Ould Ali

Dans une déclaration à la presse se voulant sans équivoque / Ould Ali : «Je n’ai pas de problèmes personnels avec le président du COA»

«Rien à voir avec le conflit secouant le COA et rien ne m’oppose à son président.» Le «je t’aime moi non plus» caractérisant les relations Ould Ali-Berraf, devrait-on comprendre, ne serait donc qu’une invention de la part de médias en mal de sensations fortes et qui en rajoutent. Cette dernière sortie, plutôt que de ramener le calme à la maison- Sports, vient de redonner du grain à moudre et apporte, même de l’eau au moulin de ces derniers. L’avenir nous le dira.

Sous l’œil toujours… vigilant du CIO
Tout irait, va même plutôt bien dans le meilleur des mondes. C’est le Ministre des Sports, Ould Ali qui le dit. En affirmant, par exemple et à partir de Sidi Bel-Abbes où il effectuait tout récemment une visite d’inspection, que sa relation avec le président de l’instance morale du sport national ne méritait pas tout le tapage médiatique qui l’entoure et nous prie donc de croire qu’elle est «bonne» et empreinte de «respect.» Lire également que le «présumé bras de fer» sensé les «opposer» est gonflé par la presse qui y verrait, pourrait-on déduire, matière à spéculer. Le vrai du faux? En gros, dans cette précision qu’il ne s’ «agit, ni plus ni moins que d’un simple problème interne à cette instance et dont la résolution dépend, en premier chef et sans aucune ingérence de notre part, d’une meilleure entente entre le concerné et les présidents des fédérations spécialisées.» Affaire réglée pour autant ? Le N°1 de la tutelle, qui précise au passage que «les prérogatives du département qu’il dirige sont, entre autres, de veiller au développement du sport national», relance, de plus belle, à notre avis, du moins le débat, sinon la polémique, lorsque, et tentant de s’en laver les mains, il remet sur le tapis cette histoire de légitimité que lui conteste (à Berraf, ndlr) une partie de l’AG qui «a émis des doutes quant à la bonne marche de l’opération vote conclue par la réélection du président sortant.» Des réserves et une montée au créneau qui n’ont pas manqué de bénéficier d’une oreille pour le moins attentive de la part justement de l’actuel locataire du bureau du 1er Mai qui, et selon nombre de sources, semble s’impliquer directement dans un dossier épineux et ouvert sur bien des dangers, la direction du COA, y voyant une «ingérence palpable», ne cesse de prévenir quant à la réaction des instances sportives internationales, CIO en tête, qu’on sait intransigeantes quant au respect de ses statuts. C’est soucieux peut-être des énormes risques encourus (la suspension notamment, des nos sportifs, de toutes les compétitions en plus de la mise au ban de la communauté internationale) qu’Ould Ali, appréciant apparemment très mal la trajectoire du sport dont il a la charge de mener à une meilleure gestion aussi bien des ressources humaines que des défis qui l’attendent (la tendance étant malheureusement à une chute libre en termes de résultats techniques ajoutée à des scandales en série), a estimé le moment peut-être venu de calmer les esprits. Calmer le jeu et inviter directement les différents protagonistes à régler leurs différends loin de la place publique dans la perspective d’un retour à une sérénité désormais perdue, le mouvement sportif national, en régression, s’éloignant saison après saison des durs chemins de la raison.

Qui a dit problèmes internes ?
On peut l’en déduire, lorsqu’il soulève les «relations froides, voire conflictuelles, qui lient (et il s’en désole) le président de la Faf, Zetchi, et son homologue de la Lnf, Kerbadj, dont les vues semblent, à bien des égards, des plus inconciliables au moment où le football national, en prise à quelques secousses dévastatrices et plus que jamais en prise aux doutes, éprouve toutes les difficultés à les réunir autour de projets sérieux et voit ses ambitions de professionnalisation s’éloigner irrémédiablement. La faute incombe à des dirigeants ou responsables allergiques à toute forme de travail, l’intérêt général relégué plus que souvent au second plan. Jamais à l’ordre des priorités. A problèmes internes, règlement interne. «Loin du siège du Champs de Manœuvre», devrait ajouter le Ministre qui vient de rappeler, enfin, que ses «missions sont tout autres» et s’attelle, surtout, à assumer le rôle (seulement ?) d’arbitre quand c’est nécessaire. On pourrait dire que Berraf, fort du soutien du CIO, qui veille au grain et suit les évènements de très près comme ce dernier ne cesse, et il a raison, de le rappeler, a toutes les raisons de ne pas s’inquiéter maintenant que les intérêts du sport algérien sont en jeu. Ce à quoi le MJS semble se rendre à l’évidence en appelant indirectement à l’union, si tant est l’accent mis en rappelant que ce qui se passe au COA demeure «une simple affaire interne.» A l’instar de cette incompatibilité d’humeur qui pèse de tout son poids dans la relation Faf- Lnf, leurs deux hommes forts ne montrant jusque-là, aucun signe évident de travailler en concertation. Encore moins, malgré d’innombrables démentis ne convaincant plus personne, tendant demettre de côté leurs désaccords dans la manière de gérer les compétitions et donc des voies et moyens à mettre en œuvre pour remettre sur les bons rails une discipline navigant à vue. On apprendra enfin (signe d’un autre dégel ou deal?) par la voix même d’Ould Ali que «si Zetchi et Kerbadj ne s’entendent pas, l’ex- patron de la Faf, Raouraoua, n’a rien à y voir, lui dont les charges, que lui confèrent ses nouvelles responsabilités au sein d’une institution internationale, l’occupent à plein temps.» Que de bonnes nouvelles donc, le MJS se voulant rassurant et décidé (on veut bien le croire) à jouer son rôle de moteur. Ne voulant plus s’encombrer de «conflits» perçus (à la bonne heure !) comme autant de freins à la réalisation des objectifs en des moments cruciaux ouverts sur des crises sans fin. En tout cas, on veut bien le croire. On attend du concret. Que prennent fin et définitivement toutes ces «rumeurs» «fondées» empoisonnant le quotidien d’un sport algérien à la croisée du chemin et décidément pas sur la bonne voie. Vraiment pas du tout sérieux que cette agitation…
Azouaou Aghilas