encore s’arrondir». « N’est-ce pas ici l’austérité dans son sens le plus propre, alors qu’aucune volonté n’augure à l’horizon pour y mettre fin ?», a admonesté Nadia Yefsah, qui a signalé que sa formation politique n’a noté dans ce texte «aucune réponse sur les revendications des couches laborieuses».
La députée de Tizi-Ouzou a mis en avant les images de milliers d’étudiants algériens agglutinés devant l’Institut français d’Alger, les chiffres sur l’immigration clandestine, un phénomène qui s’empare même de familles entières et également le nombre important des étudiants inscrits en concours d’internat en médecine en France. Le tout pour pointer du doigt une «crise sociale, économique et politique». «Je ne peux lever ma main et me permettre de cautionner cette loi en voyant la misère qui gagne davantage la population», dénonce pour sa part, Cheikh Menouar (MSP), qui doute sur la volonté de l’Exécutif à diversifier l’économie « alors qu’il garde l’œil sur le prix du baril de pétrole». Le même député a estimé que l’augmentation des taxes sur les hydrocarbures «va créer un effet domino et ruiner ce qui reste de pouvoir d’achat des citoyens». Son collègue, Hamid Saïdi, a appelé à «ouvrir le dossier des salaires pour équilibrer le pouvoir d’achat avec la réalité sur le marché».
Malgré leur mainmise sur le Parlement, la réaction des partis de l’Alliance présidentielle a été plutôt «rigide» pour défendre ce texte de loi. Il faut dire que le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a anticipé sur cette situation en organisant, quelques jours plutôt, des rencontres de concertation autour de ce projet avec les partis de l’allégeance. Le président du groupe des indépendants à l’APN, Lamine Osmani, a affirmé soutenir le projet. Car, «l’Exécutif a prouvé ses engagements envers les couches vulnérables conformément aux orientations du président de la République», a-t-il argué.
Hamid Mecheri