Cour de Boumerdès

Cour de boumerdès : Ouverture du procès des activistes de Daech

Plus de 40 personnes accusées de rouler pour la nébuleuse terroriste Deach étaient, hier, devant la barre du tribunal criminel. Le procès en question s’est ouvert au niveau de la cour de Boumerdès sous une forte présence policière. Ainsi, la rentrée du public est minutieusement contrôlée, avec cette particularité de surveiller tout ce qui bouge dans la salle d’audience, pleine à craquer. Des journalistes venus nombreux pour couvrir le procès ont vu certains de leurs confrères pris à partie par des policiers qui ont versé dans l’excès de zèle. Bref, dans cette affaire liée au terrorisme international (Daech) en vue de rejoindre le djihad en Syrie et en l’Irak, 32 personnes, dont 5 femmes, étaient présents au box des accusés, alors que 8 autres, dont 2 femmes, se trouvent en fuite à l’étranger, et les 2 autres ont été mis sous contrôle judiciaire. Après la mise en place du protocole judiciaire où toutes les parties y sont présentes, à savoir les accusés, les avocats, la lecture de l’arrêt de renvoi a été donnée devant l’assistance. En plus des noms des accusés présents, figurent d’autres se trouvant en fuite à l’étranger et toujours en activité au sein de Daech, en Syrie et en Irak. L’affaire en question a éclaté au mois d’avril 2015, lorsqu’on a signalé la disparition d’une mère, femme au foyer avec enfants, et une étudiante à l’université de Boumerdès. L’enquête, qui a été déclenchée par les policiers, a révélé que ces deux femmes sont allées ensemble en Turquie dans l’objectif de rejoindre la Syrie, afin d’intégrer la nébuleuse intégriste, prétendument appelée «État islamique». Et, depuis, grâce à la perspicacité, des enquêteurs ont réussi à démanteler plusieurs réseaux spécialisés dans le recrutement des personnes au profit de Daech, et cela à travers les différents réseaux internet. L’exploitation et l’étude de tous ces moyens électroniques ont démontré l’existence des filières nationales ayant des ramifications avec Daech. Les preuves avancées par la juge sont irréfutables puisque les portables, les comptes Facebook, les flashs disques, les cartes mémoires, les photos avec armes de guerre, les appels téléphoniques et autres, appartenant aux accusés, y sont présentés comme pièces à conviction. Les premières auditions ont commencé avec le nommé Belhel Abdenour alias Abou Messaoud, originaire de Bejaia. Il est accusé d’adhésion à un groupe terroriste, détention d’arme de guerre et de connivence avec Daech pour avoir financé et recruté des personnes pour rejoindre le djihad en Syrie. Il était en contact avec le chef de Daech en Syrie, un certain AbouDjendel, qui lui a ordonné de financer le voyage de Boucetta Khadidja vers la Syrie pour le djihad sous la bannière de Daech. Cette dernière, qui se trouve toujours en Syrie, n’est autre que la mère signalée disparue, par son mari. Interrogé par la juge sur ces faits, l’accusé a répondu qu’il a aidé cette femme parce qu’elle était dans le besoin. La trouvant «belle et de bonne famille», l’accusé voulait se marier avec elle et devenir sa 3e femme, a-t-il expliqué à la juge. Les deux autres accusés, appelés à la barre, sont les deux femmes du premier inculpé. On leur a reproché de tentative d’adhésion à un groupe terroriste. Tout en niant les activités terroristes de leur mari, elles ont avoué qu’elles étaient menacées par ce dernier. «Ou nous acceptons, ou il met fin à notre relation conjugale», ont-elles répondu, avant de finir par accepter pour «sauver leur foyer», comme justification qu’elles ont mise en avant. Les auditions vont se poursuivre jusqu’à ce que tous les inculpés de cet important réseau, activant au profit de Daech, aient répondu aux chefs d’accusation: adhésion à un groupe terroriste, détention d’arme de guerre illégale, apologie au terrorisme, soutien et financement d’un groupe terroriste.
B. Khider