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Coopération algéro-européenne : Le dossier énergétique en débat, aujourd’hui

C’est aujourd’hui que se tiennent, à Bruxelles, les travaux de la deuxième réunion de haut niveau, en matière de coopération énergétique, entre l’Algérie et l’Union européenne (UE), en présence du ministre de l’Énergie, Nourredine Bouterfa.

Se tenant alternativement à Alger et à Bruxelles, la réunion sur la coopération énergétique Alger-UE intervient, cette fois-ci, au lendemain de la visite, de deux jours à Alger, de la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini.
Quelques heures avant de revenir à Bruxelles, et qualifiant d’«exceptionnelle» les relations algéro-européennes, Mogherini a rappelé que c’est au terme de 18 mois de travail des experts des deux parties que des résultats ont couronné les travaux de la 10e session du Conseil d’association Alger-UE, tenu mars dernier. De son côté, le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, soulignant qu’«il est important» pour l’UE de «garder en mémoire» que l’Algérie «a toujours été un fournisseur d’énergie pour l’UE», «et soucieuse de la sécurité énergétique de ses pays membres», a-t-il ajouté. Déclarations des deux responsables, Lamamra et Mogherini, tenues, lors de la conférence de presse animée conjointement, dimanche dernier en fin d’après-midi, au terme de la visite, la deuxième du genre, de la chef de la diplomatie de l’UE.
Qualifiant de «positive» la relation entre Alger et Bruxelles, celle-ci connaît un «nouvel élan», selon les deux responsables, notamment depuis le renouvellement par les deux parties, à l’occasion de la 10e session de leur Conseil d’association, mars dernier, leur engagement mutuel à «approfondir le dialogue politique et la relation stratégique» dans le cadre, est-il précisé, «d’un partenariat plus substantiel et affirmé». Lors de cette visite, Alger et Bruxelles «se sont entendues à mettre sur pied un mécanisme de dialogue sécuritaire pour lutter contre le terrorisme», a annoncé le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de Ligue arabe, Abdelakder Messahel, au terme de sa rencontre de travail avec Federica Mogherini.
Réitérant le soutien de l’UE au rôle de l’Algérie, pour le règlement politique de la crise en Libye, après avoir salué celui en direction du Mali, Mogherini a relevé «la convergence» entre l’approche d’Alger et de Bruxelles, en matière du traitement des conflits et des tensions, par un processus politique et diplomatique. Interrogée sur le Sahara occidental, notamment en matière de faire respecter le droit international, par les membres de l’UE, dont la décision de la Cour de justice de l’UE (CJUE) annulant l’Accord UE-Maroc, car incluant le Sahara occidental, territoire soumis, par les Nations unies, à processus de décolonisation, Mogherini rappellera l’obligation du respect de la légalité internationale.
Réaffirmant la position de l’UE de soutenir les efforts de l’ONU pour le règlement du conflit opposant le Front Polisario aux autorités coloniales marocaines, au Sahara occidental, la chef de la diplomatie européenne dira que «notre position de même notre politique concernant la Question du Sahara occidental reste une position de fort soutien aux efforts du Secrétaire général des Nations unies», en vue de parvenir, poursuit Mogherini, «à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permet l’autodétermination au peuple sahraoui dans le cadre des Résolutions de l’ONU», a-t-elle soutenu.
Sur la crise syrienne et l’agression militaire des États-Unis, contre Damas, elle appelle à une solution politique, car la chef de la diplomatie européenne «ne croit pas à la solution militaire» en Syrie. De son côté, dans sa réponse aux questions précitées, Ramtane Lamamra, après avoir rappelé la genèse du conflit syrien, a appelé avec insistance à ce qu’«une enquête sérieuse soit menée pour identifier les responsabilités dans l’attaque à l’arme chimique à Khan-Cheikhoun», dont Washington accuse Damas d’être responsable, et en l’absence d’enquête d’une commission internationale indépendante des Nations Unies, les 59 missiles Tomahawk ont été tirés par l’armée états-unienne, contre la Syrie, en violation du Droit international.
Karima Bennour