Ould Kablia

Dahou Ould-Kablia, préisdent de l’Association des anciens du MALG : « Il n’y a pas de clauses secrètes dans les Accords d’Évian»

Le président de l’Association des anciens du ministère de l’Armement et des liaisons générales (MALG), Dahou Ould-Kablia, a affirmé qu’«il n’y pas de clauses secrètes dans les Accords d’Évian», at- il déclaré, hier, en animant, à l’occasion du 55e anniversaire du 19- Mars 1962, Journée de la Victoire, une conférence en hommage aux négociateurs des Accords d’Évian, au Forum du quotidien “El-Moudjahid”. Après avoir démenti l’existence de clauses secrètes dans les Accords d’Évian, Dahou Ould-Kablia a tenu à expliquer que les essais nucléaires de la France, en Algérie, dans sa partie sud, «avaient commencé pour les essais aériens en 1960 pour s’achever en avril 1961», a-t-il précisé, alors que pour les essais nucléaires terrestres, ils ont étaient «au nombre de 13, et la période s’est étalée jusqu’en 1966, dans la région d’In Ekker», a-t-il rappelé. Consacrant l’indépendance totale de l’Algérie et le recouvrement de sa pleine souveraineté, les Accords d’Évian sont «une victoire» de la guerre de de Libération du peuple algérien contre le colonisateur français. C’est durant plus de deux heures, que l’ex-ministre de l’Intérieur, Ould-Kablia est revenu dans sa conférence sur les différentes étapes et moments clés ayant précédé le lancement du processus de négociations, le cours de celles-ci, jusqu’à leur signature et la proclamation du cessez- le-feu ainsi que la tenue du Référendum d’autodétermination du peuple algérien. L’ex-compagnon de Boussouf a rappelé en marge de la rencontre que «ceux qui ont négocié les Accords d’Évian n’ont pas participé à la gouvernance de l’Algérie postindépendance ». Interrogé sur les archives du MALG, l’exministre de l’Intérieur a encore une fois rappelé qu’«elles avaient été remises par le MALG au ministère de la Défense», a-t-il indiqué. Celui qui a déjà eu à annoncer l’écriture de ses mémoires a réaffirmé, hier, qu’elle «est toujours en cours, elles seront riches en informations et apporteront davantage d’éclairages» à ce sujet et d’autres», refusant de s’étaler à ce propos. Axant son intervention sur le cours des évènements historiques ayant marqué la Lutte de libération du peuple algérien, le président de l’Association des anciens du MALG a évoqué le détournement de l’avion transportant les dirigeants, Boudiaf, Krim Belkacem, Ben-Bella, Aït Ahmed, Khider, l’assassinat de Salah Bouakouir, la prise en charge par le MALG, lors des négociations d’Évian, des questions militaires et des hydrocarbures et, entre autres, du Congrès de Tripoli. Dans son récit sur le détrournement de l’avion par les autorités coloniales françaises, l’ex-ministre de l’intérieur converge avec les réponses du défunt Aït- Ahmed, au défunt Hassaneine Heykel, lequel a affirmé, documents et témoignages à l’appui, que le détournement «a pu avoir lieu avec la complicité du roi Hassan II, qui était prince à cette époque». Pour Ould-Kablia, qui a affirmé que «sur la base de ce que nous avons, Hassan II n’avait aucun lien avec le détournement de cet avion, comme cela a été avancé par Aït-Ahmed», a-t-il déclaré. Indiquant que Hassaneine «s’est basé sur de fausses informations et témoignages du défunt Ahmed Ben-Bella», selon Ould-Kablia. S’agissant du martyr Salah Bouakouir, le conférencier a été affirmatif sur celui qui a été derrière son assassinat, il s’agit de Lopez, des services de renseignements français, indiquant, plus loin, que c’est ce même Lopez qui a été aussi «derrière l’assassinat, à Paris, de Ben-Barka», un fervent militant et dirigeant marocain, défenseur des Mouvements des indépendances, notamment en Afrique du Nord. Après avoir évoqué le rôle important joué par Salah Bouakouir, lequel, raconte Oul-Kablia, «du fait qu’il occupait le poste d’adjoint au gouvernorat d’Alger», c’est grâce à Bouakouir, poursuit le président de l’association des anciens du MALG, que «les responsables algériens, notamment ceux du MALG ont pu avoir les documents sur les hydrocarbures». Indiquant que l’apport du MALG, lors des négociations des Accords d’Évian était important, notamment à travers les informations recueillies auprès de sources à l’intérieur même des institutions françaises, à l’instar de celles transmises par Salah Bouakouir, le conférencier affirme, en outre, que les négociateurs français étaient «particulièrement» surpris par la teneur des propositions algériennes sur la question du pétrole, des propositions élaborées, a-t-il précisé, grâce au concours de deux assistants d’Enrico Mattei, présidentdirecteur général de l’Entreprise italienne des hydrocarbures (ENIE). La conférence de Ould- Kablia a été une rétrospective des rencontres et négociations entre les deux parties, depuis la rencontre d’Abane Ramdane avec les émissaires de Pierre Mendès France, jusqu’aux négociations des Accords d’Évian. Pour l’exministre de l’Intérieur, la signature des Accords d’Évian, le 19 mars 1962, constitue une «issue honorable » pour plus de sept ans de guerre de Libération nationale, ayant permis de consacrer les principes énoncés dans la Déclaration du 1er-Novembre 1954, a indiqué hier, à Alger, le président de l’Association des anciens du MALG, Dahou Ould- Kablia.

Karima Bennour