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CSA-Anciens joueurs de l’ASMO : À petits pas pour redorer le blason malgré les obstacles

S’il y a un club réputé pour être un modèle en matière de formation en Algérie, c’est bien l’ASM Oran, sauf que depuis plusieurs années, cette équipe a perdu beaucoup de son aura, d’où cette initiative de certains de ses anciens joueurs qui ont «innové» en créant leur propre club, il y a trois ans dans l’espoir de redorer le blason.

Il s’agit du Club sportif amateur (CSA) – Anciens joueurs de l’ASMO qui dispose déjà de six catégories, allant des débutants jusqu’aux moins de 15 ans. L’initiative est l’úuvre d’un groupe d’anciens joueurs qui se sont constitués en association dès le début des années 2000, avec comme activité principale l’organisation et la participation à des matchs de gala, avant que l’idée de se reconvertir en club sportif ne germe dans les esprits des Boubekeur Chalabi, Belkaïd Redouane, Houari Belkhetout et autres anciennes figures de proue de l’ASMO. Tout ce beau monde se sentant marginalisé par les différentes directions qui se sont succédé aux commandes du club de leurs premiers amours, et constatant que ce dernier a perdu beaucoup de sa réputation dans le domaine de la formation, a décidé d’y remédier à sa manière. «C’est ainsi que le CSA-Anciens joueurs de l’ASMO a vu le jour au début de l’exercice 2014-2015, animé d’une grande volonté de contribuer à la renaissance de la formation de M’dina J’dida, qui a tout le temps alimenté les clubs algériens en joueurs de talent», explique à l’APS le directeur sportif de ce club, Redouane Belkaïd. Evoluant actuellement dans le championnat de wilaya, le CSA-Anciens joueurs de l’ASMO axe son travail essentiellement sur la formation. La preuve : après chaque fin de saison, les joueurs de chaque catégorie sont promus automatiquement en catégorie supérieure. Une ligne de conduite qui va contraindre les dirigeants de ce club que préside par intérim Boubekeur Chalabi à créer, dès la fin de l’exercice en cours, une nouvelle catégorie, celle des U17, jusqu’à arriver à disposer d’une équipe seniors, d’ici à quelques années. «Et si on suit à la lettre la feuille de route tracée lors de la naissance de ce club, c’est grâce notamment à l’engagement et l’abnégation d’un bon nombre d’anciens joueurs, parmi eux certains qui se sont reconvertis en entraîneurs, à l’image des deux anciens internationaux Sid-Ahmed Benamara et Houari Belkhatouat, que le CSA est toujours en vie», a tenu à préciser le directeur sportif. Il déplore au passage l’absence de tout contact avec les dirigeants de l’ASMO, club évoluant actuellement en Ligue 2 professionnelle, une attitude qui ne fait que conforter les anciens joueurs des Vert et Blanc dans leur conviction d’aller au bout de leur ambition. «A l’ASMO, on n’avait jamais, par le passé, recouru à la prospection dans les jeunes catégories, car il y avait du talent dans toutes les équipes de ces catégories et leur promotion se faisait automatiquement, contrairement à ce qui est le cas actuellement», regrette Belkaïd.

Une subvention annuelle de 200.000 DA
C’est un grand défi donc que les enfants de l’ASMO entendent relever, même s’ils sont d’ores et déjà confrontés à des obstacles de taille. Leur chemin est d’ailleurs parsemé d’embûches, comme le relève le président du club par intérim, Boubekeur Chalabi. «Sachez qu’on travaille tous bénévolement, aussi bien les entraîneurs que les dirigeants. Mieux, on est contraint de cotiser chacun la somme de 50.000 DA à la fin de chaque mois pour pouvoir subvenir aux besoins de nos équipes. Ce n’est pas la subvention de 200.000 DA que nous attribue annuellement la DJS (Direction de la jeunesse et des sports, ndlr) et qui arrive toujours avec un grand retard, qui nous permettra de faire face aux exigences de notre club. Heureusement qu’ils sont quelques autres anciens joueurs de l’ASMO à nous assister à chaque fois, car ils veulent que ce club réussisse», a-t-il dit. Néanmoins, certains handicaps sont difficiles à surmonter malgré la bonne volonté des membres de ce club. Allusion faite notamment au manque d’infrastructures sportives qui oblige les différentes catégories de cette équipe à se partager un demi-terrain, ce qui n’est pas fait bien sûr pour leur permettre de progresser. «C’est un problème auquel sont confrontés la majorité des clubs à Oran, mais on fait avec, car malgré ces difficultés, on parvient à former des joueurs de qualité.
D’ailleurs, trois éléments sont appelés, en mars prochain, à effectuer des tests pour intégrer le centre de formation du FC Sochaux. C’est grâce à nos connaissances que le contact a été établi avec les responsables de ce centre qui ont envoyé un émissaire dernièrement à Oran pour voir à l’úuvre ces jeunes, donnant son accord pour qu’ils soient testés en France», a encore révélé Chalabi, l’ancien solide défenseur d’»Al-Djamaâia». Voilà qui prouve que la pâte existe toujours à Oran, même si elle a diminué en quantité, selon l’ancien stratège de l’ASMO, Houari Belkhatouat qui dirige actuellement l’équipe des moins de 14 ans du CSA des anciens joueurs de l’ASMO. «La région Ouest en général et Oran en particulier, a tout le temps enfanté des joueurs pétris de qualités techniques. Tout le monde est unanime à le dire, sauf que depuis quelque temps, les talents commencent à manquer pour la simple raison que les espaces de jeu deviennent de plus en plus rares», souligne-t-il, rappelant qu’à son époque, les débuts se faisaient dans la rue. «Aujourd’hui, le volume horaire de travail des jeunes est très loin des normes, c’est pourquoi, on assiste à des débâcles à répétition de nos sélections de jeunes», regrette-t-il.

Belkhatouat donne l’exemple
Pour revenir à son expérience avec le CSA des anciens joueurs de l’ASMO, Belkhatouat, un cadre au sein de la DJS d’Oran et qui prépare le diplôme CAF A, se dit «fier» de transmettre ses connaissances aux jeunes envers qui il veille personnellement à ce qu’ils affectionnent leur travail. «Ce qui nous manque le plus, c’est un terrain de football où l’on peut s’entraîner selon les normes», déplore-t-il, tout en mettant l’accent sur l’importance du rôle d’encadreur des jeunes, un métier négligé en Algérie, selon lui. «Personnellement, j’ai eu l’occasion de travailler comme entraîneur des seniors, mais j’ai compris que dans cette catégorie, l’avenir du coach dépend de ses résultats. Il faudra aussi se débarrasser de certains principes pour espérer y faire long feu. Raison pour laquelle je préfère aujourd’hui travailler avec les jeunes, même si en Algérie, les entraîneurs des jeunes ne sont jamais valorisés», raconte amèrement Belkhatouat. Au train où vont les choses, il n’est pas à écarter de voir le CSA-Anciens joueurs de l’ASMO croiser le fer avec l’ASMO à l’avenir dans un derby inédit, tellement que dans les deux camps l’on est en train de réaliser un travail diamétralement opposé. «L’ASMO reste notre club de coeur. Cependant, on suit de loin ses performances, depuis que les dirigeants de ce club nous ont complètement ignorés», commente Belkhatouat, avant de lancer un appel aux anciens joueurs des autres clubs algériens, les invitant à rééditer l’expérience oranaise un peu partout dans le pays «maintenant que les dirigeants de nos clubs ont abandonné la formation».