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DANS LE FEU DE LA DERNIÈRE VAGUE DE SUPPORTERS À DESTINATION DU CAIRE : Ambiance de folie à l’aéroport d’Alger

C’est dans une ambiance de feu et de folie que la dernière vague de supporters de l’Equipe nationale de football ont gagné la terre des pharaons pour assister à la prestigieuse finale de la 32e édition de la Coupe d’Afrique des nations entre l’Algérie et le Sénégal. Étant de voyage parmi eux, les férus algériens des Fennecs livrent leurs impressions immédiates.

Reportage réalisé par notre envoyé spécial en Égypte Mohamed Wali

Tout a commencé au niveau du parking de l’aéroport international d’Alger «Houari Boumediène», hier, très tôt dans la matinée, où de nombreux supporters des Verts ont commencé à affluer vers le terminal des vols spéciaux de l’aéroport. Au rendez-vous, la programmation des deux derniers vols à destination d’Egypte : le premier à 8h30 et le deuxième, à bord duquel nous étions, quitte Alger à 9h30 précisément. La compagnie nationale Air Algérie a assuré les deux dessertes à travers deux Airbus A330. Pour ce qui est de notre vol, 270 passagers ont été à bord de l’appareil, selon les informations du chef de cabine, alors que nous avons eu droit à 03h50 de vol, avant d’atterrir sur le tarmac de l’aéroport international du Caire.

Le personnel de l’aéroport impressionné par la foule
Ce qui est sûr, c’est que de très nombreux fans algériens, estimés à près de 6 000 passagers, ont fait le voyage vers l’Egypte, entre jeudi et vendredi, pour ne pas rater cette finale historique des protégés du sélectionneur Djamel Belmadi.
Les fous amoureux de la balle ronde ont créé une vive ambiance à l’extérieur comme à l’intérieur de l’aérodrome d’Alger. Les employés de l’aéroport, de leur part, témoignent d’un fait formidable qu’ils n’ont pas vécu pendant de longues années. Nadjib, agent d’enregistrement, nous a dit que  » cela nous fait vraiment plaisir de voir les Algériens dans ces états de fête, ils sont uniques ! Tout ça est pour l’Algérie. » Enchaînant que « c’est vrai qu’une grosse pression de travail est tombée sur nous ces derniers jours, mais on essaye de la gérer sereinement afin de satisfaire nos compatriotes et surtout pour leur assurer le meilleur service. »
Ce préposé ayant fait la brigade de la nuit dira encore : « J’ai souhaité d’y être parmi eux (supporters), mais le travail ne le permet pas, c’est bien dommage. » Sa collègue Nacira qui vient tout juste de prendre la relève, nous a affirmé qu’ » avant de commencer la journée, l’ambiance était déjà là. J’ai eu droit à ce moment pareil auparavant, ça me fait revivre les jours d’Oumdorman. »
Distinguant en particulier les cris de fougue des supporters, elle souligne que  » cela ne nous dérange pas du tout. Vous entendez les chants et les cris des fans, cela veut dire qu’on doit accélérer un peu les formalités de l’enregistrement », nous a-t-elle expliqué avec un brin de sourire.
Pour Ryad, passager rencontré au guichet de l’enregistrement, « cette coupe est à nous car nous sommes la meilleure équipe dans cette édition. Je pense qu’on peut facilement battre les Sénégalais, comme c’était le cas lors du premier tour », a-t-il pronostiqué avec beaucoup d’optimisme. Et d’ajouter :  » j’espère qu’il n’y aura pas de retard pour qu’on puisse profiter de visiter le Caire avant le match. C’est la première fois que je visite ce pays, je souhaite vraiment que ma visite apporte la chance à notre équipe nationale. »
Il est utile de signaler que les passagers ont apprécié les facilités mises en place par la police aux frontières et les services douanièrs puisque les formalités d’enregistrement et d’embarquement ont été gérées en un temps record.

Une véritable fête à bord de l’avion
Une fois que les voyageurs se sont installés confortablement dans l’avion, ils ont très vite oublié le calvaire vécu lors de l’acquisition des billets, vu que l’opération a connu une anarchie totale que ce soit au stade du 5-Juillet ou au niveau de l’agence de voyage Touring club. Quoique les passagers se souviennent de l’enfer qu’ils ont vécu. Chacun le raconte à sa façon. Mais, et en fin de compte, ils étaient tous ravis de faire le voyage, comme ils se sont replongés rapidement dans les festivités, car, faut-il le souligner, une véritable fête a commencé à bord de l’avion.
«Ya masser rana djayine», «inchaallah ya rabi, inchaallah ya rabi l’Algérie championné», scandent-ils. Ou encore le fameux : «les Algériens, les Algériens», étaient lancés par des supporters en furie. L’hymne national «Kassaman» aussi était au rendez-vous. Il était entonné en chœur par tous les passagers, y compris les membres de l’équipage, faut-il le signaler au passage. Ces derniers portaient des écharpes, aux couleurs nationales, autour du cou. Il aura fallu que le petit-déjeuner soit servi pour calmer ce beau monde. Les festivités sont revenues lorsque le chef de cabine a annoncé l’atterrissage imminent à l’aéroport international du Caire. Les supporters et supportrices savaient qu’il est temps de remettre une nouvelle couche aux festivités. Et c’est de nouveau les «One, Two, Three viva l’Algérie!» qui fait fureur. La même ambiance festive qui règne à bord s’est poursuivie durant toutes les formalités d’arrivée à l’aéroport du Caire.

Environ 200 passagers n’ont pas pu faire le voyage
Pourtant ils ont réglé toutes les formalités d’enregistrement, mais ils n’ont pas pu embarquer à bord d’un avion à cause d’un retard causé par la compagnie égyptienne Egyptair. Un retard accusé de 10 longues heures, vu que leur voyage a été programmé initialement vers minuit, soit durant la nuit du jeudi à vendredi.
Pour connaître les raisons de ce retard, nous nous sommes rapprochés des passagers malheureux. La frustration se reconnait clairement sur leurs visages. Aymen, provenant d’Oum el Bouaghi, nous a fait savoir qu’ »environ 200 passagers sont bloqués depuis jeudi soir ici à l’aéroport, à cause de retard de l’avion qui devrait nous transporter. » Il dira, à ce propos, que «nous sommes des victimes d’escroquerie d’une agence de voyage sise à Kouba, à Alger. Maintenant, on ne va plus aller en Égypte, il faut qu’ils nous remboursent notre argent au dernier centime. Personnellement ce voyage m’a coûté 130.000 DA. Il y en a ceux qui ont payé 200 000 DA et, en fin de compte, on ne peut pas aller en Égypte », a-t-il martelé. Et d’ajouter  » pire encore, aucun responsable n’est venu pour nous rassurer, il y a des familles avec leurs enfants parmi nous, et qui sont livrées à elles mêmes, c’est la honte ! »
M. W.